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Claude Mutafian répond au Monde et à Libération
Publié le :

MEDIAS

jeudi15 octobre 2009, par Ara/armenews

L’historien Claude Mutafian n’est pas seulement à la vigie. Il fait office à lui tout seul de collectif actif contre le négationnisme. Au cours de ces dernières semaines, il a en effet pris sa meilleure plume pour répondre à des articles du Monde et de Libération, jugés tendancieux. Nous soumettons à l’attention de nos lecteurs ces articles qui attendent toujours d’être publiés...

Il ne faut pas tendre la main Ă  cette Turquie

Dans la page ‘rebonds’ ( Libération ndlr) de votre numéro du 19 octobre, M. Bernard Guetta expose ses arguments pour « tendre la main à la Turquie ». Voyons ce qu’il dit et ce qu’il ne dit pas. Il commence par la question du négationnisme du génocide des Arméniens, en donnant deux arguments pour expliquer qu’on doit dispenser la Turquie de sa reconnaissance.

Le premier, c’est que « les Turcs s’obligeraient à revisiter la complexité de leur histoire », ce qui est vrai, mais depuis quand le fait que la vérité soit coûteuse à avouer justifie-t-il la persistance dans le mensonge ? Quant au second, il concerne l’accord récemment signé à Zurich entre les républiques de Turquie et d’Arménie.

Or, il s’agit là de marchandages diplomatiques entre deux Etats, qui n’ont absolument rien à voir avec la reconnaissance du génocide, question qui concerne la conscience de l’humanité toute entière. D’ailleurs, en ce qui concerne l’ouverture de la frontière, il convient de préciser que les Arméniens entreraient alors en Turquie par Igdir où, pour une bonne partie d’entre eux, ces descendants de rescapés du génocide devront passer sous les fourches caudines d’un colonne érigée il y a tout juste dix ans à la mémoire des ‘Turcs massacrés par les Arméniens’... Paradoxalement, après avoir convenu que ce génocide avait eu lieu, l’auteur affirme que « la Turquie est un Etat multinational ».

Où sont ces nations ? Les Arméniens et les Assyro-Chaldéens ont été victimes d’un nettoyage ethnique quasi total. Quant aux Grecs, ils étaient plusieurs millions dans l’Empire ottoman, encore plusieurs centaines de milliers en Turquie après les expulsions et ‘échanges de populations’ des années 1920, et il n’en reste que quelques milliers depuis les pogroms d’Istanbul de 1955 toujours pudiquement passés sous silence. Restent les seuls Kurdes, dernière épine ‘nationale’ dans les pieds de la Turquie avant le parachèvement de l’uniformisation ethnique absolue. On lit ensuite que la Turquie est « une démocratie imparfaite mais toujours plus solide ».

Cette solidité est remarquablement illustrée par l’article 301 qui bâillonne la liberté d’expression, par le nombre de journalistes et d’intellectuels poursuivis ou contraints à l’exil, par le déni de tout droit aux millions de Kurdes dont on a détruit des milliers de villages. Ajoutons-y le meurtre de Hrant Dink, journaliste d’origine arménienne, partisan de l’entrée de la Turquie dans l’Europe mais dont le tort était de prôner le dialogue ; on sait maintenant que son assassinat a été commandité au sommet, d’où la lenteur du procès qu’on cherche à enterrer. L’article continue avec « seul pays laïc du monde musulman ».

En quoi un Etat dont le gouvernement est aux mains d’un parti islamiste est-il laïc ? Un Etat dont les dirigeants n’osent pas se montrer en Europe avec leurs épouses car elles sont voilées : c’est leur droit, mais qu’on ne nous parle pas de laïcité ! Tout visiteur de la Turquie ne peut que constater la multiplication de ces femmes voilées, souvent totalement ; sans aller jusque dans le pays profond, on en voit bien plus à Istanbul qu’à Damas ! Passons à « la Turquie est tout aussi pluraliste que chacun des Vingt-Sept ». Où est la démocratie parlementaire turque ? Quels sont les partis acteurs de la vie politique ?

