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L'opposition croit au miracle en Turquie
Publié le :

NERBOLLIER,DELPHINE
vendredi 20 juillet 2007, 07:35

Erdogan et l'AKP sont favoris du scrutin de dimanche. Les Kémalistes du CHP n'ont pas le vent en poupe dans les sondages. Mais ils se persuadent que rien n'est joué.

REPORTAGE
ISTANBUL
DE NOTRE CORRESPONDANTE

Les portraits de Mustafa Kemal se succèdent sur la route embouteillée qui longe le Bosphore et mène à Besiktas. Photographié en queue-de-pie, sur un tracteur, ou en maillot de bain, le fondateur de la république accueille l'automobiliste dans l'un des bastions du parti républicain du peuple (CHP) qu'il a lui-même créé en 1923. Un bastion où la confiance est de mise à deux jours des élections législatives. « Nous serons en tête dimanche », assure Yüksel Erbas, militante du CHP depuis 20 ans et femme de militaire. « Défendre la république laïque, élever le niveau d'éducation, combattre le chômage et être un mur contre ceux qui veulent diviser le pays, voilà nos priorités. Car le pays a été vendu. » Mais l'espoir est là. « Le peuple turc s'est redressé », assure-t-elle en référence aux meetings républicains organisés au printemps après l'élection ratée d'Abdullah Gül à la présidence de la République, accusé de cacher un « agenda islamiste ».

Malgré cette confiance, aucun sondage ne révèle de dynamique liée à ces manifestations. Avec moins de 20 % d'intentions de vote, le parti de Beniz Baykal pourrait rester le principal parti d'opposition au Parlement mais ne serait plus seul, talonné par les ultranationalistes. En réalité, les temps sont durs pour le CHP. Vieille garde du kémalisme, fervente gardienne d'une laïcité autoritaire, la formation est attaquée de toutes parts autour d'une question : est-il encore un parti social-démocrate ? « L'immense vide représentatif créé par le CHP dans les domaines de la démocratie et des libertés fait qu'un large pan de l'électorat que nous qualifierons de démocrate ne sait pas pour qui voter aux prochaines élections législatives », constatent deux intellectuels, Ahmet Insel et Seyfettin Gursel, dans les colonnes du journal de gauche Radikal. « Que ce soit en politique intérieure ou en politique étrangère, sur les questions de l'UE, de Chypre et de l'Irak du Nord, l'attitude du CHP a provoqué une énorme déception auprès des électeurs de gauche. »

Durant les quatre ans et demi passés seul dans l'opposition, le CHP a en effet pris un net tournant nationaliste. Son leader, Deniz Baykal, 69 ans, s'est régulièrement opposé aux grandes réformes exigées par l'Union européenne, au nom de « l'unité de la Turquie et de ses intérêts nationaux ». Opposition à la loi sur les fondations religieuses, refus d'abroger l'article 301 qui pénalise l'insulte à l'identité turque, et utilisée notamment contre le journaliste arménien Hrant Dink, assassiné en janvier. Sans parler de l'absence de critique après le mémorandum militaire du 27 avril.

« Deniz Baykal, es-tu le chef des forces armées ou le leader du CHP ? » ironise le candidat indépendant de gauche, Ufuk Uras, sévère aussi sur le dossier irakien. « Comment un parti qui se dit de gauche peut-il être favorable à la guerre ? La question kurde ne peut pas être réglée par la violence. » Si ces critiques créent une gêne chez les militants du CHP, les réponses y sont prêtes et rebattues.

« L'Europe veut que l'armée turque s'implique moins, mais notre armée n'est pas celle de Napoléon. Elle a créé la république turque ! », explique Necmi Yurtalan, militant depuis 58 ans, omettant les trois coups d'Etat militaires ayant marqué le pays. Kemal Kiliçdaroglu, député d'Istanbul et candidat à sa succession, pose des questions sur l'article 301, qu'il défend. « Est-il juste de vouloir abroger une loi qui pénalise le dénigrement ? De même, ne réagiriez-vous pas si votre chef d'Etat vendait votre pays ? » Et de s'en prendre au parti au pouvoir qui « utilise la démocratie comme un outil et non comme une fin ». « Mais cela, nos amis européens ne le voient pas. »

Omer Laciner, spécialiste de la gauche turque, est, lui, sans appel. « Le CHP s'est autoproclamé social-démocrate mais est en réalité un parti étatiste et nationaliste qui a joué un rôle historique, c'est-à-dire construire l'Etat turc. C'est tout. Il faut tourner la page. » Elle semble loin d'être tournée au sein d'un parti où aucune voix dissidente ne se fait entendre.





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Source/Lien : Le Soir



   
 
   
 
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