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Conférence Arménie-Diaspora III
Publié le :

Regard d’une jeune arménienne de Erevan sur la 3ème conférence Arménie/Diaspora

Lilith Stépanian, représentante du Collectif VAN en Arménie, nous a fait parvenir le compte-rendu de ces 3 journées

La troisième conférence Arménie-Diaspora organisée par le ministère des Affaires étrangères s’est déroulée en Arménie du 18 au 20 septembre 2006. L’idée de départ (créer la possibilité pour les Arméniens d’Arménie et de Diaspora de se rencontrer et de discuter de problèmes autour de tables rondes), idée qui était l’un des buts de ce colloque, n’a pas vraiment abouti du fait du manque de participants. Indifférence, manque d’intérêt ou occupation par ailleurs ? On ne sait à quoi l’on doit attribuer cet absentéisme.
Les habitants d’Arménie étaient-il seulement au courant de ce qui se passait dans leur propre pays pendant ces quelques jours ? Les villageois savaient-ils que les personnes reunies dans la salle du Complexe de sport et de concert Demirchian, discutaient des problèmes de leurs villages ?

I ère journée

La première session plénière a démarré le 18 septembre avec la cérémonie d’ouverture : le Ministre arménien des Affaires étrangères, Vartan Oskanian a pris la parole pour présenter la conférence, ses buts, ses principes ainsi que les participants, et les délégués représentant la Diaspora arménienne. Après son discours, l’hymne national a résonné dans tout le complexe, suivi de la bénédiction officielle de S. S. Garéguin II.
Les intervenants ont ensuite pris la parole et ont souligné l’idée que l’on s’était réuni pour discuter tous ensemble des défis du XXIème siècle afin d’aboutir à une conclusion favorable.
Ainsi que l’a noté S. S. Aram I : “ Notre patrie doit être construite sur une base solide, et c’est à nous de nous occuper de cette construction car nous sommes ses architectes”.

Voici la (longue !) liste des intervenants :

-Robert Kotcharian, Président de la République d’Arménie
-S. S. Gareguin II, Patriarche de tous les Arméniens
-S. S. Aram I, Patriarche de la Grande Maison de Cilicie
-Arkady Ghoukassian, Président du Haut-Karabakh
-L’église catholique arménienne
-L’église évangélique arménienne
-Fonds Arménien
-Parti Social-Démocrate Henchakian
-Fédération Révolutionnaire Arménienne
-Parti Libéral Démocratique Arménien
-Congrès Mondial Arménien
-Comité National Arménien d’Amérique
-Assemblée Arménienne d’Amérique
-Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et de la Démocratie
-Union Générale Arménienne de Bienfaisance
-Union d’Aide Arménienne
-Association Culturelle Tekeyan
-Fonds Uni Arménien
-Birthright Armenia
-Institut Zoryan
-Arménie 2020

Les participants ont eu le plaisir d’assister à la projection de deux films (d’une durée de 2 minutes) qui représentaient l’Arménie, sa capitale Erévan, ses régions et ses curiosités. Ces films seront diffusés sur CNN dans quelques jours.
C’est une bonne idée : grâce à ces films, l’Arménie va être connue dans le monde entier, et cela va contribuer au développement du tourisme également.

Le groupe des délégués, des invités et des organisateurs s’est ensuite rendu au Tsitsernakaberd pour déposer des couronnes de fleurs au Mémorial du Génocide Arménien.

La seconde partie de cette première journée était intitulée : “Programme d’éradication de la pauvreté rurale” et a été inaugurée par Andranik Markarian, Premier Ministre d’Arménie.

Elle comprenait les 4 points suivants:
-présentation du Programme d’éradication de la pauvreté rurale
-interventions des sponsors et des partenaires
-discussions et débats
-adoption des décisions

Il est évident que la pauvreté rurale existe en Arménie et qu’il faut entreprendre des travaux, créer des projets pouvant aider à aplanir les différences qui existent entre la capitale et les régions d’Arménie. Et bien sûr, les investissements ont leur rôle à jouer dans la résolution de ces problèmes.

