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Les députés kurdes restent au parlement turc et le BDP succède au DTP
Publié le :

dimanche 20 décembre 2009

Les députés kurdes du DTP dissous par la Cour constitutionnelle, il y a une semaine, ont finalement décidé de ne pas démissionner de leurs mandats, comme ils l’avaient annoncé dans un premier temps.

Le 18 décembre 2009, dans une conférence de presse, Ahmet Türk, le leader du parti, a rendu publique cette décision, en intronisant aussi le BDP (Barış ve Demokrasi Partisi - Parti pour la paix et la démocratie), comme successeur officiel du DTP, par la déclaration suivante : «Le parti du travail du peuple (HEP- Halkın Emek Partisi), le parti de la démocratie (DEP - Demokrasi Partisi), le Parti de la liberté et de la démocratie (ÖZDEP – Özgürlük ve Demokrasi Partisi), le Parti de la démocratie du peuple (HADEP - Halkın Demokrasi Partisi), le parti démocratique du peuple (DEHAP - Demokratik Halk Partisi) et le Parti pour une société démocratique (DTP - Demokratik Toplum Partisi) ont été successivement dissous, mais notre foi dans la démocratie reste intacte.

Le 7ème parti d’un mouvement, dont 6 partis ont été interdits, sera le BDP. Nous allons continuer notre cheminement de force politique, ce qui servira la conscience turque.» Ahmet Türk a aussi expliqué que l’origine de ce revirement résidait dans un appel du leader du PKK, Abdullah Öcalan, qui a demandé aux parlementaires kurdes de continuer leur lutte au parlement.

Ce maintien des parlementaires kurdes a été accueilli avec soulagement par beaucoup d’observateurs qui affichaient un pessimisme de rigueur, après les violences et les manifestations, qui avaient précédé et suivi la dissolution du DTP. Ces événements, en effet, semblaient indiquer une radicalisation de la mouvance kurde, laissant peu de place à l’action politique traditionnelle.

Le maintien d’une force politique kurde au parlement et la consécration de la succession du DTP par le BDP permettent en fait de conserver l’espoir qu’une solution politique à la question kurde est toujours à l’ordre du jour, et que l’ouverture démocratique lancée, au cours des 6 derniers mois, par le gouvernement n’est pas définitivement enterrée.

La décision des parlementaires kurdes a d’ailleurs été saluée par l’AKP, qui leur avaient demandé de ne pas démissionner, alors même que les partis d’opposition nationaliste (MHP) et kémaliste (CHP) avaient annoncé qu’ils avaliseraient sans états d’âme leur départ de la Grande Assemblée Nationale.

Le leader du groupe parlementaire du DTP, Selahattin Demirtaş, a annoncé que cette décision de rester au parlement découlait dÂ’une demande insistante de lÂ’assemblée du parti dissout. Pourtant, le fait quÂ’Ahmet Türk nÂ’ait pas hésité à justifier cette même décision par une intervention du leader PKK, en personne, donne une tout autre portée à l’événement.

Car, par cette révélation, Ahmet Türk a, en un sens, officialisé les liens existant entre le DTP devenu BDP et le PKK, sans que personne ne s’en offusque. Cette démarche du leader de l’ex-DTP permet de dégager des enseignements importants, quant à la tournure prise par la question kurde au cours des dernières semaines.

Alors qu’il avait semblé menacé de marginalisation, lors du lancement de l’initiative kurde en juillet dernier, au moment même où sa guérilla paraissait sur le déclin, le PKK s’est replacé au coeur des événements qui se sont déroulés, depuis le début du mois de septembre. L’organisation rebelle a été très largement derrière le durcissement du discours du DTP vis-à-vis de l’ouverture démocratique du gouvernement.

Après la présentation du projet gouvernemental devant le parlement, au mois de novembre, le DTP a continué à refuser de se démarquer du PKK, en expliquant que l’organisation rebelle devait au contraire être intégrée à ce processus. Ainsi, alors même qu’elle était menacée de dissolution, la formation parlementaire kurde n’a pas hésité à soutenir les manifestations protestant contre la dégradation des conditions de détention d’Abdullah Öcalan, bien que cette dégradation se soit avérée de jour en jour un prétexte plus qu’une réalité.

Par la suite, avec l’attentat de Tokat et les violences qui ont marqué les manifestations provoquées par la dissolution de la formation d’Ahmet Türk, le PKK a montré qu’en dépit de son déclin, il pouvait toujours manier le feu et même inaugurer une nouvelle forme d’activisme urbain. Aujourd’hui, en un sens, c’est le PKK, qui en demandant aux députés kurdes de se maintenir au parlement, décide de ramener la cause kurde sur un terrain politique…

Au fond, en énumérant vendredi la liste des partis kurdes dissout et en annonçant que le PKK était à l’origine de la décision des parlementaires de DTP de conserver leur mandat, Ahmet Türk a confirmé que la lutte des Kurdes sur le terrain politique se poursuit, mais aussi que le PKK en est plus que jamais l’un des acteurs incontournables.

Le fait qu’une telle déclaration soit aujourd’hui possible et qu’elle n’ait pas provoqué de remous montre ce qui a changé en dépit des conflits et des violences des dernières semaines : le PKK en un sens a acquis une position d’acteur semi-officiel dans le système.

JM




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Source/Lien : OVIPOT



   
 
   
 
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