Il y a le parti islamiste au pouvoir et l’opposition kémaliste, nationaliste à outrance, doublée sur sa droite par les ‘Loups Gris’, une mouvance ouvertement fasciste courtisée par tous ; c’est tout. Quant aux oublis dans l’article, ils sont légion. Bornons-nous à en citer un : on y cherchera en vain le mot ‘Chypre’, soigneusement évité pour ne pas avoir à reconnaître que la Turquie continue à occuper militairement un territoire de l’Union Européenne. Ne nous voilons pas la face à notre tour. La Turquie est un Etat qui hérita de l’Empire ottoman une diplomatie de haut vol, incomparablement supérieure à celle des Vingt-Sept réunis. En 1923, elle a réussi à obtenir la caducité du traité de Sèvres de 1920 et son remplacement par le traité de Lausanne.

Une fois qu’elle a obtenu satisfaction, elle en a violé un à un tous les articles dans l’indifférence générale. Plus récemment, l’accord étatique entre Turquie et Arménie dont l’article fait des gorges chaudes a été violé dès le lendemain de sa signature, le premier ministre turc clamant haut et fort qu’il ne sera pas appliqué tant que le Haut-Karabagh ne passera pas sous la coupe de l’Azerbaïdjan alors que le texte n’y fait aucune allusion. Mais là aussi, il y a un fait accompli, et personne ne proteste. Le même processus se met en place concernant l’Europe.

La Turquie actuelle est, quoi qu’on en dise, un Etat répressif, non laïc, négationniste et impérialiste, qui joue avec une habileté remarquable sur les complexes des hommes politiques et des intellectuels occidentaux. La rengaine est habile : si vous êtes opposés à l’entrée de ‘cette’ Turquie dans l’UE, vous êtes un chrétien raciste et islamophobe, une honte à laquelle vous ne pouvez échapper qu’en fermant les yeux et en militant pour l’adhésion.

C’est si bien présenté que ça marche. Les dirigeants turcs doivent se payer des parties de fou rire en voyant nos prudes hommes publics tomber un à un dans le panneau : ils savent bien, eux, qu’une fois leur but atteint toutes leurs promesses iront à la poubelle sans que personne n’y trouve à redire. Comme Lausanne en 1923, comme Zurich en 2009.

Claude Mutafian Docteur en histoire

Non Ă  cette Turquie dans lÂ’Europe

Dans ‘Le Monde’ du 13 octobre, on lit en page 7 que « dès le lendemain de la signature de l’accord turco-arménien le premier ministre turc » a déclaré que « l’ouverture de la frontière turco-arménienne » était liée « à un règlement du conflit dans le Haut-Karabagh ». C’est là une violation flagrante du protocole à peine signé.

Par une étrange coïncidence, la page « Débats » du même numéro nous offre deux articles reprenant tous les poncifs - avec tous les oublis - concernant le problème de l’entrée de la Turquie dans l’UE. Le premier article est d’un politologue turc. Il n’évoque qu’en passant les « questions en suspens comme la situation à Chypre, les disputes avec la Grèce, la question kurde, la migration clandestine ».

Qu’en termes galants ces questions ‘de détail’ sont dites ! Pris de remords, l’auteur ajoute un significatif « etc » qui montre bien qu’il n’est pas dupe : il sait qu’il y a pléthore de « questions en suspens », qui sont toutes des problèmes essentiels dont la responsabilité incombe totalement à l’Etat turc actuel ou à ses prédécesseurs dont elle assume l’héritage. Ainsi, vu les oublis de l’article, le génocide des Arméniens n’a jamais existé pour la bonne raison que les Arméniens n’ont jamais existé dans l’Empire ottoman. Il est trop facile de se poser en victime d’une quelconque « islamophobie » et/ou « turcophobie » et de se lamenter sur ces pauvres Européens qui auraient du « mal à saisir le réel ».

Il convient donc d’insister une fois de plus sur le fait que l’opposition à l’entrée de ‘cette’ Turquie dans l’UE est purement et simplement motivée par la constatation du triste bilan de ce « réel » : occupation militaire d’un territoire de l’UE, assassinats commandités par les plus hautes instances, justice aux ordres du pouvoir (exemple de Hrant Dink), presse bâillonnée (voir l’article 301 et le nombre de journalistes poursuivis ou d’intellectuels exilés), féroce répression contre les millions de Kurdes, progression galopante de l’islamisme qui reste l’idéologie du parti au pouvoir même si on a inventé pour se donner bonne conscience le cache-sexe pathétiquement appelé ‘islamisme modéré’.

