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Génocide des Arméniens : L’affaire Métro en Suède prend de l’ampleur
Publié le : 26-10-2009

SUEDE

dimanche 25 octobre 2009, par Stéphane/armenews

Petit rappel des faits : Gurgin Bakircioglü étudiant actuellement en maîtrise de journalisme à l’Université d’Uppsala en Suède s’est vu refuser une chronique consacrée au génocide des chrétiens en 1915 en Turquie par le quotidien gratuit Métro.

Selon Gurgin Bakircioglü le journal avait pourtant donné son feu vert pour la publication d’un article de « 2000 caractères, de sorte que le texte devait être prêt pour une publication durant les négociations en cours entre la Turquie et l’Arménie et où le refus de la Turquie de reconnaître le génocide de nouveau sur l’agenda ».

La journaliste Sakine Madon chroniqueuse au quotidien Expressen revient sur cette histoire. Sakine Madon a fait de nombreux articles sur les Kurdes, la Turquie et le Génocide arménien et à ce titre a déjà eu des problèmes en 2006 alors qu’elle travaillait au quotidien City. Sakine Madon est d’origine Kurde et turque, est née en Turquie et vis en Suède depuis 1985.

"Métro" Gunne a un dos en caoutchouc par Sakin Madon

Métro a stoppé une chronique. Motif : il traite du Génocide des chrétiens.

Il n’y a apparemment aucun problème pour les rédacteurs en chef suédois pour publier des insinuations sur le fait que les juifs voleraient des organes.

Dans le journal Métro le Hezbollah fut honoré dans les chroniques. La subjectivité et les critiques à droite comme à gauche sont souvent publiées. Mais lorsqu’il est question d’écrire sur un Génocide bien documenté ? Ajabaja (Ajabaja (expression populaire suédoise, "gare à toi")

Le journaliste Gurgin Bakircioglü a envoyé il y a quelques semaines une chronique personnel de ce qu’était que d’être le petit-fils de victimes arméniennes du Génocide des chrétiens dans la Turquie actuelle et datant de prés d’un siècle. Métro donna son feu vert pour sa publication.

Quelques jours plus tard vint une nouvelle inattendue, le chef de la rédaction Per Gunne prétendait ne connaître que "peu de choses concernant ces faits historiques pour permettre sa publication".

L’expression même est en noir et blanc dans une conversation électronique. Bakircioglü écrit lui-même à propos de cette affaire dans le site de débat Newsmill où la chronique y est elle publiée.

Ainsi : Métro Gunne ne veut pas publier les chroniques à propos de l’un des plus pires génocides de l’histoire. Si tel est le cas qu’il ne connait pas véritablement les "faits historiques", quelqu’un pourrait sans doute lui expliquer que nous avons des historiens dans l’enseignement supérieur qui mènent des recherches et diffusent des informations sur ce génocide.

Est-il si difficile de vérifier ces choses si fondamentales ? Quelle est la prochaine étape, refuser des textes sur le génocide du Rwanda ? Est-ce que Gunne sait ce qui s’est passé au Cambodge ?

La gestion fort remarquable de Métro ressemble à celle du journal concurrent City pour lequel j’écrivis il y a quelques années à propos des livres de Pippi (Fifi Brindacier d’Astrid Lindgren, l’une des plus populaire romancière suédoise) , traduits en kurde et expédiés de Suède, et qui furent stoppés par les douanes turques.

Le texte faisait allusion à un nationalisme excessif, au fait que Mein Kampf arrivait en tête de liste des livres de poche en 2005 et que l’on ne pouvait pas parler du génocide des chrétiens en Turquie sans risquer d’être poursuivie. Le texte fut publié.

Les représentants du Turkiska riksförbundet (Fédération turque de Suède) et de l’ambassade turque de Suède semblaient à cette époque avoir peu de chose à faire. Ils exigèrent des excuses pour cause de "turcophobie" et assaillirent le téléphone du journal, l’ambassade diffusa l’"information" aux médias turcs qui a son tour mena la question dans des proportions sans précédent.

L’on prétendait que j’abaisser les femmes musulmanes, que j’étais une traite, que je faisais une caricature d’Atatürk et que le roi de Suède avait présenté ses excuses à la Turquie pour mon impolitesse .

Le roi avait bien évidemment autre chose à faire, le rédacteur en chef de l’époque, Mikael Nestius s’excusa. Les lecteurs sont offensés, avait-t-il expliqué. Que le journal City publia une chronique conspiratrice où l’on remettait en question ce qui s’était "véritablement passé le 11 septembre", ceci était tout à fait approprié. Ce n’est que lorsque j’ai mentionné un génocide que cela devint trop chaud.

Sans doute était-ce un exemple qui fit peur Gunne pour Métro ? Il a dans un interview pour Résumé dit qu’il rêvait de refaire du DJ et que le "Plus grand livre sur les cocktails" changea sa vie. C’est très mignon. Mais aujourd’hui il dirige un grand journal.

L’Armeniska Riksförbundet (Fédération arménienne de Suède) lui a raisonnablement envoyé cette semaine "Le génocide Arménien de 1915 : Questions et réponse". Il est à espérer que Gunne et toute l’équipe rédactionnelle de Metro lisent le document.

Il y a beaucoup de lecteurs qui se soucient de questions allant au-delà des reportages de mode et du menu de "Riche". C’est pourquoi l’on ne peut pas se cacher derrière l’ignorance ou le dos de publicistes en caoutchouc qui refusent de publier des textes sur le génocide sans sourciller.

Sakine Madon

publié le 24 octobre 2009

Traduction Guy Marcossian




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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