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Erdogan mobilise ses soutiens à Strasbourg
Publié le : 05-10-2015

L'Alsace

Aujourd'hui 05:00 par Yolande Baldeweck , actualisé Hier à 21:49

Plus d’un millier de personnes de la diaspora turque en Europe ont assisté, hier après-midi, à Strasbourg au meeting « contre te terrorisme », organisé par les partisans du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan. Des soutiens qui sont aussi des électeurs, que le chef de l’État turc a appelés à aller voter.

« Vous ne verrez jamais un tel accueil pour le président Hollande ! » m’a glissé mon voisin, au Zénith à Strasbourg, alors que nous attendions depuis deux heures que le président Erdogan arrive, puis prenne la parole. Venus, souvent en famille, du quart Nord-Est de la France, mais aussi d’Allemagne, de Suisse, de Belgique et des Pays-Bas, ses compatriotes n’avaient rien perdu de leur enthousiasme, au moment de l’arrivée de leur président.
Pétales de fleurs

Recep Tayyip Erdogan a été accueilli par une marée de drapeaux rouges, avec le croissant et l’étoile, et les portables pointant leurs lampes vers la scène. Des jeunes filles lançaient des pétales de fleurs sur lui et son épouse, « la Première Dame » , vêtue d’un manteau beige, avec un foulard assorti. Si, dans les travées, le public était mélangé, dans les parties les plus proches de la scène, les femmes étaient parquées d’un côté, les hommes de l’autre, avec à chaque fois un service d’ordre adéquat.

Le plus surprenant, sans doute, n’est pas l’ami de longue date - au physique d’acteur - qui a chauffé la salle, la faisant réagir contre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) qui aurait tué plus de 150 militaires et policiers depuis l’été, ni la chanson célébrant « Erdogan ». Mais plutôt, avant le début de son discours, la venue d’un imam qui a récité des sourates du Coran. L’hymne turc a été suivi de la Marseillaise , et le président turc a fini par prendre la parole, appelant ses compatriotes qui vivent en Europe à « rester unis et à ne pas céder aux terroristes ». Avec les milliers de réfugiés qui quittent l’Irak et la Syrie, dont une partie a trouvé un abri en Turquie, on aurait pu penser qu’il visait Daech. Mais c’était bien les rebelles kurdes à qui il pensait, en dénonçant « les gens qui menacent notre pays avec des armes et avec des bombes, et qui veulent l’entraîner dans le tunnel sombre du terrorisme ». Plus inquiétant encore, il a pointé du doigt aussi « ces gens qui n’ont aucun lien avec leur pays, bien qu’ils y vivent » , citant « des hommes politiques, des journalistes, des hommes d’affaires… »

Dans son discours, le président Erdogan a également demandé à ses compatriotes qui vivent en Europe de prendre la nationalité du pays où ils vivent, tout en gardant leur identité. S’adressant plus particulièrement aux « 650 000 Turcs vivant en France - dont 300 000 seulement sont des binationaux » - il a appelé les autres à prendre aussi la nationalité française, s’étonnant qu’ils ne s’engagent pas davantage en politique. « Pourquoi n’avons-nous pas un seul concitoyen élu à l’Assemblée nationale et au Sénat ? » s’est-il étonné, en appelant les jeunes à « réussir » dans leurs pays d’adoption.

Enfin, il n’a pas manqué de rappeler que « les Turcs qui vivent en Europe ont le droit de vote, depuis un an » , grâce à lui. Or, le scrutin démarre cette semaine dans les consulats, hors Turquie, y compris à Strasbourg. Et le vote des Turcs de l’étranger représente environ 5 % du potentiel électoral. Des voix qui pourraient compter lors des législatives du 1er novembre, d’autant qu’aux législatives de juin, son parti a perdu la majorité absolue au Parlement…

« Le président turc devrait être au-dessus des partis, mais là il organise un meeting électoral », a dénoncé Erdal Kiliçkaya, président de l’Union des Alévis de France, qui avait appelé à manifester contre le meeting de Recep Tayyip Erdogan à « Strasbourg, capitale des Droits de l’homme », avec l’appui de plusieurs formations de gauche (Europe Écologie/les Verts, Parti de gauche, PCF, NPA).

Quelque 1400 manifestants, parmi lesquels de nombreux jeunes, venus d’Alsace, mais aussi de la région parisienne, du pays de Bade ou de Suisse, ont « observé une minute de silence pour les personnes ayant perdu la vie pour la paix et la démocratie ». « Erdogan soutient plutôt Daech contre les Kurdes » , s’est indigné un manifestant, tandis qu’un orateur a « dénoncé les crimes contre le peuple kurde ». Un panneau brandi par un manifestant affirmait : « Sans justice, ni laïcité, pas de démocratie en Turquie… » L’ancien député européen Francis Wurtz est intervenu pour affirmer « sa solidarité avec le peuple kurde, et avec tous ceux qui s’opposent au tyran d’Ankara » , mettant l’accent sur « les combats menés par les forces kurdes pour faire reculer Daech ». « Ceux qui ont gagné à Kobané méritent l’estime du monde entier » , a ajouté Francis Wurtz, en relevant « la complaisance de François Hollande » envers le gouvernement turc.




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Source/Lien : L'Alsace



   
 
   
 
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