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Article du journal franco-turc Zaman - 01/10/2015 - 2
Publié le : 01-10-2015

Le Collectif VAN relaye ici les articles du journal franco-turc Zaman (équivalent du Today's Zaman en langue anglaise, diffusé en Turquie). Attention : ces articles ne sont pas commentés de notre part. Il s'agit pour l'essentiel de traductions des versions turque et anglaise du Zaman, journal anciennement proche du parti au pouvoir (AKP) mais dont le propriétaire, le prédicateur musulman Fetullah Gülen, est désormais en guerre ouverte avec Erdogan.


Zaman France

Ankara parviendra-t-elle à imposer une zone protégée dans le nord de la Syrie ?

Mercredi, Septembre 30, 2015 - 10:14

Sami Kiliç
Paris

La Turquie, qui accueille plus de 2,5 millions de réfugiés syriens, tente depuis longtemps de faire accepter l'idée d'une zone de sécurité dans le nord de la Syrie. Le président français a apporté son soutien mais la dernière manœuvre de la Russie semble éloigner cette perspective.

Moscou met un pied en Syrie et la communauté internationale n'a d'autre choix que de s'adapter au fait accompli. Or chacun a ses priorités : les Russes et les Iraniens veulent éradiquer les djihadistes de Daesh, les Américains et les Français soutiennent également ce dessein mais désirent surtout chasser Bachar al-Assad.

Les Turcs, eux, sont les plus mal lotis, ils luttent contre trois épouvantails : les sbires d'Assad, les Kurdes du PYD et les séides de Daesh.

Pas peu fier d'avoir imposé son agenda aux Nations-Unies lors de la grand-messe internationale, Vladimir Poutine a proposé de mettre sur pied une «coalition mondiale contre le terrorisme et le soi-disant Etat islamique» pour soutenir «l'Etat et l'armée syrienne qui affrontent seuls les terroristes».

Ankara propose de créer 3 villes dans le nord de la Syrie

La Turquie a beau être rigide sur le volet politique en réclamant coûte que coûte la chute du maître de Damas, elle est très enthousiaste sur le plan humain. Un des rares pays musulmans à pratiquer la politique dite de «porte ouverte», Ankara compte pas moins de 2 millions de réfugiés syriens sur son sol. Au prix de mettre en péril l'ordre public (environ 90% des Syriens errent dans les villes) et la discipline budgétaire (près de 8 milliards de dollars ont été dépensés).

Conscient de la saturation, le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a réitéré la proposition de son pays : établir une zone protégée dans le nord de la Syrie. Une manière de retenir en sûreté les Syriens dans leur propre pays. Il a ainsi lancé l'idée de la fondation de trois villes de plus de 100 000 habitants chacune, financée par l'Union européenne et bâtie par les entrepreneurs turcs. La zone géographique s'étendrait d'Azaz à Jarablus soit une bande de terre de 90 km de longueur sur la frontière turco-syrienne. Les provinces de Sanliurfa, Kilis et Gaziantep pourraient ainsi respirer un tant soit peu.

La France dit oui, les Etats-Unis peut-être

La mise en place d'une zone de sécurité implique nécessairement une zone d'exclusion aérienne. Et c'est là que le bât blesse. François Hollande a fait savoir que la France examinerait la proposition de la Turquie et de la coalition syrienne de créer une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, «va regarder dans les jours qui viennent quelle serait l'éventuelle délimitation, comment cette zone pourrait être sécurisée, qu'en pensent nos partenaires, tous nos partenaires, parce que non seulement ceux qui vivent dans cette zone pourraient être protégés (mais) il pourrait y avoir le retour des réfugiés dans cette zone», a-t-il expliqué à New York.

Les Etats-Unis avaient semblé accepter la proposition d'Ankara en juillet dernier mais ils veulent en savoir plus sur les modalités pratiques. En effet, face à l'échec du programme de formation à destination des «rebelles modérés», quels combattants seront associés sur le terrain pour pérenniser cette zone ? La Turquie compte sur Ahrar al-Cham, le mouvement islamiste qui forme avec le Front al-Nusra, Jaïch al Fatah, l'armée de la reconquête. Une perspective que refuse d'avaliser Washington.

De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, vient de balayer d'un revers de main le projet. "Si nous n'arrivons pas à garantir la sécurité [des réfugiés dans cette zone], on devra faire face à une situation autrement plus grave que celle qui a eu lieu à Srebrenica", a-t-elle confié aux cadres de son parti, selon Reuters.

L'émergence des Kurdes, scénario catastrophe pour la Turquie

Entre-temps, la Russie a lancé l'idée de la formation d'un groupe de travail qui réunit les Etats-Unis, la Russie, l'Iran, la Turquie, l'Egypte et l'Arabie saoudite. Mais l'urgence est ailleurs pour le gouvernement turc. Les Kurdes du PYD (parti de l'union démocratique, filiale du PKK) sont devenus de véritables alliés pour les Américains et dirigent de facto le nord de la Syrie. Un scénario qui ressemble à celui qui s'est finalement imposé en Iraq du nord fait sursauter Ankara.

La proposition de Davutoglu peut également se comprendre dans cette perspective tout comme la crainte exprimée par le chef de l'Etat Tayyip Erdogan de voir le boucher de Damas créer un micro-Etat replié sur la côte méditerranéenne et laisser ainsi la voix libre à une «audace» kurde. Au même moment, la Russie décidait de renforcer sa présence militaire dans sa base navale de Tartous en plein «pays alaouite», bastion du clan Assad. Face à cette perspective de démembrement de la Syrie, la Turquie s'est mobilisée pour faire prospérer son projet de zone de sécurité. Une question de sécurité nationale pour Ankara.




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Source/Lien : Zaman France



   
 
   
 
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