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« La Turquie fera-t-elle officiellement des excuses pour « la Grande Catastrophe » ? »
Publié le :

par Cenap Cakmak

mercredi7 janvier 2009, par Stéphane/armenews

Comme il était attendu, la campagne d’excuse amorcée par un groupe d’intellectuels turcs qui ont critiqué l’indifférence et l’injustice face aux massacres et aux souffrances du peuple arménien lors des événements qui ont eu lieu sur les territoires ottomans en 1915 a suscité différentes réactions.

Tandis que certains approuvaient la déclaration disponible en ligne pour une participation publique, d’autres, dont le Premier ministre Turc Recep Tayyip Erdogan, ont critiqué l’initiative, soutenant qu’il n’y avait aucune excuse à faire. Quelques groupes dans la diaspora arménienne ont exprimé leur optimisme prudent et une satisfaction vis-à-vis de la déclaration, qui doit être discutée ou considérée avec une référence à la liberté d’expression étant donné que c’est une initiative civile.

Mais il est évident que cela ne représente pas la position officielle de la Turquie parce que ni le gouvernement ni le Parlement ne sont impliqué dans cette action prise par l’établishment. En plus, ces institutions d’Etat ont jusqu’ici rendu publics leur opposition ouverte avec la campagne. Dans ce cas, la question est de savoir si cette initiative civile sera transformée en une politique officielle de la Turquie vis-à-vis de la question du génocide arménienne ; cette question est en particulier appropriée parce que c’est en réalité ce que la diaspora arménien recherche.

La réponse à cette question est simple et claire : un tel mouvement semble être hors de question dans le contexte politique actuel. Indépendamment de l’environnement international et des pressions l’’accompagnant aussi bien que des profits et des bénéfices associés à une excuse officielle, la Turquie n’observera pas cette demande considérant la gravité et les sérieuses répercussions en acceptant les revendications arméniennes.

Il y a au moins deux raisons principales à ce que la Turquie ne suive pas l’offre d’une excuse « de la Grande Catastrophe ».Par dessus tout, la question du génocide arménien s’est métamorphosée en conflit politique entre la Turquie et la diaspora arménienne ; une excuse signifierait implicitement l’acceptation par la Turquie de la défaite dans ce conflit. Deuxièmement, à la fois quand les relations avec l’Arménie sont devenues relativement lisses, accorder une excuse serait un dernier recours pour les responsables de la politique étrangère turc.

Par dessus tout, il doit être noté qu’une excuse seule ne satisfera pas les demandes de la diaspora arménienne. Ce que ces Arméniens cherchent est une excuse accompagnée d’une reconnaissance ouverte par laquelle les autorités turques admettent que les autorités ottomanes ont commis le crime de génocide contre la population arménienne au début du 20ème siècle. Il n’y a aucune simple garantie ou assurance indiquant que de nouvelles demandes matérielles ne suivront pas une telle reconnaissance et cette excuse. Bien que quelques arméniens aient déclaré ce qu’ils veulent de la Turquie est une simple excuse et une reconnaissance ouverte par une commission du génocide arménien, ceux qui ont ouvertement promu les revendications de génocide arménien n’ont pas jusqu’ici donné d’assurance qu’ils ne revendiqueront pas de compensations matérielles ou des réparations pour le présumé génocide.

En plus, même s’ils offraient une telle assurance, la reconnaissance par la Turquie des revendications de génocide ne serait pas une décision ordinaire qui culminera par une excuse et une acceptation avec des répercussions douces. La reconnaissance par la commission du crime de génocide contre des Arméniens entraînera inévitablement des réparations et des compensations matérielles devant être faites aux victimes ou leurs héritiers légaux. Une telle option ne serait pas acceptable pour les responsables de la politique étrangère turc.

Plus important, comme de nombreux états ont promulgué des projets de loi et ont ordonné des lois reconnaissant le présumé génocide arménien et la fabrication de sa négation comme une une violation punissable, la question est devenue plus politisée et internationalisée ; dans un tel environnement, le problème est devenu même plus crucial pour la politique étrangère turque.

Pour cette raison, la question de forcer la Turquie à accepter le génocide arménien, un but clef qui a été promu et souligné par la diaspora, est une question d’image et de prestige pour les responsables de la politique étrangère turc. Autrement dit, cette question s’est métamorphosée en élément de conflit politique entre la Turquie et la diaspora arménienne. Dans un sens, ce sont des rivaux sur cette question ; l’excuse de la Turquie et la reconnaissance des revendications de génocide arménien signifieraient que la Turquie accepte la défaite dans cette lutte. Pour cette raison, la Turquie fera une excuse officielle et formelle "sur la Grande Catastrophe" seulement si elle n’a pas d’autres choix.

Dans un tel environnement où la position intransigeante de la diaspora arménienne, qui exclut toutes les occasions pour un dialogue avec la Turquie comme une option viable, est visiblement répandue, l’excuse officielle de la Turquie sera hors de question. Bien sûr, les responsables de la politique turc feront quelques efforts pour améliorer les relations bilatérales entre la Turquie et l’Arménie, mais dans de tels cas, ils s’efforceront de garder l’initiative. Au contraire, une excuse, qui signifierait en réalité l’acceptation et l’endossement des revendications, exprimées dans la campagne de génocide arménien, promue et patronnée surtout par la diaspora arménienne, ne serait pas un mouvement humaniste ; plutôt ce sera un pas politique qui sapera le prestige de la Turquie et son image.

Pour cette raison, bien que l’accent dans la récente initiative civile soit surtout humaniste et libre de considérations politiques, l’excuse officielle de la Turquie ne portera jamais une telle signification. L’excuse officielle et formelle de la Turquie signifiera la reconnaissance au moins partielle et l’endossement des revendications de génocide arménien et cela causera de sérieux ennuis politiques pour la Turquie. Cela, bien sûr, ne signifie pas nécessairement que la Turquie ne puisse jamais prendre quelques pas humanitaires, mais de tels pas n’incluront pas d’excuse formelle.

Selon une perspective, cela suggère en réalité que que faire une excuse formelle par la Turquie est hors de question et un choix impossible en raison des tentatives par la diaspora arménienne de politiser la question. Une excuse, qui signifierait la soumission aux demandes de la diaspora, qui doit être tenue pour responsable d’avoir emmené la question à des dimensions si extrêmes et sensibles, ne sera pas acceptable pour la Turquie pour des raisons politiques. En considérant la récente amélioration et les progrès dans le dialogue avec l’administration arménienne, il devient évident que la Turquie ne prendra jamais l’option d’offrir une excuse formelle en considérant cet environnement où les options probablement proliféreront et seront diversifiées.

*Dr. Cenap Çakmak est un enseignant à l’Université de Mugla et un chercheur au Wise Men Center for Strategic Research (BÝLGESAM).

Article publié dans le quotidien Zaman

Traduction NAM




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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