Cette conférence était une belle occasion pour les organisateurs, puisque le thème choisi était la pauvreté rurale, de parler des problèmes, des difficultés qui existent dans les villages arméniens. Mais malheureusement, ils n’ont pas profité de ce colloque pour le faire. Ils auraient pu tourner un film destiné à aider les sponsors à avoir les idées plus claires sur cette pauvreté et à mieux choisir le domaine où ils veulent faire des investissements. Ca donnait l’impression qu’il s’agissait d’un appel adressé aux associations, aux individus afin qu’ils ne restent pas les bras croisés, et qu’ils apportent leur aide aux villageois.

Conclusion de cette première journée : si toutes les promesses prononcées pendant cette session se réalisent, on pourra dire que le colloque est une réussite…

II ème journée

Le Forum intitulé “De nouvelles réponses à d’anciennes questions : les Arméniens dans le XXIe siècle” était composé de 3 parties.
La première était consacrée au thème suivant : la Nation, l’Etat et l’Identité.

Il y avait plusieurs invités :

- Chandrashekher Bhat (Centre d’étude de la Diaspora indienne, Hyderabad, Inde) “Les défis de la Diaspora dans le contexte de la mondialisation”
-Tsypylma Darieva (Université de Humboldt, Berlin, Allemagne) “La réunification de la nation: la politique de la Patrie et le rapatriement de la Diaspora”
- Khachig Der Ghougassian (Université San Andres, Argentine) “Défis identitaire: une vue de la Diaspora
- Gagik Harutyunian (Président de la Cour Constitutionnelle, Arménie) “Défis identitaire: une vue d’Arménie

Grâce à leurs interventions, ils ont aidé le public à trouver la réponse aux questions suivantes : comment faire harmoniser les perceptions, autrement dit les attentes réciproque de l’Etat arménien et de la Diaspora? Y a-t-il ou y aura-t-il une Diaspora arménienne hors des structures et des institutions traditionnelles? Le rôle de la langue, de la littérature, des arts, de la religion, de l’histoire dans la définition de la citoyenneté et de la culture.

Tigran Torossian, Président de l’Assemblée Nationale, a débuté le discours d’ouverture en répondant à la question : “Pourquoi n’y-a-t-il pas de représentants du Haut-Karabakh parmi les intervenants?” par cette explication : “Comme le Haut-Karabakh est un pays autonome et ne fait pas partie de la Diaspora, il ne peut pas intervenir dans les discussions”.

Le modérateur était Khachig Tololian (rédacteur en chef de la revue “Spyurk”, Etats-Unis) qui a donné la définition de la Diaspora :
- D’abord les savants ont trouvé que les causes de la création d’une Diaspora étaient les catastrophes. Au départ on connaissait la Diaspora des Juifs, des Arméniens et des Grecs. Depuis 1964 on a reconnu aussi celle des Africains.
Aujourd’hui il y a 40 pays ayant une Diaspora.

Dans son discours, Chandrashekhar Bhat a souligné la différence existant entre la Diaspora des Indiens et celle des Arméniens : depuis 50 ans le gouvernement indien ne reconnait pas sa Diaspora qui a été crée à cause de l’émigration, tandis que l’Arménie a toujours admis qu’elle avait une Diaspora importante et puissante.

Comparant l’Allemagne et l’Arménie, T. Darieva estime que ces deux pays se ressemblent, car ils ont la même envie d’unir la force de la patrie et celle de la Diaspora pour franchir les difficultés. La différence étant qu’en Allemagne il y a l’immigration, tandis qu’en Arménie ça n’existe pas.

Selon les idées énoncées, la mission de la Diaspora devrait être la création d’associations réunissant les jeunes doués qui ensuite, grâce au succès qu’ils auraient dans la vie, pourraient contribuer au renforcement de la Diaspora.