On peut à la rigueur comprendre qu’un politologue turc tente de recouvrir d’un vernis moderniste, voire éclairé, le sombre tableau de la Turquie actuelle, dont il est par ailleurs totalement conscient. Les choses deviennent plus graves quand cinq personnalités publiques françaises de renom entonnent le même couplet, nous invitant à découvrir le « vrai visage de la Turquie ». Tout en admettant que « beaucoup reste à faire », ils invitent l’Europe à relever un « défi » idéaliste : « intégrer la Turquie à l’Europe », « accompagner la Turquie dans son odyssée européenne », et tout à l’avenant.

A les lire, on se trouve face à un garnement qui n’est pas encore très gentil, il convient donc de le prendre en main et de bien l’éduquer pour en faire un enfant sage. Ce que ces Messieurs n’ont pas compris, c’est qu’il n’y a en face aucun garnement, il y a en revanche un Etat impitoyable, cynique, d’une intelligence et d’une habileté supérieures à n’importe quel Etat européen, qui doit se régaler et pouffer de rire en voyant nos vertueux intellectuels tomber un à un dans ses filets jusqu’à ce qu’il obtienne enfin la manne européenne, après quoi toutes les promesses tomberont dans l’oubli.

C’est ce qui s’est passé avec le traité de Lausanne de 1923 dont à peu près toutes les clauses ont été violées, c’est encore ce qui s’est passé il y a quelques jours quand le premier ministre n’a pas perdu de temps pour violer le traité signé. Près de la frontière arménienne fut inaugurée en 1999 une colonne à la mémoire des ‘Turcs massacrés par les Arméniens’, et sur une colline dominant le Bosphore s’élèvent les mausolées des deux principaux responsables du génocide des Arméniens, le second ne datant que de 1996. Nos thuriféraires d’Ankara accepteront-ils de voir ces monuments tout récents faire partie de l’Union Européenne ? S’imaginent-ils naïvement qu’une fois dans l’Europe la Turquie acceptera de les détruire ?

Ces deux criminels contre l’humanité, qu’un tribunal turc a condamnés à mort par contumace en 1919, auraient été ravis d’une visite à l’exposition ‘De Byzance à Istanbul’ au Grand Palais, en constatant que l’énorme contribution des Arméniens à cette ville se réduit à deux inscriptions ... funéraires ! Même si on admet que les commissaires ne l’ont pas fait exprès, le fait est là, comique dans sa naïveté tout en étant macabre et abject. De même que pour les Européens lancés à la conquête de l’Ouest « un bon Indien est un Indien mort », pour les autorités turques lancées dans leur offensive de charme vers l’Europe « un bon Arménien est un Arménien mort ». Mort comme Hrant Dink, chaud partisan de la Turquie dans l’UE, mais arménien.

RĂ©ponse Ă  deux articles concernant la Saison de la Turquie

Dans votre numéro du 9 octobre ( Libération ndlr) figurent dans une même page deux articles d’enseignants en histoire à propos de la Saison de la Turquie. Sous la plume de Claire Sotinel, on apprend que pour la « réticence politique (...) sur l’adhésion de la Turquie à l’UE (...) la pierre d’achoppement majeure, aux yeux de la diaspora arménienne, reste l’appréciation de la politique anti-arménienne sanglante (...) que la Turquie refuse toujours de qualifier de génocide ».

Tout d’abord, ce « aux yeux de la diaspora arménienne » est proprement inadmissible, il signifierait qu’un crime contre l’humanité ne concerne que les descendants des victimes !

D’autre part, c’est bien loin d’être le seul problème majeur : ainsi, il n’est pas superflu de rappeler qu’un tiers du territoire de Chypre, membre de l’UE, est occupé militairement par la Turquie, et en analysant le programme des expositions de cette Saison on constate que dans leur immense majorité elles s’appuient sur le passé hellénistique de l’Anatolie, dont les représentants, plusieurs millions dans l’Empire ottoman, encore plusieurs centaines de milliers à la fondation de la république de Turquie, ne sont plus qu’une poignée. Pourquoi ? Où sont passées les minorités héritières de cet empire multiethnique ? Les millions d’Arméniens ? Liquidés par génocide de même que les Assyro-Chaldéens.

Les millions de Grecs ? Massivement expulsés ou ‘échangés’. Restent les millions de Kurdes, qui commencent à peine à être reconnus du bout des lèvres alors que l’armée a déjà détruit des milliers de leurs villages et continue à exercer une répression physique et culturelle, plus subtile mais aussi efficace. Ajoutons à cela les meurtres des opposants qui, comme Hrant Dink, œuvrent dans un cadre parfaitement légal, une censure implacable symbolisée par l’article 301 et une accélération impressionnante de l’islamisme désormais au pouvoir - les dirigeants ne se présentent jamais en Europe avec leurs épouses car elles sont voilées !

