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Les rêveries stambouliotes de Loti
Publié le :

Pierre LOTI
Extrait de La mort de notre chère France en Orient, Paris, Calmann-Lévy, 1920. Ce passage a été censuré dans la brochure du même auteur Les massacres d'Arménie, 1918
(Pour de plus larges extraits,cf Revue d'histoire de la Shoah n° 177-178, « Ailleurs, hier, autrement : connaissance et reconnaissance du génocide des Arméniens », 2003. p. 370-372)

« En ce qui me concerne, je suis mal tombé peut-être, mais je puis attester qu'à de rares exceptions près, je n'ai rencontré chez eux [les Arméniens] que lâcheté morale, lâchage, vilains procédés et fourberie. Et comme je comprends que leur duplicité et leur astuce répugne aux Turcs, qui sont en affaires la droiture même ! Leurs pires ennemis sont les premiers à le reconnaître. J'oserais presque dire que les Arméniens sont en Turquie comme des vers rongeurs dans un fruit, drainant à eux tout l'or, par n'importe quel moyen, par l'usure surtout, comme naguère les Juifs en Russie »

Commentaire Collectif VAN : gageons que cet extrait n'est pas au menu de l'exposition "Fantômes d'Orient" qui lui est consacrée au Musée de la Vie romantique à Paris jusqu'au 3 décembre.

Par Mathilde LA BARDONNIE
QUOTIDIEN : Vendredi 25 août 2006 - 06:00
Pierre Loti , fantômes d'Orient Musée de la Vie romantique, 16, rue Chaptal, 75009 Paris. Jusqu'au 3 décembre. 01 55 31 95 67.

Littérature. Une exposition au musée de la Vie romantique à Paris sur l'écrivain-voyageur.

L'Algérie peinte par Delacroix, une Jérusalem tranquillement aquarellée par Jean-Léon Gérôme, et surtout Constantinople: autant de paradis perdus que l'on retrouvera dans l'exposition «Pierre Loti, fantômes d'Orient», un voyage vers l'Est et le Maghreb conçu par Solange Thierry et Jérôme Godeau. C'est une belle rêverie, aussi, proposée dans quelques salles de l'idoine musée de la Vie romantique. Un bout de chemin un rien mystique dont les jalons s'accordent à la devise que l'auteur s'était choisie : «Mon mal j'enchante.»

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Journal intime à plusieurs mains
Ce furent les suivantes de Pomare IV, reine de Tahiti, qui donnèrent au jeune enseigne de vaisseau Julien Viaud le nom de Loti, celui d'une fleur rose proche du laurier. Le jeune homme de 22 ans frais émoulu de l'Ecole navale arrivait de l'île de Pâques. Et consacrerait à celle-ci un article ponctué de ses propres dessins qui allait paraître dans l'Illustration .

Ainsi débuta la carrière d'un écrivain qu'André Suares eut raison de voir comme «née sous le signe de l'adieu». Car si son frère, aîné de douze ans, n'avait pas quitté leur ville natale de Rochefort pour exercer en Polynésie la profession de chirurgien, et si ce tant aimé n'était pas mort en mer, le petit Julien Viaud ne serait peut-être pas devenu Pierre Loti (1850-1923), ce «pèlerin de la planète» qui fascina Sarah Bernardht et séduisit Ernest Renan, Anatole France ou autres Daudet, Goncourt et Dumas fils.

Salon turc. C'est en 1876-1877 que Loti séjourne pour la première fois à Constantinople où le captive une femme qui devient l'héroïne de son premier roman, Aziyadé . Il repart pour l'Algérie, puis bientôt le Tonkin, mais déjà il a aménagé un salon turc dans la maison de Rochefort, où il installera aussi, plus tard, une chambre arabe, puis une pagode japonaise et une salle chinoise, sans parler de sa fameuse mosquée en annexe et de l'ostensible salle à manger Renaissance. Loti aimait à se déguiser en Arabe. En témoignent les autochromes du photographe J.G. Courtellemont.

Au musée de la Vie romantique, on découvre un grand piano, un bureau à cylindre et une reconstitution partielle de la bibliothèque de l'écrivain pétri de la Bible comme de Jaurès. Les rayonnages sont encombrés de bibelots saugrenus et de coquillages, Loti adorait les bricoles souvenirs.

«Bleu crépusculaire». Plus loin, on admirera des objets ou ustensiles d'art islamique. Mais ce sont surtout les tableaux et les dessins qui ressuscitent ce «grand mouvement de la vie orientale» que Loti ne cessa d'observer, ému, voire exalté, à Constantinople surtout. Dans cette magique Stamboul où il retourna à maintes reprises : une ville suspendue «se détachant sur le bleu crépusculaire du Bosphore et de l'Asie», avec ses minarets «aussi aigus que des lances», ses dômes et ses dômes. Ville mirage aux mosquées peintes bleutées par le Russe Ivan Aivazovsky, par Félix Ziem ou encore par Lucien Lévy-Dhurmer, qui fit le portrait d'un Loti songeur avec sa moustache d'époque posant devant la capitale turque.

Puis vient Eugène Fromentin, qui peint avec passion le Nil et toute l'Egypte, tandis que Léon Cogniet fait le portrait de jeunes Arabes et Alexandre Lauwick celui de beautés juives d'Alger, rivalisant sans les égaler avec les lianes de Delacroix. Quelques-uns des dessins de Loti lui-même figurent ici et là : minutieux, amoureux, faisant un peu penser aux gravures de l'Ecossais David Roberts. L'un de ceux-ci fixe l'instant d'une éclipse de lune sur le Bosphore en 1877; une légende précise qu'une superstition turque veut que l'on tire au fusil vers l'astre pour éliminer le dragon qui l'agresse.

