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Les droits de l'homme orphelins en Russie après l'assassinat de Markelov
Publié le :

Thérèse Obrecht
Mercredi 21 janvier 2009

RUSSIE. Le jeune avocat moscovite était le défenseur de nombreux Russes et Tchétchènes victimes de l'arbitraire de l'Etat.

Lundi midi à Moscou, Stanislav Markelov, 34 ans, vient d'annoncer à la presse qu'il allait faire appel contre la libération «illégale» de Iouri Boudanov, le premier haut gradé de l'armée russe à avoir été condamné pour ses méfaits en Tchétchénie, grâce notamment aux efforts de Markelov. Il marche le long de l'avenue Pretchistenka aux côtés d'Anastasia Babourova, journaliste stagiaire à la Novaïa Gazeta, le journal de feu Anna Politkovskaïa. Soudain, un tueur à gages l'achève à bout portant avec un revolver muni d'un silencieux. Tentant de s'interposer, Anastasia Babourova est grièvement blessée et meurt dans la soirée, après une intervention neurochirurgicale.

Nous avons rencontré Markelov, ce jeune homme si pâle et presque frêle, en 2004. Il appartenait à une nouvelle génération d'avocats qui s'évertuait à défendre les individus contre l'Etat, une révolution par rapport aux usages soviétiques. Markelov n'avait de cesse de dénoncer l'injustice, notamment faite aux Tchétchènes, l'impunité systématique, les liaisons dangereuses entre le pouvoir et le crime organisé, le danger du nationalisme. Il était le premier avocat russe à plaider sur place, à Grozny, contre les disparitions et autres exactions. Il avait défendu des antifascistes, les familles des victimes de la prise d'otages au théâtre Nord-Ost à Moscou en 2002, la journaliste Anna Politkovskaïa menacée de mort la même année par «Kadet», un policier tortionnaire qui sévissait en Tchétchénie. Plus récemment, il défendait Mikhaïl Beketov, ce journaliste tabassé à Moscou jusqu'à l'inconscience en novembre dernier (et toujours hospitalisé), pour avoir dénoncé les ripoux de l'administration locale.

En 2004, Markelov a été violemment agressé dans une station de métro à Moscou par des types au crâne rasé qui criaient: «Voilà ce que tu mérites pour tes beaux discours devant les tribunaux!» Le dossier Boudanov avait disparu de sa mallette. Markelov a déposé plainte, mais la police municipale a refusé d'ouvrir une enquête criminelle.

Pourtant, rien ne semblait pouvoir le décourager ou l'intimider. Sur le site http://www.grani.ru, on trouve une séquence vidéo prémonitoire, enregistrée en novembre 2008. Markelov accuse le coup. Il se dit fatigué de retrouver ses connaissances dans des chroniques criminelles ou des avis mortuaires. «Il s'agit d'une question de survie. Nous avons besoin d'être protégés du pouvoir mafieux et des organes de sécurité à leur service, poursuit-il, mais ni la loi, ni le tsar ni Dieu ne nous donneront cette protection. En dehors de nous-mêmes, personne ne nous protégera jamais.»

Pour l'instant, aucune interpellation n'a eu lieu, et les collègues de Markelov semblent déterminés à lutter pour que ce crime soit élucidé. Pour certains, la piste Boudanov paraît trop évidente pour être crédible. Mais le père de la jeune Kheda Koungaeva, enlevée de son domicile, violée et étranglée par Boudanov en 2000, reçoit des menaces à ce jour, alors que toute sa famille s'est exilée en Norvège. Selon lui, Markelov aurait reçu des menaces par SMS il y a quelques jours encore: «Ses acolytes ont attendu que Boudanov sorte de prison pour agir», affirme-t-il sur les ondes de Radio Liberty. D'autres relèvent la piste tchétchène, surtout après le meurtre, en plein jour aussi, d'un réfugié tchétchène à Vienne la semaine passée.

«Vive indignation»

Si Markelov est le premier avocat défenseur des droits humains assassiné en Russie, les pressions contre des avocats engagés sont légion. L'un des plus connus d'entre eux, Boris Kuznetsov, a fui la Russie pour éviter l'arrestation. Karinna Moskalenko a subi des perquisitions de son étude lorsqu'elle défendait Mikhaïl Khodorkovksi. A Strasbourg, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, a déclaré mardi: «Tant que les autorités russes n'auront pas fait toute la lumière sur ces affaires [...] le doute planera sur la situation de l'Etat de droit et de la liberté d'expession ainsi que de l'engagement en faveur des droits de l'homme en Russie.» Le rapporteur de l'organisation sur la situation des droits de l'homme dans le Caucase du Nord, Dick Marty, a exprimé sa «vive indignation», alors que la France a condamné «avec la plus grande fermeté» cet assassinat.

© Le Temps, 2009




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Source/Lien : Le Temps



   
 
   
 
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