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Article du journal franco-turc Zaman - 16/09/2010 - 1
Publié le :

Le Collectif VAN relaye ici les articles du journal franco-turc Zaman (équivalent du Today's Zaman en langue anglaise, diffusé en Turquie). Attention : ces articles ne sont pas commentés de notre part. Il s'agit pour l'essentiel de traductions des versions turque et anglaise du Zaman, journal proche du parti au pouvoir (AKP).



Zaman France

16.09.2010

LÂ’Europe veut-elle lÂ’islamisation de la Turquie ?

Si avant le référendum turc de nombreux médias internationaux relayaient volontiers l’argument sempiternel sur le risque d’islamisation de la Turquie,dont on attend encore les premiers signes, le plébiscite populaire pour la réforme de la Constitution est aujourd’hui salué par de nombreux pays occidentaux et institutions internationales qui le voient comme un pas vers l’Europe et la démocratisation du pays.

Le jour même du référendum qui allait se solder par un « oui » massif à la réforme de la Constitution, l’éditorialiste des Dernières Nouvelles d’Alsace écrivait qu’au nom d’une démocratisation du pays, « le gouvernement turc voudrait réduire, voire porter à néant, les prérogatives des institutions garantes de la laïcité ». L’article poursuivait en donnant l’exemple de la modification du mode de sélection des membres d’instances judiciaires, comme le Conseil supérieur de la magistrature, qui « jusqu’à présent ont su s’opposer au parti islamo-conservateur AKP dans ses tentatives de mettre fin à la laïcité héritée de Kemal Atatürk. Et cela va jusque dans les détails, jusqu’au port du foulard que le gouvernement veut autoriser dans les espaces publics et que les juges interdisent... ». En plus d’une confusion manifeste sur la question du foulard qui n’a jamais été interdit en Turquie dans les espaces publics, l’article alimente le fantôme du risque d’islamisation de la Turquie qui serait inévitable si le gouvernement limitait le pouvoir de l’armée, elle même à l’origine de plusieurs coup d’états et de régimes dictatoriaux. C’est à ce même leitmotiv qu’ont fait référence de nombreux articles publiés dans les médias français et qui donnaient volontiers la parole à l’opposition et à son éternel refrain sur cette islamisation. Pour Jérôme Bastion de RFI l’idée d’« ‘une laïcité battue en brèche’ par ces amendements constitutionnels, frise le procès d’intention ». Le journaliste suppose que « l’opposition n’en a peut-être tout simplement pas d’autre » qui puisse justifier de « refuser la démocratisation des institutions ». Il poursuit en écrivant : « Il est difficile, honnêtement, de saisir comment ces réformes pourraient mettre en danger la laïcité. Sauf à dire, que, si l’influence des juges et des militaires sur la vie publique et politique est réduite au nom de la démocratie, c’est une menace pour les principes laïques de la République turque ». Si l’argument du risque d’islamisation par la main-mise sur la justice a souvent été répété par l’opposition, les pays ainsi que les institutions d’Europe et des Etats-Unis, qui saluent la démocratisation de la Turquie, ne semblent pas partager ces doutes; même s’ils se disent soucieux de voir la suite des réformes.

L’argument de l’islamisation dénoncé par les sociologues

L’argument de l’islamisation ne convainc pas les sociologues, qui le trouvent même dépassé par une population qu’on ne peut plus manipuler en jouant sur la peur. Ferhat Kentel, qui enseigne la sociologie à l’université de Bilgi, voit les résultats du référendum comme la preuve de l’inconsistance des « contes d’horreur ». Il explique que les arguments jouant sur la paranoïa n’ont pu être convaincants en ajoutant : « les résultats du référendum montrent que 58 % de la population porte un regard beaucoup plus confiant sur l’avenir et n’a pas peur ». Il décrit la notion de propagande comme le fait d’« écrire des histoires destinées à susciter la peur face à de nouvelles situations ». Il dénonce notamment la création de figures du mal qui, à l’image des créatures surnaturelles, représentent une menace pour la société. « Aujourd’hui le camp de la peur a essayé de réécrire ces mêmes contes mais la population a montré qu’elle ne pouvait être touchée par de tels arguments. Pour Ali Murat Yel, directeur du département de sociologie de l’université de Fatih à Istanbul, les mensonges sur le risque d’islamisation a porté un grave préjudice à l’opposition qui a perdu une grande part de respectabilité et risque de voir ses voix baisser davantage lors des prochaines élections législatives prévues pour juillet 2011.

