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Editorial : Arménie-Turquie
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Editorial
Arménie-Turquie

LE MONDE | 09.10.09 | 15h36 • Mis à jour le 09.10.09 | 16h07

L'Arménie et la Turquie vont nouer des relations diplomatiques. C'est une bonne nouvelle. La République d'Arménie, créée par l'URSS en 1920, a accédé à l'indépendance en 1991. Mais sans normaliser sa relation avec le voisin turc. On imagine pourquoi : le poids du passé. Erevan, la capitale d'Arménie, se heurtait au refus d'Ankara de qualifier de génocide les massacres dont plus d'un million d'Arméniens furent victimes à l'aube de la dissolution de l'Empire ottoman, dans les premières années du XXe siècle.


Sous les auspices de la Suisse, Arméniens et Turcs devaient signer, samedi 10 octobre, à Zurich, le protocole d'accord sur l'échange de missions diplomatiques et l'ouverture de la frontière entre les deux pays. La version la plus banale de l'événement conduit à faire l'observation suivante : aux confins de l'Europe, deux pays voisins normalisent leurs relations.

C'est toujours souhaitable et, de ce seul point de vue, l'accord de Zurich - patronné par Moscou et Washington - est le bienvenu. On salue au passage les mérites de la diplomatie du football et les gestes de détente qu'autorise la passion des uns et des autres pour le ballon rond : le président turc, Abdullah Gül, s'est rendu en Arménie pour le match aller entre les deux équipes nationales pour les qualifications à la Coupe de monde 2010 ; son homologue arménien, Serge Sarkissian, pourrait se rendre en Turquie pour le match retour.

Mais il y a plus. Cette normalisation, si elle est menée à bien, porte en elle une forte charge symbolique. Quand Turcs et Arméniens signent un accord, ce n'est pas qu'affaire diplomatique. On touche au passé. Encore prudemment, certes : Ankara se refuse toujours à qualifier de génocide le massacre des Arméniens ; Erevan ne cesse de revendiquer une telle reconnaissance. Les deux pays vont créer une commission historique. Elle devra étudier "de manière scientifique et impartiale les données historiques et les archives" relatives au drame. C'est un pas. Comment ne pas y voir, en filigrane, un geste important d'Ankara, peut-être l'acceptation d'une première confrontation de la Turquie avec un passé terrible ?

Qui s'oppose à l'accord de Zurich ? Les plus ultras des nationalistes arméniens craignent que cette normalisation n'enterre l'exigence de reconnaissance du génocide. Les plus ultras des nationalistes turcs redoutent qu'Ankara abandonne au passage un de ses protégés régionaux, l'Azerbaïdjan, avec lequel l'Arménie est en conflit. Mais quand les modérés s'entendent sur le dos des plus extrémistes, ce n'est pas forcément mauvais signe.


Article paru dans l'édition du 10.10.09



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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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