“L’Arménie est connue dans le monde entier par ses catastrophes, par ses problèmes, le temps est venu pour que les Arméniens présentent aussi leurs valeurs positives aux autres nations”.

II partie : “Les mécanismes des relations Diaspora-Patrie : Une route à double sens”.

Plusieurs intervenants ont proposé de créer un Conseil des représentants de la Diaspora arménienne ou bien un Comité dans un ministère quelconque d’Arménie. Certains ont même avancé l’idée que la Diaspora pourrait avoir des représentants au Parlement arménien, afin qu’ils prennent part aux discussions et aux règlements des problèmes. Mais l’un des députés a expliqué que la constitution ne permettait pas la réalisation de cette idée.

III ème journée

Rapatriement et territoire d’identité commune
Plusieurs opinions se sont exprimées concernant les causes du rapatriement vers l’Arménie.
Voici quelques unes des idées prononcées :
les gens prennent le chemin du rapatriement parce que :
- ils éprouvent un amour romantique envers la patrie
- la seule chose vraie pour ces gens c’est d’être Arménien, ils reviennent car la Diaspora se sent responsable en quelque sorte de la patrie.

En ce qui concerne la double nationalité, David Harutyunian, Ministre de la Justice a presenté les avantages et les inconvénients de ce phénomène.

Avantages :
- L’Arménie ne va pas perdre les citoyens qui quittent le pays
- Cela donnera la possibilité de garder l’identité arménienne

Mais il y a d’autres questions assez problématiques tels que le service militaire; le droit de vote...

C’était la première fois que l’on abordait une telle question devant un regard public. Bien sûr, c’est très important, surtout pour les Arméniens de diaspora, car, de gré ou de force, ils sont obligés de vivre loin de leur patrie ; mais ils se sentent arméniens et cette loi concernant la double nationalité leur donnera la possibilité d’être Arméniens et de le prouver, même s’ils sont nés et vivent dans un autre pays.

Enfin la IV et la dernière session de la conférence

Un regard sur la Diaspora 2020

Le but était de décrire le présent et d’imaginer l’avenir de l’Arménie et surtout de la Diaspora.
Parmi les intervenants notons l’intervention de Tom Samuelian (Université Américaine d’Arménie, Arménie-Etats-Unis). Il a estimé que, peut-être en 2020, le génocide arménien serait reconnu dans le monde entier, et que l’on ne serait plus préoccupé par la question du Haut-Karabakh. Tom Samuelian a annoncé, comme si cela était une évidence, qu’en 2020 la langue de la communication entre la Diaspora et la patrie serait peut-être l’anglais.

Est-ce que l’on va permettre ça ? Est-ce que l’on ne va pas lutter pour garder notre langue, pour que nos enfants continuent à parler l’arménien, notre langue qui est l’une de nos richesses sacrées ?

Hrant Dink (rédacteur en chef de l’hebdomadaire “Agos”, Turquie) a également pris la parole quelques minutes. Dans son discours, il a avoué qu’il se sentait très proche de l’Arménie et des Arméniens malgré le fait qu’il ne faisait partie ni de l’Arménie, ni de la Diaspora. D’après lui les Arméniens de diaspora devraient avoir la mission de faire tout leur possible pour que l’Arménie entre dans l’Union Européenne. De plus les Arméniens devraient être très exigeants envers les pays qui ont reconnu le génocide arménien, car ces pays-là pourraient aider à sortir l’Arménie du blocus de la Turquie, de l’Azerbaidjan, de la Géorgie et de l’Iran. La tâche du discours de clotûre est revenue à Vartan Oskanian qui s’en est acquitté avec une vision très optimiste.
Le président de la République, Robert Kotcharian a ensuite annoncé la clotûre officielle de la troisième conférence Arménie-Diaspora.
Espérons que toutes les questions discutées durant ce colloque trouveront leur solution. Faute de quoi, la conférence laissera un goût assez artificiel.



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