L’UE salue « un pas dans la bonne direction »

La Commission européenne a salué l’approbation de la révision constitutionnelle qui « constitue un pas dans la bonne direction », avertissant qu’elle suivrait attentivement sa mise en œuvre et son application sur le terrain. L’issue du référendum « démontre la poursuite de l’engagement des citoyens turcs en faveur des réformes, en vue d’accroître leurs droits et libertés », a estimé le commissaire chargé de l’Elargissement de l’Union européenne, Stefan Füle. Il constitue un pas dans la bonne direction, « dans les efforts de la Turquie pour remplir les critères nécessaires pour son adhésion » à l’UE, relève M. Füle dans un communiqué. « Mais son impact sur le terrain dépendra de sa mise en œuvre. Toute une série de lois d’application seront nécessaires et nous suivrons leur préparation très attentivement », précise M. Füle. Bruxelles partage « le point de vue de beaucoup en Turquie selon lesquels le vote d’aujourd’hui a besoin d’être suivi d’autres réformes nécessaires pour s’attaquer aux priorités qui subsistent dans le domaine des droits fondamentaux, comme la liberté d’expression et la liberté de religion », ajoute-t-il. Il se dit également « d’accord avec ceux qui, à travers l’échiquier politique, pensent qu’une nouvelle Constitution civile fournirait un fondement solide à un développement durable de la démocratie en Turquie ».

Les pays occidentaux voient une confirmation de la vocation européenne de la Turquie

Les partisans de l’adhésion de la Turquie sont montés au créneau en se disant confortés dans leur attitude par les réformes constitutionnelles adoptées. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos y a vu « un signal clair de la vocation européenne » de la Turquie. « Cela ouvre la porte européenne, même si cela prendra du temps d’en franchir le pas », lui a fait écho son homologue suédois, Carl Bildt, en jugeant qu’Ankara « prépare désormais le terrain pour une évolution plus ouverte et démocratique du pays ». Même le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle, qui craint une dérive du pays vers le Moyen-Orient et l’Asie, a évoqué « un pas supplémentaire important sur le chemin de la Turquie vers l’Europe ». Toutefois, il est connu pour être sur ce point plus ouvert à l’idée de l’adhésion que la chancelière Angela Merkel, qui dicte la ligne de son pays et y reste opposée. A l’instar de la France ou de l’Autriche, elle préfère l’option d’un « partenariat privilégié » avec Ankara. Dans ces conditions, l’adoption des réformes constitutionnelles ne devrait guère suffire à désembourber les négociations d’adhésion à l’UE que mène la Turquie. Les Etats-Unis ont invité Ankara à mettre à profit la révision de la Constitution turque, approuvée par référendum, pour « approfondir les processus démocratiques ». Le scrutin « a été un pas décisif vers une plus grande supervision civile des institutions démocratiques » que sont la hiérarchie judiciaire et l’armée, a commenté Philip Crowley, le porte-parole du département d’Etat.



Une avancée notable, selon le Conseil de l’Europe

Le Conseil de l’Europe a salué lundi le résultat du référendum en Turquie sur les amendements à la Constitution qui constitue selon lui une avancée notable sur la voie du développement démocratique de ce pays. « La réforme constitutionnelle approuvée dimanche est un pas important pour la Turquie, qui se rapproche ainsi des normes et pratiques européennes », a souligné le secrétaire général de l’organisation basée à Strasbourg, le Norvégien Thorbjorn Jagland. Dans un communiqué, il se félicite également de la mise en place d’un système de recours direct devant la Cour constitutionnelle « qui crée une voie de recours interne contre des violations des droits de l’Homme ». Il renforce la protection des droits de l’Homme en Turquie, mais il peut également contribuer à réduire le nombre d’affaires porté contre ce pays devant la Cour européenne des droits de l’Homme, indique encore M. Jagland. La Turquie prendra en novembre la présidence tournante du Comité des ministres, le conseil exécutif du Conseil de l’Europe qui compte 47 Etats-membres.

« La France est favorable à tout ce qui peut faire avancer la démocratie »

La France « prend note » du référendum en Turquie sur les amendements à la Constitution, en appelant de ses vœux la mise en œuvre de la réforme adoptée, « importante pour l’équilibre des pouvoirs », a indiqué lundi le ministère des Affaires étrangères. « Nous avons pris note du résultat du référendum constitutionnel organisé en Turquie et saluons la forte participation de la population à cette consultation », a réagi le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero, interrogé lors d’un point-presse sur cette consultation qui est un succès pour l’AKP du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan. « La France est favorable à tout ce qui peut faire avancer la démocratie, en Turquie comme ailleurs, y compris bien entendu par des réformes constitutionnelles, dans le cadre d’un dialogue tenant compte des différentes sensibilités », a ajouté M. Valero. Le porte-parole n’a pas répondu à la question des répercussions possibles de ce changement constitutionnel sur les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Il s’est borné à souligner que « la prochaine étape sera la mise en œuvre de cette réforme, importante notamment pour l’équilibre des pouvoirs en Turquie ».



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Source/Lien : Zaman France



   
 
   
 
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