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Le deuxième anniversaire de la mort de Hrant Dink vue par la presse turque
Publié le :

mardi20 janvier 2009, par Stéphane/armenews

Des milliers de turcs se sont réunis lundi 19 janvier 2009 à l’occasion du deuxième anniversaire de la mort du journaliste Hrant Dink devant le local d’Agos.

Lors de ses obsèques, des milliers des gens avaient crié le slogan : « nous sommes tous des Arméniens ; nous sommes tous Hrant Dink » d’une voix commune.

Ce slogan a créé quelque chose extraordinaire au sein de la société turque. Le public turc a commencé à s’interesser au peuple arménien avec qui pourtant il avait vécu côte à côte pendant des centaines d’années et aussi à remettre en doute le passé. La diplomatie du football ces derniers mois,qui a permis le début d’un rapprochement entre la Turquie et l’Arménie, est sans doute l’un des résultats les plus importants du processus.

Dans le cadre d’une perspective littéraire, l’intérêt quant au problème arménien en Turquie a augmenté depuis l’an 2000. Selon des éditeurs contactés par le quotidien Hürriyet le nombre des livres publiés sur la question est en hausse durant la période de 2000 à 2005.

Le principal boom dans la hausse des publications est arrivé en 2005 quand la question du génocide a été sous les projecteurs des médias à l’occasion du 90 ème anniversaire du début des massacres.

Entre 2007 et 2009 plus de 60 livres ont été publiés.

Ragip Zarakolu, le propriétaire des éditions Belge et membre fondateur de la Fondation des Droits de l’Homme, qui a été le premier à publier des livres sur le génocide des Arméniens au début des années 1990 et pour lesquels Ragip Zarakolu est passé en jugement a déclaré « en 1993, nous avons publié le premier livre en Turquie sur la question du génocide arménien : Tous nous ont pris pour des fous alors. Après cela, il y a eu une augmentation notable dans le nombre de livres liés au problème arménien et la société arménienne ces récentes années ».

Selon Ragip Zarakolu l’accélération de la recherche en particulier pendant le gouvernement de coalition d’Ecevit et de Bahçeli, afin de publier du matériel niant le problème arménien a joué un rôle dans cette augmentation.

Pour lui « il y a eu une grande augmentation du nombre de livres sur cette base. Les livres ont suivi la politique officielle : les documents sur lesquels ils étaient basés étaient des archives officielles mais leur intégrité était controversée ».

Pour le quotidien Hurriyet « Hrant Dink est presque devenu un pont pour la paix entre les deux sociétés afin de rétablir un dialogue après une période de 100 ans grâce à son discours unique et son attitude. C’est pourquoi, l’assassinat Dink sera toujours un tournant important dans le dialogue turco-arménien, selon certains cercles ». « Ara Sarafian, un historien d’origine arménienne et directeur de l’Institut Gomidas basé à Londres, croit que les réactions reçues par hrant Dink pour son discours progressiste l’ont été autant de la part des extrémistes arméniens autant que des turcs ». Sarafian aurait ainsi déclaré à Hurriyet « ce cercle a allégué que Hrant était un agent du gouvernement turc. Ils étaient heureux quand on a fait taire Hrant Dink : il suffit de vérifier les journaux publiés dans la diaspora à ce moment là. C’est parce que tous les deux parties (d’extrémistes) n’ont pas voulu de solution paisible au problème ».

Le quotidien Hurriyet affirme avoir interrogé également Jean Claude Kebabdjian, fondateur de Centre de Reche rches sur la Diaspora Arménienne ou CRDA qui aurait déclaré qu’il a cru que Hrant Dink était le point clef pour la compréhension entre les deux sociétés. « Selon Kebabdjian, le but derrière le meurtre de Hrant Dink était d’empêcher une actualisation du dialogue entre les deux sociétés ». « Kebabdjian a dit les manifestations qui ont été organisées en Turquie, les slogans et les tentatives vers une solution au problème par l’élite intellectuelle turque, est respecté parmi les arméniens français et a ajouté « leurs vieilles réactions changent lentement . C’est pourquoi le slogan « Nous sommes tous des Arméniens » était si significatif ».

Le quotidien Hurriyet affirme cependant que Jean Claude Kebabdjian a dit « que des arméniens de france ont dit qu’ils croyaient que c’est impossible pour la Turquie de devenir un pays démocratique et de douter de la possibilité d’établir un dialogue entre les deux sociétés ».

