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Polémique - Aussaresses : Une liberté d’expression très “torturée”
Publié le :

Philippe Cohen-Grillet, le mardi 20 janvier 2009 à 04:00

La Cour européenne vient de condamner la France pour avoir violé la liberté de parole de l’ancien général, qui s’était épanché sur les exactions françaises en Algérie.

Enième rebondissement de l’« affaire Aussaresses » qui avait défrayé la chronique et déchaîné les passions. La Cour européenne des droits de l’homme vient de donner raison aux éditeurs de l’ancien général, qui avaient été jugés coupables d’« apologie de crimes de guerre », en condamnant, le 15 janvier, la France pour entrave à la liberté d’expression. La polémique éclate en 2001.

A cette date, le général Paul Aussaresses publie un ouvrage, Services spéciaux, Algérie 1955-1957. Cet ancien résistant bardé de décorations y évoque, en détail, l’usage systématique de la torture durant la guerre d’Algérie, comme les exécutions sommaires et une certaine lâcheté des autorités politiques de l’époque, qui avaient laissé faire en toute connaissance de cause. Ce récit froid, sans l’expression du moindre regret, avait suscité de vives réactions. Pour la première fois, un haut gradé parlait ouvertement des exactions commises par une partie de l’armée.

La France, au sortir des « événements d’Algérie », a voté une loi d’amnistie afin de prémunir ses généraux contre d’éventuelles poursuites pour crimes de guerre. Façon implicite et involontaire de reconnaître que de tels crimes avaient bien été perpétrés ? La question ne sera pas posée. « Légende vivante » En première instance en janvier 2002 puis devant la cour d’appel en 2003, Paul Aussaresses et ses deux éditeurs, Olivier Orban et Xavier de Bartillat, étaient condamnés à de lourdes amendes (respectivement 7.500 et 15.000 euros) pour « apologie de crimes de guerre et complicité ». Les deux dirigeants de Plon avaient porté le litige devant la justice européenne, fustigeant une forme d’« historiquement correct ».

La Cour européenne des droits de l’homme vient de leur donner raison, en condamnant à son tour la France pour avoir violé le droit à la liberté d’expression. La justice française leur faisait grief d’avoir qualifié Aussaresses de « légende vivante ». Simple question d’appréciation, rétorque la Cour européenne, pour laquelle cette expression n’est pas forcément élogieuse et peut être interprétée dans un sens négatif. Quant à l’auteur, il lui était reproché, notamment, l’absence de distance. Là encore, la cour relève que « par rapport à ces pratiques atroces » (NDLR : la torture) il s’agit là précisément d’un élément « à part entière » du témoignage. Enfin, la justice européenne souligne la « singulière importance pour la mémoire collective » du livre d’Aussaresses. Il eût alors été préférable qu’il servît de point de départ d’un débat entre historiens plutôt que devant les tribunaux.

Edition France Soir du mardi 20 janvier 2009 page 8




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Source/Lien : France Soir



   
 
   
 
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