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Radovan Karadzic engage un bras de fer avec plusieurs Etats
Publié le :

Pays-Bas / Justice internationale -
Article publié le : lundi 15 février 2010 - Dernière modification le : lundi 15 février 2010

En procès pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre devant le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a engagé un bras de fer politico-judiciaire avec une trentaine d’Etats. Ce lundi 15 février 2010, cinq d’entre eux dont la France, étaient appelés par les juges du tribunal pour s’expliquer sur les problèmes de coopération.

De notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

Depuis son arrestation fin juillet 2008, Radovan Karadzic a engagé un bras de fer contre une trentaine d’Etats. Comme le lui permet la procédure, l’ex-chef des Serbes de Bosnie demande à ces derniers de lui remettre des pièces et de lui permettre d’interroger des témoins. La majorité d’entre eux rechignent à s’exécuter, évoquant le secret-défense, l’imprécision des demandes de l’accusé, ou demandant du temps pour plonger dans leurs archives.

Ce lundi 15 février 2010, la France, la Bosnie, la Croatie, l’Iran et l’Allemagne ont été appelés à la cour par les juges, pour s’expliquer sur leurs défauts à coopérer. « On accuse monsieur Karadzic de génocide et nous ne comprenons pas pourquoi, dans ce cadre, nous devrions fournir des documents » regrette dans le prétoire l’ambassadeur d’Allemagne, Thomas Läufer, selon lequel « ce procès va devenir un forum politique ».

Radovan Karadzic demande des informations sur un agent des services de renseignement allemand, qui selon lui, se serait infiltré au sein de la Force de protection des Nations unies (Forpronu). Las, après les questions des juges et les accusations de Radovan Karadzic, le diplomate explique que l’Allemagne n’aime pas le « comportement » de l’accusé et n’a dès lors « pas envie de répondre à ses demandes ».

Une défense sur deux fronts

Accusé de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en Bosnie-Herzégovine entre 1992 et 1995, l’ex-chef des Serbes de Bosnie affirme que ses forces luttaient contre l’établissement « d’un Etat islamique au cœur de l’Europe ». C’est la trame politique de sa défense. Dans ses aspects juridiques, les demandes de Karadzic, mises en œuvre par Peter Robinson, un avocat américain minutieux et endurant, semblent justifiées : elles répondent aux accusations du procureur.

Ainsi, sur le fond du dossier, Radovan Karadzic espère démontrer qu’à Srebrenica – où près de 7 000 hommes musulmans ont été assassinés en quelques jours - les Serbes luttaient contre des combattants bosniaques, que les personnels de l’Onu et de l’Otan pris en otage en 1995 étaient des combattants et que des membres de la Forpronu ont favorisé le trafic d’armes – en provenance de l’Iran notamment – en faveur de la Bosnie et en violation de l’embargo voté en 1992. Objectif de la manoeuvre : s'assurer que certains des témoins que le procureur doit appeler à partir du 1er mars prochain, date de démarrage du procès, ne puissent être crédibles.

Karadzic demande des informations à Paris

Pour la France, les demandes de l’accusé sont « nombreuses, insistantes et exorbitantes ». A ce jour, l’accusé s’est vu remettre un seul document, portant sur une réunion qui rassemblait à Key West, en mars 1995, les ministres de la Défense français, allemand, américain et britannique, et au cours de laquelle ont été évoquées les livraisons d’armes à la Bosnie.

Radovan Karadzic demande aussi à Paris de lui fournir toutes informations sur la présence d’agents de renseignement français en Bosnie. Une demande catégoriquement rejetée par le représentant français. « Il ne nous appartient pas de transmettre à l’accusé et au tribunal des documents qui portent sur la façon dont sont organisés les services français », explique Jean-Luc Florent, directeur adjoint des Affaires juridiques au Quai d’Orsay.

Enfin, Karadzic demande des documents qui ne sont pas la propriété de la France, estime le diplomate, comme un rapport du général Bertrand de Lapresle adressé au représentant des Nations unies en Bosnie, Yasushi Akashi. « C’est un rapport fait, certes, par un général français, mais qui était au service de la Forpronu. Il n’y a donc aucune raison de le demander à la France. Nous considérons que Monsieur Karadzic s’est trompé de destinataire. Je ne sais pas à quel titre la France serait en possession de documents internes aux Nations unies. »

Intervenant après la France, l’Iran ne s’embarrasse pas outre mesure et estime, comme l’Allemagne, que les demandes de Karadzic sont sans fondement. De son côté, la Croatie, accusée d’avoir accepté la livraison d’armes via Zagreb, réclame encore du temps.

Jeu de dupes

Seule la Bosnie ne s’est pas présentée à l’audience, invoquant des difficultés logistiques. Dans un document transmis au tribunal, ses représentants affirment notamment ne pas avoir eu le temps d’obtenir des visas pour entrer aux Pays-Bas. Un pied de nez, alors que la Serbie s’est vue récemment accorder l’accès à l’espace Schengen, au motif d’une bonne coopération avec le tribunal pour l’ex-Yougoslavie, alors que le général Ratko Mladic, chargé de mettre en œuvre militairement la politique d’épuration ethnique élaborée par Radovan Karadzic, n’a toujours pas été livré au tribunal.

Au terme de l’audience, Radovan Karadzic, à mots couverts, a accusé les Etats de mentir, en demandant aux juges qu’ils témoignent sous serment. Dans ce bras de fer – qui tourne souvent au jeu de dupes - Radovan Karadzic a, au cours de l’audience, été épinglé par le procureur qui affirme avoir déjà livré à l’accusé une partie des multiples pièces demandées aux Etats. Le président de la chambre, le juge O’ Gon Kwon, a prévenu l’accusé : « C’est un procès, ce n’est pas l’occasion, pour vous, de faire le livre blanc de ce qu’il s’est passé ».





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Source/Lien : RFI



   
 
   
 
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