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Une romancière turque en procès
Publié le :

Laure Marchand . Publié le 21 septembre 2006Actualisé le 21 septembre 2006 : 08h07

Un personnage du dernier roman d'Elif Shafak évoque les «bouchers turcs de 1915». Elle comparaîtra aujourd'hui devant un tribunal d'Istanbul pour insulte à l'identité nationale.

ELIF SHAFAK est la dernière victime de l'article 301 du code pénal, sorte d'attrape-tout juridique qui permet de traîner les intellectuels devant les tribunaux. La romancière de 35 ans comparaît aujourd'hui devant le tribunal de Beyoglu à Istanbul pour «insulte à l'identité nationale turque». Le procès de l'icône des libéraux turcs, cible des nationalistes, sera surveillé de près par la Commission européenne qui réclame des progrès sur la liberté d'expression en Turquie et l'abolition des articles liberticides.

Cette fois-ci, c'est un personnage du dernier livre d'Elif Shafak qui vaut à son auteur d'être poursuivie en justice. «Baba ve Piç», «Le Père et le Bâtard», raconte les destinées de familles turques d'Istanbul et arméniennes rescapées du génocide durant la Première Guerre mondiale et immigrées à San Francisco. L'un des protagonistes évoque «les bouchers turcs de 1915» en référence à ces massacres.

«L'Union des juristes», spécialiste de la chasse judiciaire aux intellectuels, se trouve à l'origine de la plainte. Pour l'ouverture du procès, ce groupe d'avocats nationalistes engage tous les «patriotes» à remplir «leur devoir national» en manifestant dans l'enceinte du tribunal : «Le temps est venu de dire stop aux ennemis de la Turquie», ont-ils lancé dans un appel à leurs militants, rapporte le quotidien libéral Radikal. Élevée par une mère diplomate, cette féministe défend, à travers, ses chroniques dans les quotidiens turcs une Turquie plurielle, qui accorderait une place aux femmes et à ses minorités ethniques, se livrerait à un examen apaisé de son passé.

Des affaires ubuesques

Orhan Pamuk, l'écrivain à succès, ou Hrant Dink, le directeur de Agos, hebdomadaire en turc et en arménien, sont les bêtes noires les plus célèbres de cette «Union des juristes». Mais depuis l'entrée en vigueur du nouveau code pénal, en 2005, plus de quarante éditeurs, journalistes ou syndicalistes sont également poursuivis au nom de l'article 301. Dans des affaires parfois ubuesques. Ainsi, un procureur a fait comparaître l'éditeur turc du roman grec «Les Sorcières de Smyrne», qui raconte la vie des Grecs dans l'actuelle Izmir à la fin de l'Empire ottoman. Le magistrat avait trouvé insultant des descriptions sur la saleté des quartiers turcs et les remarques sur l'hygiène buccale de ses compatriotes de l'époque. L'éditeur a été acquitté fin juillet.

Les demandes répétées de l'Union européenne, des ONG et de la Tüsiad, l'équivalent turc de l'organisation patronale du Medef, pour la suppression de l'article 301 n'ont donné aucun résultat. «Selon Cemil Ciçek, le ministre de la Justice, on ne peut pas changer la loi comme on change de cravate et il faut d'abord attendre d'avoir une vision générale de l'application de cet article, explique Erol Önderoglu, de l'agence de presse indépendante BIA attentive aux dossiers des droits de l'homme. C'est très décevant, car de toute évidence les magistrats ne l'utilisent pas correctement et en font une interprétation politique.»



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Source/Lien : Le Figaro



   
 
   
 
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