Selon Abdurrahman Dilipak, éditorialiste au journal de conservateur Vakit et militant des droits de l’homme, la conséquence de l’assassinat est l’opposé exact de ce que les pouvoirs sombres ont voulu : « au lieu d’être la cause d’une nouvelle hostilité entre les deux sociétés, le sang de Hrant a fourni une occasion de déchiffrer l’Etat profond. C’est comme cela que l’élite intellectuelle d’Arménie s’est rendue compte que la société turque n’est pas leur ennemie ».

Abdurrahman Dilipak a commencé à parler de Hrant Dink avec une citation du Coran : « Allah dit : Votre hostilité contre un clan ne doit pas vous conduire à l’injustice. Qui tue une personne tue toute l’humanité ».

Abdurrahman Dilipak affirme qu’il avait d’abord rencontré Hrant Dink lors d’un débat télévisé : « au début du débat, j’attendais une approche différente de Dink. J’avais pensé que le débat créerait de chaudes discussions mais icela n’est pas arrivé ».

Hasan Celal Güzel, commentateur au journal Radikal, a fait des déclarations différentes quant à l’assassinat de hrant Dink et le processus qui a suivi. L’ancien ministre d’Etat Hasan Celal Güzel n’est pas d’accord avec l’idée que l’assassinat de Hrant Dink a été un point de rupture pour la Turquie et a dit que l’assassinat est arrivé à cause de la provocation de gangs comme Ergenekon.

Hasan Celal Güzel a déclaré que l’assassinat de Hrant Dink a fait perdre à la Turquie des points dans l’arène internationale et que cela continue : « ce meurtre a été lu dans l’arène internationale comme si les turcs étaient intolérants et anti-arméniens ».

Hasan Celal Güzel affirme cependant que le problème arménien n’a jamais été un tabou en Turquie et que l’origine ethnique de Hrant Dink n’a dérangé personne : « il n’y a aucun problème en Turquie avec le dialogue entre les sociétés turque et arménienne. Si c’est l’Arménie et les arméniens de la diaspora qui débutent le dialogue, les seuls problèmes dans cette question sont l’hostilité des Arméniens envers les Turcs et l’étiquetage des Turcs comme ayant commis un génocide ». Pour Hasan Celal Güzel contrairement à la croyance, il n’y a jamais eu de vague naissante de nationalisme et la société turque avait toujours été nationaliste en terme de patriotisme.

Sevan Ni sanyan, un universitaire, a reconnu qu’il n’y avait aucune vague de nationalisme en Turquie. Sevan Nisanyan a déclaré que des cercles militaires et politiques essayaient d’encourager le nationalisme artificiellement : « je pense que cette tentative est un acte de panique et il est destiné à échouer. Il est difficile de continuer ce discours primitif dans cet âge d’intégration mondiale ayant une vitesse fantastique ».

Sevan Nisanyan a ajouté que le soupçon et la méfiance ont grandi envers l’Etat turc et ses positions sur l’histoire parmi les membres de la société turque et l’élite intellectuelle ces récentes années et a déclaré « pour beaucoup de personnes, c’était presque une expérience de dégagement après l’assassinat. Le sentiment de « assez de cela » a été resenti par plus de cent mille personnes aux obsèques ».

Ahmet Ümit, écrivain spécialisé dans le roman policier a attiré l’attention sur Orhan Pamuk, le prix Nobel de littérature et Elif Safak, une autre romancière, qui ont été sur le devant de la scène avec des déclarations sur la question arménienne, mais qui depuis évitent le sujet. Selon Ahmet Ümit : « Hrant était un défenseur honnête de la question et en a payé le prix. Je ne veux que personne ne soit blessé à cause de ses idées mais le sang versé est l’indicateur de ceux qui sont honnêtes et de combien d’honnêteté ils ont ».

Ece Temelkuran, journaliste à Milliyet, a déclaré : « la question arménienne est à propos des fondations de la Turquie et chacun qui y fait des remarques est en danger ».

Ece Temelkuran a ajouté : « la question arménienne est comme un nerf aboutissant en Turquie » et le développement le plus important après l’assassinat est la métamorphose en une question personnelle pour l’élite intellectuelle turque. Pour ece Temelkuran cette attitude sera un événement marquant important dans le chemin pour une solution du problème.




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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