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Ne négligeons pas la carte turque !
Publié le :

Le Figaro

16 avr. 2011

Alexandre Adler

C’est unanimement que les opinions européennes ont enfin découvert l’importance du modèle turc… place al-Tahrir au Caire. Les mêmes qui ne cessaient de mettre en cause le sérieux démocratique de la Turquie se sont abruptement rendu compte de l’importance mondiale de ce que les Turcs avaient réalisé ces dix dernières années. Il s’agit ici bien sûr des Turcs, et non du seul parti au pouvoir l’AKP. Car si les anciens islamistes ont su devenir un parti conservateur, défenseur des valeurs musulmanes, dans un cadre pluraliste et ouvert, ils ne le doivent pas seulement à leurs propres capacités de changement et d’autocritique. C’est le kémalisme, trop souvent aujourd’hui accusé de tous les maux, qui a permis sur la longue durée l’essor actuel de la démocratie.

C’est sur quatre étages de cette fusée modernisatrice que le kémalisme (séparation de la Mosquée et de l’État, bipartisme provoquant une première alternance dès 1951, légalisation de tous les partis à partir de 1980, et cassure du rythme inflationniste et candidature à l’Europe avant 2000), que le cinquième étage de la fusée a réussi sa mise en orbite, c’est à-dire l’alternance au profit d’un ancien parti islamiste profondément rénové.

Aujourd’hui, de nombreux responsables musulmans dans le monde arabe se tournent, au moins en paroles vers l’exemple turc. Même ceux qui pratiquent à cet effet la « takya », c’est-à-dire la dissimulation dont firent usage les chiites tout au long de leur millénaire histoire et qui ne serait au pire qu’un hommage rendu par le vice à la vertu. La réalité, c’est que l’opinion arabe aspire ardemment aujourd’hui à une forme de liberté politique que la Turquie a déjà atteinte, mais il est vrai non sans souffrances, et en étalant le processus, à tout le moins, sur les trente dernières années.

Tous ceux qui, en Europe, souhaitent associer, sous une forme ou sous une autre, ce nouveau monde arabe au développement de notre continent viennent donc enfin de comprendre que cette association ne peut passer, certes sans aucun monopole, d’abord par la Turquie. Ceci devrait régler, une fois pour toutes, le débat sur l’intérêt de bénéficier, à travers les Turcs, de partenaires fiables et démocratiques, membres à part entière de l’Union européenne, pour porter tous ensemble le même projet de liberté.

Or, au moment même où ces réalités commencent à s’imposer, c’est malheureusement le moment que choisit telle ou telle force politique pour marquer des points à court terme dans un affrontement électoral terni par le populisme. Dans ce concert de Klaxons, on n’attendait pas le Parti socialiste français. Et pourtant il arrive.

Le groupe sénatorial socialiste envisage sérieusement de faire voter à nouveau la Haute Assemblée sur le génocide arménien. Rappelons brièvement la situation réelle. La Turquie ne refuse plus de discuter ouvertement des crimes commis par son armée et ses supplétifs kurdes en 1915 contre le peuple arménien. Mieux, la Turquie a multiplié ces deux dernières années des efforts diplomatiques considérables pour normaliser ses relations avec Erevan, au risque même, parfois excessif, de détériorer ses relations pourtant stratégiques avec l’Azerbaïdjan indépendant.

Le Sénat français n’a pas particulièrement compétence pour statuer d’un problème historique que les Turcs sont à présent prêts à aborder, ils devraient encore moins avoir le droit de compliquer davantage, s’il était possible, des relations franco turques que l’Élysée s’efforce pourtant d’améliorer quelque peu. Il ne s’agit pas ici bien évidemment des sensibilités encore à vif de nos compatriotes arméniens de France, mais bien plutôt hélas d’une nouvelle œillade adressée depuis la gauche cette fois-ci, aux électeurs tant convoités du Front national. Mais les sénateurs socialistes, s’ils persistaient, y ajouteraient une touche d’hypocrisie « droit-de-l’hommiste » particulièrement déplaisante, mais qui séduira sans doute quelques voix supplémentaires sur les bancs de la droite et du centre.

Nous sommes comme toujours au milieu d’une transition sollicitée positivement par l’avenir du monde arabe et négativement par les vieux cadavres de la décomposition ottomane. Espérons que les forces politiques françaises ensemble auront la présence d’esprit de choisir d’abord le présent turc, dont nous n’avons qu’à nous réjouir.





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TÉLÉCHARGER :
 Le Figaro du 16 avr. 2011



Source/Lien : Le Figaro



   
 
   
 
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