De son côté, Johann Chapoutot fait un inventaire des « atours » de la tour Eiffel à travers son histoire, en oubliant de mentionner son illumination en 2004 aux couleurs de la Chine, pays lui aussi particulièrement performant en matière de droits de l’homme. Citons textuellement la fin de l’article. L’auteur y rappelle l’illumination en 2008 « aux couleurs de l’Europe, de même que (tiens donc !) la façade du Palais Bourbon. Ces jours-ci, alors que la tour Eiffel brille en blanc et rouge, on continue à expliquer que la Turquie n’a rien à faire dans l’Europe ». La logique du raisonnement laisse pantois !

Qu’est-ce que ce « tiens donc ! » ? Quel rapport entre les deux phrases ? Répétons une fois de plus que ce n’est pas « la Turquie » qui « n’a rien à faire dans l’Europe », c’est « cette » Turquie actuelle, agressive, répressive, négationniste, qui élève des mausolées aux auteurs d’un génocide et qui a parachevé il n’y a pas si longtemps, dans le sang des pogroms d’Istanbul de 1955, une épuration ethnique de ses minorités non musulmanes en mettant en œuvre tous les moyens imaginables, sans aucun scrupule ni regret.

Claude Mutafian

RĂ©ponse Ă  un article de MM. Pierret et Poivre dÂ’Arvor

Dans « Le Monde » daté du 27-28 septembre 2009, les organisateurs de la Saison de la Turquie en France tentent de se justifier face aux critiques formulées par Ara Toranian dans le numéro du 5 septembre. Que nous apportent-ils en guise de réponses aux différents problèmes soulevés (l’italique correspond aux citations) ?

Génocide des Arméniens. Les auteurs mettent en avant trois manifestations :

- 11 juillet. Un colloque à l’Ecole normale supérieure sur le thème Alliance des civilisations et Union pour la Méditerranée : deux processus compatibles ou concurrents ?, dont on ne voit pas très bien le lien avec la question, mais où on a réussi, semble-t-il, à faire prononcer clairement par un Turc le mot tabou de « génocide ».

- 21 septembre. Un débat entre les deux coauteurs du livre récent Dialogue sur le tabou arménien qui eut pour cadre le Centre du patrimoine arménien de Valence, probablement pour que tout reste dans le « ghetto » arménien.
- 26 septembre.

Une session d’un colloque autour des tabous de la mémoire, au sujet duquel on lit ce qui suit sur le site internet : Parmi les participants, les journalistes Kadri Gursel (Milliyet), Charles Silvestre (L’Humanité), Umur Talu (Haberturk), Nicolas Beau (Bakchich.info), Okay Gonensin (Vatan), Ariane Chemin (Le Nouvel Observateur) ainsi que l’historien Etienne Copeaux, l’ancien ambassadeur François Dopffer et le sociologue David Morin-Ulmann. Le débat se fera entre journalistes et avec la salle. Rencontre conçue par la journaliste et essayiste Ariane Bonzon. On appréciera le nombre de connaisseurs du problème du génocide. C’est apparemment tout, et ces quelques miettes appartiennent d’ailleurs toutes au passé. Qu’en est-il pour la suite de la Saison ? On a beau éplucher le site HYPERLINK "http://www.saisondelaturquie.fr/-debats-d-idees-.html" http://www.saisondelaturquie.fr/-debats-d-idees-.html on ne trouve rien sur la question.

Caractéristiques arméniennes de la Turquie. Voici ce qu’on lit dans l’article, comme évocations de ces caractéristiques :
- L’exposition Ara Güler, Lost Istanbul, années 50-60. Cet admirable photographe a beau être d’origine arménienne, comme on le signale pudiquement en passant dans sa biographie, il est ici en tant que photographe turc et cette exposition n’a rien à voir avec les caractéristiques arméniennes de la Turquie.

