L'OSCE dénonce la censure de médias et du net en Turquie
Publié le : 08-02-2010
Le Collectif VAN relaye ici les articles du journal franco-turc Zaman (équivalent du Today's Zaman en langue anglaise, diffusé en Turquie). Attention : ces articles ne sont pas commentés de notre part. Il s'agit pour l'essentiel de traductions des versions turque et anglaise du Zaman, journal proche du parti au pouvoir (AKP).
Un haut responsable de la plus grande organisation intergouvernementale sur la question des libertés des médias a reproché à la Turquie d'avoir imposé des restrictions sur l'accès à certains sites internet. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a également critiqué les méthodes d'accréditation des médias dans le but d'interdire aux journalistes d'assister à des conférences de presse.
Le représentant des médias à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Miklos Haraszti, a déclaré à Today's Zaman, à Strasbourg, que la Turquie doit se réformer ou abolir la loi 5651, communément appelée la loi sur Internet, qui restreint l'accès à des sites web populaires, affectant notamment le partage de vidéos sur YouTube.
Haraszti ajoute que les modifications apportées au célèbre article 301 du Code pénal turc (TCK), qui qualifie de crime les atteintes à la nation turque dans les médias, sont insuffisantes et que le gouvernement devrait tout simplement se débarrasser de cette loi.
« Elle met la Turquie en mauvaise compagnie avec des pays comme l'Iran et la Chine, bien que la Turquie est fondamentalement un pays libre », déclare Haraszti, en soulignant que la Turquie devrait réformer ou abolir la loi sur Internet dans sa forme actuelle. Il rappelle que la pratique de cette loi n'est tout simplement pas en conformité avec les engagements de l'OSCE et d'autres normes internationales sur la liberté d'expression. « Le gouvernement devrait avoir les outils nécessaires pour poursuivre les sites illégitimes et punir ceux qui violent les lois. Mais, il ne devrait pas bloquer l'accès à l'ensemble des sites Web. Cela ne résout pas les problèmes » a-t-il remarqué.
L'article 301 doit être réformé
L'OSCE a récemment publié un rapport sur les restrictions sur internet en Turquie, dans lequel elle critique les pratiques actuelles. « Actuellement, 3 700 sites internet sont bloqués en Turquie, y compris YouTube, GeoCities et des sites de Google. Même si une partie du contenu qui est jugé ‘mauvais’, tels que la pornographie impliquant des enfants, doit être sanctionnée, la loi est incapable d'atteindre cet objectif.
Au lieu de cela, en bloquant totalement l'accès aux sites, on paralyse l'accès à de nombreux réseaux sociaux et plateformes de partage », a déclaré Haraszti, en annonçant le rapport. En ce qui concerne la version modifiée de l'article 301, Haraszti a souligné que le gouvernement n'avait pas assez fait dans la réforme de la loi. « Au fond ce n'était pas une réforme.
La prise de décision a été déplacée de l'appareil judiciaire à l'échelon politique. Le représentant des médias à l'OSCE a fait savoir que ce n'était pas une solution. « La loi est toujours là. Le gouvernement ne peut dicter des solutions pour chaque loi. Pour l'instant, le gouvernement a assumé la responsabilité politique, et il tient bon mais ça ne peut pas durer éternellement comme cela », a-t-il souligné, demandant la suppression complète de l'article en question. Haraszti s'est dit, en outre, préoccupé par l'utilisation de l'accréditation des médias comme outil de censure contre ces derniers.
« Évidemment, nous avons des inquiétudes sur ces questions et nous les avons noté dans nos rapports », dit-il. Le groupe de médias Zaman, qui publie également Today's Zaman, n'avait par exemple pas été autorisé à couvrir les conférences de presse du chef d'état-major parce que l'accréditation du groupe n'avait pas été prolongée par l'armée.
04 February 2010, Thursday
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Source/Lien : ZamanFrance
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