Aujourd'hui : Samedi, 21 septembre 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Entre Turcs et Arméniens le climat se réchauffe
Publié le :

Vendredi 24 Avril 2009

CAUCASE. Les pays ont signé hier une « feuille de route » à la veille de la journée du souvenir arménien

Génocide pour les Arméniens, simple « tragédie » pour les Turcs, on fête ce vendredi le 94e anniversaire des événements de 1915 au cours desquels 1 million et demi d'Arméniens de l'Empire ottoman (mais seulement 300 000 à 500 000 selon Ankara) sont morts sur les routes menant d'Anatolie en Syrie.

Signe très net d'un changement de climat, on a appris hier que les gouvernements turc et arménien avaient signé, à Genève sous médiation suisse, une « feuille de route » qui pourrait mener le Goliath turc et le David arménien à normaliser des relations empoisonnées par la non-reconnaissance du « génocide » en Turquie, mais aussi par le conflit du Haut-Karabakh, l'enclave arménienne en territoire de l'Azerbaïdjan, république caucasienne turcophone alliée d'Ankara.

En 1993, deux ans après l'indépendance de l'Arménie, les Turcs avaient d'ailleurs fermé la frontière pour marquer leur soutien aux Azéris dans une guerre de voisinage qui a fait 30 000 morts. Depuis, les habitants d'Erevan regardent avec plus de nostalgie encore le sommet enneigé de l'Ararat, symbole de la nation arménienne rattaché à une Turquie non seulement étrangère mais inaccessible.

Ceci pourrait changer plus vite qu'on ne le pense. Le 6 avril dernier, devant le Parlement turc à Ankara, Barack Obama a encouragé les deux peuples à pousser les feux d'une négociation ébauchée de façon symbolique en septembre 2008 par la « diplomatie du football » : à Erevan, le président turc Abdullah Gül avait assisté au match amical Turquie-Arménie aux côtés de son homologue Serge Sarkissian. Ce dernier avait ensuite rencontré le Premier ministre turc Erdogan à Davos.

« Je demande pardon »

Mais c'est en Turquie même que s'est produit en décembre 2008 un déclic : la pétition « Je demande pardon », lancée par quatre intellectuels turcs de haut vol (Cengiz Aktar, Ahmet Insel, Ali Bayramoglu et Baskin Oran), a recueilli 30 000 signatures. Le mot « génocide » n'y figure pas mais la phrase essentielle constitue une authentique levée du tabou qui pèse depuis 1915 en Turquie : « Ma conscience n'accepte pas qu'on puisse rester insensible à la grande catastrophe subie par les Arméniens sous l'Empire ottoman et qu'on continue à nier cette vérité. » Et la pétition ajoute : « Je refuse cette injustice, je partage en mon nom propre les émotions et les souffrances de mes frères arméniens et je leur demande pardon. »

« Cette pétition a fait bouger les choses, commente l'universitaire Garip Turunç, qui enseigne à Bordeaux et Galatasaray, les officiels turcs ont réagi en refusant le principe des excuses mais on a constaté que les procureurs n'ont pas donné suite aux poursuites intentées contre les auteurs de la pétition, signe d'une évolution des esprits. » Pour lui, c'est l'assassinat à Istanbul du journaliste turco-arménien Hrant Dink, le 19 janvier 2007, qui sonna la prise de conscience quand des milliers de Turcs défilèrent au cimetière aux cris de « Nous sommes tous arméniens ».

Obama et le mot «génocide»

Aujourd'hui, la célébration du souvenir sera marquée aux États-Unis (où vit une diaspora d'1,5 million d'Arméniens) par une déclaration très attendue d'Obama. Le président, qui avait promis comme candidat de reconnaître le génocide, tiendra-t-il parole ? « C'est une question de crédibilité et s'il n'employait pas le terme, ce serait ressenti par les Arméniens comme une trahison », postule Jules Boyadjian, étudiant à Bordeaux et porte-parole de Nouvelle Génération arménienne. Au contraire, Garip Turunç juge que le président américain « sera très prudent pour ne pas froisser la susceptibilité des autorités turques alors que Washington cherche un rapprochement de long terme avec Ankara ».

Hier, la Maison-Blanche s'est chaudement félicitée - comme la France - de la « feuille de route » turco-arménienne, qui prévoirait, notamment, des commissions bilatérales d'historiens pour étudier les événements de 1915.

Auteur : Christophe Lucet
c.lucet@sudouest.com




Retour à la rubrique


Source/Lien : SUD OUEST



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org