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"Deux peuples proches, deux voisins lointains", d'Hrant Dink : le martyr d'un dialogue futur
Publié le :

Critique

LE MONDE | 09.12.09 | 15h50 • Mis à jour le 09.12.09 | 15h50

Le petit ouvrage posthume d'Hrant Dink, journaliste turc d'origine arménienne, assassiné à Istanbul en janvier 2007, est le manifeste d'un homme d'action qui a laissé son empreinte sur le monde, sur nos esprits : "Qui nous a adoucis à son seul toucher", écrit en préambule Etyen Mahçupyan, qui lui a succédé à la tête du journal turco-arménien Agos.

Ce texte, écrit en 2005, est longtemps resté dans un tiroir. Après la mort de l'intellectuel, qui faisait figure de porte-parole des Arméniens de Turquie, sa publication s'est imposée.

Hrant Dink y livre une analyse sensible de l'état des relations entre Turcs et Arméniens, "deux peuples proches, deux voisins lointains", qu'il cherchait inlassablement à réconcilier. Séparés par le poids de l'histoire, "les Arméniens et leur traumatisme, d'un côté, les Turcs et leur paranoïa, de l'autre, se vivent les uns les autres comme des cas pathologiques", écrit-il.

L'auteur explique dans ce court exposé que "le premier code du cadenas" est la réouverture de la frontière commune entre les deux pays, bouclée par Ankara en 1993. Quatre ans plus tard, son voeu n'est pas loin d'être exaucé : la Turquie et l'Arménie ont lancé, après sa mort, un processus de normalisation diplomatique. Ils pourraient rouvrir la frontière dans les prochains mois, malgré les réticences et les inquiétudes toujours vives de part et d'autre. En attendant, le lourd héritage du génocide des Arméniens d'Anatolie pendant la première guerre mondiale, et la négation de l'Etat turc, continuent d'empoisonner les relations.

Hrant Dink, tué par un jeune fanatique d'extrême droite, aura tout tenté pour "adoucir la paranoïa des Turcs" et atténuer le ressentiment des Arméniens. Ouvrir le dialogue "pour déverrouiller l'histoire" était son mot d'ordre. Pour cela, il était combattu par les nationalistes turcs et parfois mal compris dans la diaspora arménienne. Hrant Dink était l'un des seuls à pouvoir toucher les deux communautés. Arménien de Turquie, il donne ici les clés pour sortir de l'impasse et "mettre le désir à la place de la peur" : le désir de découverte, de la vérité et de la réconciliation des peuples.

Les initiatives en faveur d'une introspection historique qui se multiplient en Turquie, comme la pétition lancée pour demander pardon aux Arméniens, signée par 30 000 personnes, ou la conférence sur les massacres d'Adana, commis en 1909, se sont engouffrées dans la voie qu'il a tracée.

DEUX PEUPLES PROCHES, DEUX VOISINS LOINTAINS d'Hrant Dink. Actes Sud, 200 p., 19 €.

Guillaume Perrier
Article paru dans l'édition du 10.12.09




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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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