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Article du journal franco-turc Zaman - 14/09/2010 - 1
Publié le :

Le Collectif VAN relaye ici les articles du journal franco-turc Zaman (équivalent du Today's Zaman en langue anglaise, diffusé en Turquie). Attention : ces articles ne sont pas commentés de notre part. Il s'agit pour l'essentiel de traductions des versions turque et anglaise du Zaman, journal proche du parti au pouvoir (AKP).






Zaman France

14.09.2010
Seyfeddine Ben Mansour Lille

« Tête de turc » : l’héritage ottoman des expressions françaises

Tête de Turc, le film de Pascal Elbé, vient de sortir en DVD. L’intrigue de ce thriller à la française est à l’image de la réalité qu’il décrit. Le social, le politique et la morale y sont inextricablement liés, comme ils le sont dans la vie en banlieue.

Bora, le héros, est un adolescent turc. Moralement coupable, il est socialement victime. C’est aussi, par ailleurs, un brave garçon. La réalité est complexe, et ne saurait être enfermée dans des expressions stéréotypées comme « tête de Turc », même si les clichés que dénonce le titre ont, comme on sait, la vie dure. Sans doute est-ce parce qu’elles viennent de loin, qu’elles ont l’épaisseur de l’Histoire, Histoire qu’à leur manière elles racontent. Il existe en français plus de 70 mots et expressions d’origine turque ou liées à la Turquie. Elles remontent pour l’essentiel aux 17e et 18e siècles, époque où l’Empire ottoman faisait trembler l’Europe, où le Turc était l’Ennemi, l’Autre par excellence. A ce titre, il était à la fois objet de crainte et de fascination, à la fois barbare et raffiné. On disait autrefois de quelqu’un de rude et de sans pitié qu’il était « un vrai Turc » et traiter quelqu’un « à la turque » signifiait le traiter sans ménagement. L’expression « fort comme un Turc » est restée, lointain écho d’une époque où les combattants ottomans impressionnaient par leur force, leur courage, et partant, leur cruauté. A tel point que plus tard au 19e siècle, dans les fêtes foraines, le peuple défoulait sa peur ancestrale du Turc en frappant de toutes ses forces sur une sorte de dynamomètre surmonté d’une tête enturbannée, symbole du Turc. Cette pauvre figurine constamment frappée par tout le monde est cette « tête de turc » sur laquelle chacun s’acharne.

Les mots turcs, un plaisir gustatif

Puissant, excessif, le Turc l’est aussi dans ses menus plaisirs. On dit « fumer comme un Turc », réminiscence d’une époque où les épais nuages de fumée étaient d’autant plus impressionnants que l’usage du tabac était pratiquement inconnu en Occident. De même la consommation du café, breuvage moderne et raffiné, introduit à la cour de Louis XIV par un envoyé de la Sublime Porte, le muteferrika Soliman Agha. C’est le mot kahve, forme turque de l’arabe qahwa, qui a donné notre « café ». Le fameux petit déjeuner français, le duo café et croissant, est ainsi doublement lié à la Turquie. La légende raconte en effet que la célèbre viennoiserie aurait été inventée pour célébrer la fin du second siège de Vienne en 1683, c’est-à-dire la défaite des troupes ottomanes. Comme dans le cas de la tête de Turc des foires françaises, c’est par le biais du symbole qu’on tire une vengeance complète de l’Ennemi. En mangeant une pâtisserie qui figure le croissant musulman, c’est bien ce même Ennemi qu’on dévore symboliquement, et avec gourmandise. Dans un registre éminemment moins passionné, mais toujours en rapport avec l’alimentation, on trouve en français un grand nombre de mots d’origine turque. On songe certes au chiche-kebab, entré dans l’usage au milieu du siècle dernier, mais aussi à la moussaka (1934), à la halva (fin XIXe) et à la baklava (1853). Dans ces emprunts relativement modernes, l’origine turque semble évidente, même pour un non spécialiste. Il n’en va pas de même pour des mots aussi familiers que yaourt (1798), sorbet (1553), bergamote (1536) ou caviar (1432). Un autre domaine est assez bien représenté, celui du vêtement. Outre le caftan (1537) et le caraco, citons la casaque (1413) et le gilet (yelek ; 1664), mais aussi des mots passés dans le registre familier ou argotique comme colback (1653) ou falzar (1878). Enfin, l’Histoire des mots se révèle parfois malicieuse : les deux acceptions du mot tülbend donneront lieu en français à deux formes distinctes, turban (1538) et tulipe (1611), comme si la langue de Descartes avait voulu distinguer le symbole que l’Occident associe au Turc, le turban, de celui que la Turquie s’est choisie, la tulipe.




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Source/Lien : Zaman France



   
 
   
 
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