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Le syndrome prussien
Publié le :

Par Christian Merville | 17/08/2010

Le point

En plein dans le mille ! Barack Obama vient de sauter à pieds joints dans la mare et de provoquer pas mal d'éclaboussures dont les effets commenceront à se faire sentir bientôt, et pas seulement au niveau des relations entre Washington et Ankara. À en croire le très sérieux Financial Times, le président américain est mécontent de son allié et il le lui fait sentir. Vos positions vis-à-vis d'Israël et de l'Iran, lui aurait-il dit, pourraient réduire vos chances d'obtenir des armes américaines. À quoi le Premier ministre turc semble avoir répondu par avance en déclarant jeudi dernier, à la faveur d'un iftar : « Certains cercles voudraient que nous regardions du côté de l'Occident et que nous tournions notre dos à l'Orient. Nos regards se portent plutôt sur les quatre coins du globe. »

La vérité est que, pour l'heure, Recep Tayyip Erdogan est engagé, sur le plan intérieur, dans une bataille aux trois quarts gagnée déjà, contre un adversaire, la toute-puissante caste militaire,qui fut jadis autrement plus coriace que la Maison-Blanche, l'Union européenne et Tel-Aviv réunis. Le 8 août, le gouvernement a nommé le général Erdal Ceylanoglu à la tête de l'armée de terre, ouvrant la voie à la désignation du général Isik Kosaner pour succéder à Ilker Basbug, l'actuel chef d'état-major, dont le mandat de deux ans vient à expiration dans deux semaines. La défaite de celui-ci, difficile à digérer par les galonnés, s'explique par le fait que leur candidat, Hasan Igsiz, coiffait en secret de faux sites Internet chargés de propager des rumeurs mensongères sur l'AKP, la formation du président du Conseil, et dont s'était servi à l'époque le procureur pour réclamer la mise au ban du parti. Plus grave, Igsiz est impliqué dans un complot contre les membres de Fethullah Gülen, un mouvement proche de la formation politique aujourd'hui au pouvoir.

Des condamnations menacent un nombre impressionnant d'officiers, dans l'active ou à la retraite, soupçonnés d'avoir fait partie du réseau qui complotait pour déstabiliser le pays. En juin 2009, le journal Taraf citait de larges portions d'un document détaillant l'affaire. Pour l'essentiel, il s'agissait d'abattre un avion de la chasse turque, un incident dont la Grèce aurait été accusée, et de faire exploser, un vendredi, des engins piégés à l'intérieur de deux mosquées dans le but d'attiser la tension sociale et de porter l'État à instaurer la loi martiale. Simple sujet d'étude destiné aux élèves officiers, avait fait savoir la troupe, sans réussir à convaincre la justice, qui continue d'examiner cet étrange « cas d'école ». Des dizaines d'hommes ont déjà été arrêtés à la suite de la découverte de cet accablant document, qualifié un peu trop rapidement par Basbug de « bout de papier ».

Le réseau Ergenekon, lui, aurait planifié de mettre le pays à feu et à sang en organisant une série de meurtres d'intellectuels, dont le Nobel de littérature Orhan Pamuk, afin de provoquer l'intervention des militaires. À son actif, il conviendrait d'inscrire, selon les enquêteurs, l'assassinat de trois protestants et du journaliste Hrant Dink. Dans le tout dernier train de nominations de ce mois d'août, onze officiers supérieurs soupçonnés d'appartenir au groupe ont vu leur promotion bloquée, une « peine » plutôt bénigne comparée à celle qui leur pendait au nez. En outre, les mandats d'arrêt à l'encontre de 102 de leurs camarades ont été providentiellement oublié, ce qui trahit un net désir d'opter pour la manière douce dans la guéguerre entre l'Adalet ve Kalkin Partisi et l'armée - certains vont même jusqu'à évoquer un accord tacite entre les deux parties.

Il est clair qu'Erdogan, ayant opté pour la main de fer dans un gant de velours, veut marquer un temps de pause avant d'aborder le nouveau round, prévu le mois prochain. À cette date doit se dérouler un référendum sur une réforme de la Constitution comportant 26 articles censés, selon Erdogan, renforcer la démocratie et faciliter l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Les adversaires du projet, et ils sont nombreux, parlent d'une mainmise sur l'appareil judiciaire et d'une voie ouverte menant à une islamisation pure et simple. Défendant son plan, le Premier ministre avait contenu à grand-peine ses larmes en lisant devant les députés la lettre d'adieu d'un jeune homme pendu après le coup d'État de 1980, le troisième après ceux de 1960 et de 1971. Le plus sanglant aussi, qui aurait fait pas moins de 5 000 victimes. Une nouvelle Loi fondamentale était née dans la foulée, qui est appelée à être profondément remodelée, le 12 septembre, vingt-huit ans après, jour pour jour.

On veut bien croire à une simple coïncidence...





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Source/Lien : L'Orient Le Jour



   
 
   
 
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