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Le génocide arménien sur la scène turque
Publié le :

LE MONDE | 14.11.09 | 15h05 • Mis à jour le 14.11.09 | 15h05

Ce n'est qu'une pièce de théâtre. Une sorte de fable poétique explorant les tourments de l'identité arménienne. Sauf que, grâce à elle, pour la première fois, jeudi 12 novembre, dans la ville kurde de Diyarbakir, au sud-est de la Turquie, le génocide de 1915 a trouvé sa place sur une scène du pays.

Le Proverbe turc et le Concert arménien, écrit et interprété par Gérard Torikian et mis en scène par Serge Avédikian, deux artistes français d'origine arménienne, prend pour toile de fond le massacre des Arméniens et leurs relations avec les Turcs. Torikian jongle avec les personnages et les allégories, passe d'un pianiste arménien qui joue la Marche turque à un pacha ottoman qui fait marcher les Arméniens vers la mort.

Il égratigne avec humour, mais sans ménagement, le déni du génocide. "Il faut agir résolument. Il faut éliminer les éléments non turcs de la population (...), déclare froidement l'officier ottoman. Plus tard, nous dirons que rien ne s'est passé. Et celui qui dira le contraire, on le fera taire."

"PRENDRE LA PLACE DE L'AUTRE"

Les détails les plus crus apparaissent à travers l'histoire d'un berger turc qui nie farouchement les sévices infligés à un agneau arménien. Mais, à la fin, deux marionnettes antagonistes ouvrent le dialogue.

"J'ai toujours pensé que le seul moyen de sortir de cette pathologie qui frappe les Arméniens et les Turcs était de prendre la place de l'autre. C'est un désir de dialogue, mais surtout, pour moi, il n'y a pas d'autre moyen d'avancer", explique Torikian. Le public de Diyarbakir, où vivait, avant le génocide, une forte communauté arménienne, a été particulièrement réceptif à la démarche : les Kurdes ont, eux aussi, été les victimes du déni de l'Etat turc. Trois autres représentations seront proposées à Istanbul, lundi 16 et mardi 17.

La pièce a pu être jouée en Turquie grâce à l'engagement d'Osman Kavala - mécène atypique d'Istanbul et fondateur de l'ONG Anadolu Kültür -, qui a ouvert un centre d'art à Diyarbakir et développe des projets culturels en Anatolie. C'est aussi le signe du changement qui secoue la société turque, faisant tomber les tabous historiques. Les deux pays ont signé en octobre des accords diplomatiques prévoyant la réouverture de la frontière commune, fermée depuis 1994. Une brèche est déjà ouverte.

Guillaume Perrier (Diyarbakir, Turquie, envoyé spécial)

Article paru dans l'édition du 15.11.09




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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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