Les rêveries stambouliotes de Loti

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Journal intime à plusieurs mains

Publication du premier volume de cette matrice de l'oeuvre de Loti.

Jamais publié dans son intégralité, le journal intime de Pierre Loti a connu la même fortune que son auteur, tombant dans les limbes littéraires une fois le rêve colonial évaporé. Il faut attendre les années 1970 et Roland Barthes pour que les écrivains voyageurs dans le sillage de Fromentin remontent à la surface. Un retour en grâce partiel.

Ce premier volume du Journal, pour l'essentiel inédit, rend compte de ces années-charnières de 1868 à 1878 où Loti n'est encore que Julien Viaud, aspirant de marine. L'édition de Cette éternelle nostalgie (La Table Ronde) en 1997 ne levait qu'à demi le voile sur l'écrivain en devenir.

Ce désintérêt dissimule le souci scrupuleux que Loti a mis à le réécrire à quatre, voire six mains. En 1919, quatre ans avant sa mort, son fils Samuel joue avec lui les exégètes du texte, puis, post mortem, sa belle-fille poursuit cette reconstruction littéraire. C'est que Loti a puisé dans son existence pour nourrir son oeuvre, rendant «sa vie publique et publiable».

On a souvent voulu y voir un désir de cacher ses amitiés masculines avec Joseph Bernard et Pierre Le Cor au profit de pages versant dans une hétérosexualité franche. «Soyons clairs, assurent Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier, les éditeurs, on n'y trouvera pas de potins sulfureux.»

Reste le plaisir de cette matrice secrète. De retour sur la terre ferme en 1877, Viaud lit à ses amis des passages de ses escapades stambouliotes de 1876. Enthousiasme général. Calmann-Lévy les publie : c'est Aziyadé . Les pages de son journal sont ainsi la matière de ses livres suivants, parfois à peine modifiée. Le Sénégal, découvert en 1873, et Tahiti, en 1872, sont recyclés dans le Roman d'un spahi et le Mariage de Loti . Mais, derrière la maussaderie exotique, chaque escale noue les fils d'une biographie d'écorché vif. Les îles du Levant le hantent depuis son adolescence. Son frère aîné Gustave, chirurgien de marine, mort alors que Viaud n'a que quinze ans, lui en parlait avec exaltation. Lui donnant, au passage, le virus de l'ailleurs.

Au Sénégal, une passion amoureuse avec une Genevoise se solde par un désastre affectif : Loti ne connaîtra jamais son fils naturel. Autant de plaies sur une oeuvre ouatant les déchirures sentimentales au gré des pérégrinations de l'écrivain. Le Journal permet maintenant d'enlever les bandages.

Journal intime à plusieurs mains

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Les fantômes de l’orient

Le 10/08/2006 à 5 h 00 - par Skander Houidi

Le musée de la vie romantique, à Paris, accueille une exposition de peintures illustrant les récits et les voyages de l’écrivain Pierre Loti.

Dans le jardin parsemé de roses et de fleurs d’hibiscus, des passereaux virevoltent et roucoulent dans les buissons… quoi de plus normal que ce spectacle langoureux dans l’enceinte d’un lieu au nom prédestiné : le musée de la vie romantique. Situé dans le quartier de la Nouvelle-Athènes, à Paris (9e ard.), il accueille jusqu’au 3 décembre l’exposition : « Pierre Loti, Fantômes d’orient ».

Voyageur infatigable – il était officier de Marine –, Pierre Loti (1850-1923) tirera de ses pérégrinations aux quatre coins du monde des écrits teintés d’exotisme naïf, diront certains, d’un style à l’épure stupéfiante formuleront d’autres, qui retiendront l’attention du public, notamment lors de la publication de Pêcheur d’Islande, en 1886. Mais ce sont les sirènes de l’Orient qu’il poursuivra avec le plus de délectation et d’obsession, et leur escale obligée : Istanbul. Il y séjournera à plusieurs reprises et jettera sur le papier l’histoire de sa rencontre amoureuse avec une jeune circassienne dénommée Aziyadé, dans le roman éponyme. Une passion turque qui lui fera prendre fait et cause contre le démembrement de l’Empire ottoman en 1918, et décorer sa demeure du pays rochefortais aux couleurs et aux contours de l’Orient.

L’exposition nous donne à admirer des œuvres ornées des citations de l’écrivain, en rapport avec ses flâneries orientales : le « couvent Sainte-Catherine du Mont Sinaï » (Adrien Dauzats), qui surgit au détour d’un chemin escarpé, emprunté en son temps par Loti ; un « Café maure d’Alger » (Germain-Fabius Brest), où suinte d’entre les platanes la douce lumière de l’Algérois ; « Constantinople, la mosquée de Tophane » (Yvan Aivazovski, 1884), où « la ville spectrale que [Loti] (a) vue dans (ses) nuits » surgit derrière la brume du crépuscule ; et l’« Algérienne et son esclave » (Ange Tissier, 1895), motif répétitif et condescendant de la peinture orientaliste, avec cette odalisque mélancolique, sublime brune aux yeux verts, le teint nacré et le corsage à peine dégrafé, tenant le bec d’un narguilé dans la main… Sans oublier quelques esquisses de Delacroix et autres toiles de Fromentin.

Si l’exposition ne vous a pas convaincu, vous pourrez toujours vous en retourner côté jardin en dégustant, à l’ombre des résineux, un thé de Chine ou un karkadé exhalant les senteurs du Nil.

Musée de la vie romantique (Ouvert tous les jours, sauf le Lundi, de 10h à 18h)

16, rue Chaptal, 75009 Paris – M° Saint-Georges

01 55 31 95 67

Les fantômes de l’orient



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