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Les tensions à Gaza ravivent l'antisémitisme en Turquie
Publié le : 02-02-2009

Laure Marchand
30/01/2009 | Mise à jour : 21:56

Le coup de colère d'Erdogan à Davos sur la situation au Proche-Orient a déçu la communauté juive turque qui attendait un message d'apaisement.

Les Turcs ont l'habitude des coups de sang de leur premier ministre. Dans l'ambiance feutrée de Davos, la colère de Recep Tayyip Erdogan a surpris. Jeudi soir, il a quitté avec fracas un débat sur la situation au Proche-Orient, vexé de ne pas obtenir la parole après un discours enflammé de Shimon Pérès, le président israélien, justifiant la guerre à Gaza.

Cette passe d'armes verbale a valu au chef du gouvernement islamo-conservateur turc les félicitations du Hamas et des députés libanais. À son retour du Forum économique mondial, à l'aéroport d'Istanbul, il a également été accueilli comme le sauveur de «l'honneur turc» par quelques milliers de supporteurs. Vendredi matin, en Turquie, experts en relations internationales, diplomates et éditorialistes s'interrogeaient sur les répercussions de cette attitude sur l'alliance turco israélienne, déjà fortement chahutée ces dernières semaines. Mais aussi sur la crédibilité du rôle de médiateur d'Ankara sur la scène orientale.

Du coup, le discours à Davos de M. Erdogan est passé totalement inaperçu. Sa prestation n'avait pourtant pas trop mal commencé : il avait insisté sur l'égalité entre toutes les confessions et déclaré que l'antisémitisme constituait «un crime contre l'humanité». Ce message d'apaisement était très attendu par la communauté juive de Turquie. Car depuis l'offensive de l'État hébreu à Gaza, les 25 000 Juifs du pays font part de leur crainte d'être associés à la politique israélienne.

«Citoyens de seconde classe»

Comme du temps de la guerre contre le Liban en 2006, tout au long de l'offensive de Tsahal, des manifestations rythmées par des slogans antisémites ont réuni des dizaines de milliers de personnes, à l'appel d'organisations islamistes ou d'extrême gauche. Des étoiles de David ont été brûlées devant les représentations diplomatiques. «Cette fois-ci, l'hostilité a dépassé le cadre habituel, c'était beaucoup plus agressif», ressent une intellectuelle juive, qui veut conserver l'anonymat.

Dès les premiers dérapages antisémites, la presse libérale a d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme : des panneaux avec l'inscription «Les Juifs et les Arméniens ne peuvent pas rentrer, les chiens oui» ont été brandis, des affiches géantes ont été placardées sur les murs d'Istanbul avec le slogan «tu ne peux pas être l'enfant de Moïse» accompagnant la photo d'un chausson de bébé ensanglanté. La minute de silence en mémoire des enfants tués à Gaza observée par tous les écoliers turcs a également marqué les esprits. Confronté à de vives critiques, le ministère de l'Éducation a finalement annulé le concours de dessins et la composition sur Gaza qui avaient été programmés.

«Il n'y a cependant pas eu une seule agression physique, seules deux synagogues ont été graffitées et les autorités religieuses ont appelé au calme lors du prêche du vendredi», tient à souligner Silvyo Ovadya. Mais le président de la communauté juive, habituellement enclin à relativiser les tensions, court d'un plateau télé à un autre pour dissiper les risques d'amalgame entre critiques anti-israéliennes et antisémites, entre Juifs et Israéliens : «Les discours des hommes politiques ont encouragé la confusion.»

Cinq associations juives américaines ont envoyé une lettre ouverte à M. Erdogan pour lui faire part de leur préoccupation. À Istanbul, un immense drapeau palestinien flotte toujours dans la rue de la synagogue Neve Shalom, une des cibles des attentats d'al-Qaida qui avaient fait 63 morts en 2003.

La récente mise au point du vice-premier ministre a donc été reçue avec soulagement. Cemil Ciçek a déclaré qu'il n'y avait «aucune différence entre les citoyens juifs et les autres» en Turquie. Mais parmi les diatribes anti-israéliennes quasi quotidiennes de M. Erdogan pendant le conflit, une remarque sur l'accueil des Juifs qui ont fui l'Inquisition au XVe siècle ne passe pas. «Nous sommes les descendants des Ottomans qui vous ont sauvés des Espagnols il y a cinq cents ans», a-t-il lancé.

«Est-ce que je suis toujours considérée comme une invitée sur ces terres où je suis née et où j'ai grandi, où je remplis mes devoirs en tant que citoyenne, a réagi Leyla Navaro, psychologue, dans une tribune publiée dans le quotidien Radikal. Ajoutant : «On me tient responsable de la guerre au Moyen-Orient parce qu'il est écrit “judaïsme” dans la case religion de ma carte d'identité.» Au-delà d'une peur de l'antisémitisme, ses doutes, largement partagés par la communauté, questionnent la place allouée aux minorités non musulmanes dans la République turque. «Nous faisons notre service militaire, payons nos impôts comme n'importe quel Turc, nous ne voulons pas être perçus comme des citoyens de seconde classe», résume Izel Rozental, caricaturiste de presse.




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Source/Lien : Le Figaro



   
 
   
 
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