- Un colloque prévu en février à la Bibliothèque nationale de France, qui abordera le livre arménien dans l’Empire ottoman. Apparemment, c’est tout, l’énorme apport arménien à l’Empire ottoman jusqu’au génocide se réduit ainsi à un photographe de la réalité turque et à l’édition de livres arméniens, d’ailleurs l’un des seuls domaines culturels dont l’influence n’a pas dépassé le milieu arménien. Si l’on retourne au site ci-dessus, on trouve, dans une longue liste de plusieurs dizaines de débats futurs, une unique fois le mot Arménie, il s’agit de celui du 17 décembre qui s’intitule HYPERLINK

"http://www.saisondelaturquie.fr/geopolitique-la-realite-de-la.html" Les Rapports de la Turquie avec la Russie et le Sud-Caucase : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie. On peut ainsi se donner bonne conscience et prétendre que les Arméniens n’ont pas été oubliés, mais ce genre de tour de passe-passe a fait long feu : personne n’est dupe, tout le monde reconnaîtra qu’il s’agit ici de la république d’Arménie actuelle, qui n’a rien à voir avec l’Empire ottoman !

Les autres problèmes qui « noircissent » l’histoire de la Turquie. Alors que le choix dans ce domaine est malheureusement vaste, que nous offre-t-on selon l’article ? Rien de plus qu’un débat le 11 octobre entre un ancien ministre turc des affaires étrangères et un ancien président de la République de Chypre. A voir la liste de ces débats, on trouve toutefois un autre sujet qui entre dans cette catégorie, La question kurde le 14 janvier.

C’est là le seul acte de courage, tempéré par le fait que ce débat, comme d’ailleurs celui du 17 décembre, se tiendra dans l’Espace Landowski à Boulogne-Billancourt, ce qui n’est pas pour garantir un écho massif. Il y a aussi un grande figure qu’on aurait dû évoquer vu l’impact que son assassinat a eu en Turquie bien au-delà du milieu arménien, Hrant Dink, qui est resté, semble-t-il, aux abonnés absents. S’agit-il d’un oubli ou d’une mise à l’écart délibérée ? Ajoutons qu’en dehors de Michel Marian, coauteur du livre ci-dessus mentionné, il semblerait qu’aucun des intellectuels arméniens de France, ni aucun des défenseurs de la cause arménienne, n’ait été invité à ces débats.

Des questions sur les expositions A condition de ne rien occulter, ce qui est loin d’être le cas ici, les débats constituent, certes, un volet incontournable du programme, mais il est clair que leur impact est extrêmement limité par rapport aux expositions. En attendant de voir, et pour se borner à l’une des plus prestigieuses, HYPERLINK

"http://www.saisondelaturquie.fr/de-byzance-a-istanbul-un-port-pour.html" De Byzance à Istanbul Un port pour deux continents, prévue au Grand Palais du 10 octobre 2009 au 25 janvier 2010, il sera intéressant de vérifier comment seront ou ne seront pas présentés les passés grec et arménien de la ville du Bosphore, de riches passés dont la disparition est liée à deux dates symboliques :

- La nuit du 24 au 25 avril 1915, arrestation de plusieurs centaines d’intellectuels arméniens d’Istanbul, presque tous assassinés hors de la ville. Cette date est considérée depuis comme le symbole du génocide, dont elle fut l’annonce. Sera-t-elle évoquée dans le seul pays où elle a été reconnue au niveau de l’Etat ? Montrera-t-on les photos des mausolées des deux principaux responsables, sur une colline dominant la ville ?

- Bien plus récemment, les 6 et 7 septembre 1955, à l’instigation de cercles proches du pouvoir, agressions et destructions de commerces dirigées contre les 200 000 Grecs de la ville, derniers héritiers de la gloire de Byzance. Les survivants ont quitté en masse le pays, il n’en reste que quelques milliers.

Ceux qui ont la mémoire courte peuvent consulter l’un des sites : HYPERLINK "http://www.info-grece.com/agora.php ?read,30,34652" http://www.info-grece.com/agora.php ?read,30,34652 HYPERLINK "http://diaspora-grecque.com/modules/altern8news/article.php ?storyid=1771" http://diaspora-grecque.com/modules/altern8news/article.php ?storyid=1771

Il y a fort à parier que le premier point sera totalement occulté. Le second ne peut être aussi facilement escamoté, car chacun sait que la ville a été fondée par les Grecs et qu’ils y ont régné de nombreux siècles. La date de 1955 sera pourtant très probablement passée sous silence. Quelle explication trouvera-t-on alors à la disparition quasi totale des Grecs ? On n’en donnera probablement aucune.

Claude Mutafian




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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