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La croix et la bannière de l'Unesco
Publié le :

LEMONDE.FR | 23.06.11 | 09h13

Le 15 juin, le vernissage de l'exposition "L'Art des Khatchkars - Croix de pierre arméniennes" dans les salles Miro 1 et 2 de la Maison de l'Unesco à Paris s'est déroulé dans un désordre indigne d'une institution qui s'emploie à créer les conditions d'un dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples, fondé sur le respect de valeurs partagées par tous.

Quelques heures avant l'inauguration, des employés de l'Unesco ont retiré les légendes des photographies des Khatchkars, légendes qui précisaient leurs localités, ne laissant que les étiquettes comportant les dates. Ces mêmes employés ont aussi supprimé une carte historique indiquant l'emplacement des différents Khatchkars avec des explications détaillées. Il est vrai que cette carte empiète sur deux Etats voisins, la Turquie et l'Azerbaïdjan, qui s'acharnent, depuis un siècle, à supprimer toutes traces d'Arméniens de la mer Méditerranée à la mer Caspienne. Aucun officiel n'était présent à l'inauguration et la direction ne fournit aucune explication. Par ailleurs les drapeaux de l'Unesco et celui de l'Arménie étaient retirés. Alors, pourquoi une telle attitude et quelles sont ces fameuses valeurs défendues par cette institution internationale ? Un rappel nous fournira quelques indications.

Depuis plusieurs années, les Arméniens se sont mobilisés afin de protéger les Khatchkars et la destruction systématique de leur patrimoine culturel. Pour cela ils ont entrepris des actions concrètes envers l'Unesco. Malgré ces actions, le laxisme de cette institution n'a pas permis d'éviter la destruction du cimetière arménien de l'ancienne Djoulfa dans le Nakhitchevan (région autonome située en Azerbaïdjan) par les militaires azéris les 16 et 17 novembre 2006. Cette nécropole abritait environ 3 000 Khatchkars du Moyen-Age.

L'Unesco ne fit rien pour empêcher cette destruction et n'a pas encore dépêché des experts sur les lieux mêmes de la destruction. En novembre 2010, pour se racheter une crédibilité, l'institution inscrit "l'art des khachkars, stèles de pierre sculptées d'une ou plusieurs croix" sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Enfin en juin 2011, conjointement avec le ministère de la culture d'Arménie, elle lance une exposition de photo sur les Khatchkars – autre geste politique qui ne fait que confirmer l'incapacité de cette institution à gérer des patrimoines nationaux réparties sur plusieurs Etats hostiles à la nation concernée. Il est vrai qu'il est plus facile de gérer un catalogue dans un bureau parisien qu'un bien matériel situé sur les bords de l'Araxe !

L'Unesco possède des valeurs fondamentales et des objectifs primordiaux très bien décrits sur son site web : assurer une éducation de qualité pour tous, faire face aux nouveaux défis éthiques et édifier des sociétés du savoir inclusives grâce à l'information et à la communication. Les trois piliers que sont l'éducation, la science et la culture reposent sur l'information. Dans tous les codes d'éthiques plusieurs principes guident la présentation de l'information : ce sont l'exactitude, la complétude, la précision et l'objectivité. L'exactitude porte sur la conformité de l'information par rapport à la réalité qu'elle doit représenter, la complétude concerne la couverture avec laquelle la réalité observée est représentée, la précision mesure le degré d'ambiguïté des données ou le niveau de détail de la représentation de l'information, enfin l'objectivité détermine s'il s'agit de données réelles, non biaisées, impartiales, basées sur des faits. Ces principes ont été utilisés par les organisateurs arméniens de l'exposition.

Comment peut-on parler d'éducation, de science et de culture lorsque les règles les plus élémentaires de ces disciplines sont bafouées et l'information censurée. Est-ce une approche responsable ? A moins que les directives de la diplomatie aient conduit à dissimuler la vérité. Si tel est le cas alors l'Unesco se fait la complice d'actes criminels et de discours négationnistes. Si l'Unesco prône l'accès universel à l'information dans un esprit d'équité, de justice et de respect mutuel alors la direction devrait s'excuser devant les organisateurs arméniens, corriger les erreurs commises et prolonger l'exposition de quinze jours. Aucune explication ne peut justifier de tels actes.

La responsabilité et la crédibilité de la direction de l'Unesco sont en jeu. Il est urgent que la direction se remémore l'acte constitutif de cette institution internationale et mette en pratique ce qui y est proclamé.

Haroutioun Khatchadourian, ingénieur




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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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