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«L’interdiction du DTP prépare un conflit entre Turcs et Kurdes»
Publié le :

Monde 17/12/2009 à 00h00

Interview

La Turquie a dissous, vendredi dernier, le principal parti prokurde du pays, déclenchant six jours de violences. Ahmet Türk, coprésident du DTP, revient sur cette crise :

Par RAGIP DURAN (à Istanbul)

Le gouvernement turc a lancé hier un nouvel appel au calme après six jours de violences suite à l’interdiction, par la Cour constitutionnelle, de la principale formation prokurde du pays, le DTP (Parti pour une société démocratique), accusée d’être la vitrine politique du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), la guérilla kurde. Coprésident du parti, Ahmet Türk, 67 ans, désormais banni de la vie politique pour cinq ans comme 37 autres cadres du DTP, revient sur ces événements.

Craignez-vous que les violences dégénèrent en affrontements ethniques ?

Le principal responsable de ces désordres est le gouvernement car il n’est pas capable d’en comprendre le sens profond. Les dirigeants qualifient ces protestations de terrorisme ou de soutien au terrorisme sans regarder plus avant. Les Kurdes protestent contre les conditions de détention d’Abdullah Öcalan [le leader historique du PKK, condamné à la prison à vie, ndlr] et contre l’interdiction de notre parti.

Là où le DTP est présent, il s’efforce d’empêcher les actes violents. Mais la police et la gendarmerie ferment les yeux sur les attaques armées des nationalistes turcs contre notre parti et contre les Kurdes. Il y a même des gens qui applaudissent ces attaques. Ce sont des provocations pour préparer le terrain à un conflit violent entre Turcs et Kurdes.

Les onze juges de la Cour constitutionnelle étaient unanimes à décider l’interdiction de votre parti. Qu’en pensez-vous ?

Ce résultat est accablant. Comment est-il possible qu’il n’y ait pas eu d’opinion différente ? Ce jugement est contre la démocratie et le droit.

L’AKP, le parti islamiste du Premier ministre Erdogan, critique la décision des juges. Pourquoi ?

Quand, il y a deux ans, l’AKP était jugé devant la Cour constitutionnelle [accusé d’être un foyer d’activités antilaïques], il avait fait beaucoup de bruit. Il avait dit qu’il fallait amender la Constitution et réduire les compétences de la Cour constitutionnelle. Il avait demandé une modification de la loi sur les partis pour rendre plus difficile leur interdiction. Mais, une fois sauvé, l’AKP a oublié et n’a rien fait. L’absence de sincérité de l’AKP est patente.

Pourquoi l’initiative gouvernementale pour une solution démocratique du problème kurde a-t-elle échoué ?

Au départ, nous avions beaucoup d’espoir, même si l’expérience passée avec les différents gouvernements nous incitait à être méfiants. Le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, qui refusait même de nous serrer la main sous prétexte que nous ne condamnons pas les actes violents du PKK - alors que nous avons toujours déclaré notre opposition à la violence - nous avait reçus au début du processus. Mais rien n’a suivi. On ne peut résoudre politiquement la question kurde sans le parti représentant les Kurdes au Parlement. On voit aujourd’hui que l’AKP n’avait ni programme ni stratégie pour l’ouverture.

Que va faire le DTP maintenant ?

Notre parti est le cinquième représentant les Kurdes interdit en vingt ans. Après deux jours de débat, nous avons décidé de quitter le Parlement, mais nous n’abandonnons pas la lutte démocratique. Cette Chambre ne nous supporte plus. A quoi bon continuer avec nos 19 députés.

Même si le Parlement, où lÂ’AKP a la majorité, refuse nos démissions, nous nÂ’y retournerons plus. Moi-même et une autre députée [Aysel Tuğluk, porte-parole, avec Türk, de lÂ’aile modéré du DTP] sommes interdits dÂ’activité politique pour cinq ans. Un nouveau parti kurde, le BDP [Parti de paix et de démocratie], monte sur le devant de la scène. Désormais, cÂ’est à eux de mener la nouvelle politique kurde.

L’Union européenne a condamné l’interdiction du DTP mais aussi regretté qu’il «n’ait pas su prendre ses distances avec le PKK»…

Nous voulons la démocratie, exactement comme l’UE. Nous désirons une nouvelle République de Turquie, plus ouverte et démocratique Mais la majorité des dirigeants de notre pays ont encore une mentalité des années 30-40. Pour la démocratie en Turquie et au Moyen-Orient, l’UE doit soutenir les efforts en faveur de la liberté et du droit des peuples de la région. Normalement, ce sont les dynamiques internes qui peuvent transformer un pays.

Mais quand elles sont insuffisantes, l’UE doit entrer en lice. Le DTP n’est pas la vitrine politique du PKK. Si nous l’étions, nous pourrions d’ailleurs être plus efficaces pour arrêter le bain de sang. Mais, en même temps, nous avons toujours dit qu’il faut prendre en considération le PKK et son président, Öcalan, pour résoudre le problème kurde.





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Source/Lien : Libération



   
 
   
 
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