Aujourd'hui : Jeudi, 20 juin 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Ergenekon, le fantôme du coup d’Etat
Publié le :

12 janv. 6h51

Turquie. Nouvelles inculpations au sein du réseau ultranationaliste qui aurait comploté contre le gouvernement.

MARC SEMO

Les inculpations de douze personnes par le tribunal d’Istanbul, hier, ont relancé l’enquête sur Ergenekon, réseau ultranationaliste accusé d’avoir voulu renverser le gouvernement issu du mouvement islamiste.

QuÂ’est-ce que lÂ’affaire Ergenekon ?

Un nouveau bras de fer commence entre l’armée, soutenue par le camp laïc, et l’AKP, au pouvoir depuis 2002. Parmi les 40 personnes interpellées mais non maintenues en détention, figurent d’ex-généraux de premier plan, dont Tüncer Kilinç ancien secrétaire général du tout puissant Conseil national de sécurité. Cette enquête avait commencé il y a deux ans, après la découverte de grenades dans un bidonville d’Istanbul. Le réseau Ergenekon - nom du berceau mythique des Turcs en Asie centrale - aurait organisé des assassinats, dont celui d’un juge du Conseil d’Etat en 2006 ou celui du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink, afin de créer le climat favorable pour un coup d’Etat. En octobre a commencé le procès de 86 des accusés, dont des généraux à la retraite, des avocats ultranationalistes, mais aussi des universitaires ou Ilhan Selçuk, grand éditorialiste du quotidien Cumhurriyet, organe symbole de la gauche laïque nationaliste.

Que révèlent ces enquêtes ?

Parmi les nouveaux inculpés figure un ex-chef de la police spéciale, Ibrahim Sahin, déjà impliqué en 1996 dans un scandale politico-mafieux. Les 2 400 pages de l’acte d’accusation et 10 000 pages d’annexes veulent prouver qu’il existe un «Etat profond», comme l’appellent les Turcs. Les services secrets et certains secteurs de l’armée et de la gendarmerie auraient depuis des années agi dans l’ombre pour maintenir le système de république laïque jacobine, pro-occidentale et quelque peu autoritaire créé par Mustapha Kemal en 1923. Les militaires se considèrent comme les gardiens des valeurs républicaines et ont par trois fois (1960,1971,1980) pris le pouvoir avant de le rendre aux civils.«L’enquête pourrait être l’occasion d’obliger les forces armées turques à respecter les standards de l’Otan et à s’abstenir d’ingérences politiques», affirme l’ancien juge militaire Ümit Kardas au quotidien pro-gouvernemental Sunday Zaman.

Est-ce un règlement de compte ?

L’opposition laïque, et notamment le très kémaliste Parti républicain du peuple (CHP), dénonce «une chasse aux sorcières» lancée par le pouvoir islamiste contre tous ceux qui contestent son hégémonie et son infiltration croissante dans les rouages de l’Etat. De nombreux juristes démocrates s’inquiètent des abus et des irrégularités de la procédure. «Personne ne peut ainsi utiliser le pouvoir judiciaire à des fins politiques», s’indigne Muammer Aydin, bâtonnier du barreau d’Istanbul, soulignant : «Cette enquête, qui visait au début une organisation illégale, a rapidement dérivé». Grand connaisseur de l’islam politique turc et éditorialiste politiquement libéral, Rusen Cakir s’interrogeait récemment : «Veut-on vraiment mettre fin à une organisation terroriste ou veut-on liquider un bloc qui mène l’opposition la plus virulente contre le parti au pouvoir ?»




Retour à la rubrique


Source/Lien : Libération



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org