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Article du journal franco-turc Zaman - 26/01/2012 - 2
Publié le :

Le Collectif VAN relaye ici les articles du journal franco-turc Zaman (équivalent du Today's Zaman en langue anglaise, diffusé en Turquie). Attention : ces articles ne sont pas commentés de notre part. Il s'agit pour l'essentiel de traductions des versions turque et anglaise du Zaman, journal proche du parti au pouvoir (AKP).








Zaman France

Le réveil citoyen de "tous" les Turcs de France

Par Fouad Bahri | jeu, 26/01/2012 - 10:44

La plupart des organisations turques de France viennent de se réunir au sein d’un même comité. Une décision historique pour ces fédérations qui ont fait le choix de la mobilisation active.

Une révolution vient de se produire chez les Turcs de France. Les trois plus grandes fédérations associatives – DITIB (proche du ministère turc des Affaires religieuse), Milli Gorüs (mouvement islamique), Fédération turque de France (mouvement nationaliste) – viennent de créer un organe commun et informel, le Comité de coordination des associations franco-turques de France, avec le soutien des organisations alévis auxquelles se sont ajouté les différentes associations kémalistes. Du jamais vu dans le microcosme turc lorsqu’on connaît les grandes divergences qui peuvent séparer des structures de nature laïques, religieuses ou nationalistes. « Au total, près de 500 associations turques sont représentées, chacune représentant elle-même 100 à 150 membres » explique Selçuk Demir, un avocat officiant pour les associations affiliées au DITIB, et très impliqué dans le comité. L’événement à l’origine de ce miracle n’est autre que la loi pénalisant la négation du « génocide arménien » qui vient d’être votée. D’après les explications de M. Demir, la conscience de leurs divisions passées a permis à ces structures de sauter le pas des malentendus et de s’unir. Dans un communiqué commun publié dans Libération et Le Figaro, les fédérations turques avaient exprimé leur position considérant qu’il était « immoral d’instrumentaliser une tragédie historique à des fins politiques ».

Les sénateurs surpris par les Franco-turcs

Ce nouveau comité né d’un accord mutuel et spontané n’a pas d’existence juridique et reste indépendant des autorités d’Ankara. Une précision essentielle pour M. Demir. « Ce comité s’est constitué indépendamment de tout appui du gouvernement turc » déclare-t-il. « Mouvement des Turcs de France » mais sans hiérarchie précise-t-il, le comité «n’a pas de président ou de porte-parole : chacun travaille dans son domaine de spécialité » affirme l’avocat. Selon lui, les élus ont pris conscience de ce réveil politiques des Turcs de France. « Tous ces sénateurs nous ont fait état d’un mouvement de masse d’inscriptions sur les listes électorales de Franco-turcs » indique M. Demir.

La boîte de Pandore du communautarisme

La naissance de cette union sacrée est unanimement vécue comme un succès. Mais a-t-elle vraiment un avenir et saura-t-elle survivre aux méandres de la question arménienne ? Le représentant juridique des associations du DITIB, pour sa part, en est persuadé. « Par la force des choses, ce comité sera durable » explique-t-il. « Nous allons faire valoir son inconstitutionnalité » précise M. Demir, en allusion à la loi votée par le Sénat. Mais de là à envisager la création d’un lobby turc, il y a un pas que refuse de franchir l’avocat. « Je me refuse d’être l’instigateur d’un lobby qui serait l’expression d’une forme de communautarisme qui n’agirait que pour l’intérêt des Turcs » car notre vocation est « celle du vivre-ensemble républicain » argumente-t-il. En défendant cette position de principe, M. Demir pointe paradoxalement du doigt les contradictions de la classe politique française. « En instituant des lois mémorielles, les politiques ouvrent justement cette boîte de Pandore du communautarisme qu’ils prétendent pourtant combattre » déclare-t-il.

Emine Cetin Bozkurt (Fédération turque de France)

« On espère tous qu’ily aura une continuité »
Seule femme présente au comité et représentant la Fédération turque de France proche du MHP en Turquie, Emine Cetin Bozkurt, juriste de profession, reconnaît qu’il s’agit de « la première fois que trois grandes fédérations turques se mettent ensemble pour défendre une cause commune ». « C’est un mouvement spontané et on espère tous qu’il y aura une continuité. C’est ce qui nous manquait. » dit-elle. Un événement qui l’a véritablement surpris. « Nous mêmes sommes étonnés car ce sont des fédérations qui ont des points de vue relativement différents » ajoute-t-elle, avouant que « cette loi nous a bien servi et nous a permis de nous rapprocher et de ne faire qu’un seul corps ». Mais pour Emine Cetin Bozkurt, il ne faut pas confondre la position officielle de la Turquie et celle des Turcs de France. « Ce n’est pas l’Etat turc qui est mis en cause, ce sont en principe des individus ou des associations turques en France qui seront touchés par cette loi ». En revanche, pour Mme Cetin Bozkurt il ne s’agit pas d’un réveil politique des Turcs. « Les Turcs avaient déjà une conscience politique puisqu’on a énormément d’élus » explique-t-elle. Un engagement dans lequel les femmes jouent un rôle de premier plan. « Beaucoup de femmes sont présidentes d’associations et sont engagées dans la vie politique » et « La plupart des élus d’origine turque en France sont des femmes » précise-t-elle.

Fatih Sarikir (Milli Gorüs)

« Le besoin de se rassembler n’a jamais été aussi fort »
La création du Comité de coordination des associations franco-turques de France a réjoui Fatih Sarikir, le représentant du Milli Gorüs. « C’est une excellente chose. On a essayé de se mettre autour d’une table pour la première fois et on a réussi » explique-t-il, assurant que « Le besoin de se rassembler n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui ». S’il salue la réalité de ce rassemblement, Fatih Sarikir sait pourtant que le chemin sera long avant qu’une autre structure plus ambitieuse et officielle ne voit le jour. « Il ne faut pas aller trop vite. Si c’était une chose aussi facile, cela ferait longtemps qu’une telle institution aurait existé » estime-t-il. « Il faudra voir sur quel socle cette entité de rassemblement se fera » ajoute le responsable du Milli Gorüs, même s’il reste « optimiste » sur l’avenir d’une telle entité. M. Sarikir pense par exemple à une structure où les associations « garderaient leur identité et leur raison d’être » au sein d’une plate-forme de dialogue. En attendant, « D’autres sujets consensuels » et « touchant à des droits fondamentaux » pourraient mobiliser l’actuel comité comme « l’islamophobie ».

Hikmet Türk (DITIB)

« M. Sarkozy a réussi à nous unir »

« C’est une première en France et en Europe » affirme sans embages Hikmet Türk, du DITIB, à propos de la création du Comité de coordination des associations franco-turques. L’homme est à ce propos confiant et heureux. « Ce comité, il le fallait depuis des années et il vivra dans l’avenir », dit-il. Interrogé sur la pertinence d’une nouvelle structure fédérale et officielle établie sur la base de ce comité et représentant l’ensemble des Turcs de France, Hikmet Turk considère qu’elle « va naître » et qu’ « on est déjà sur le chemin » de cette création. Il considère surtout que cette dynamique est le point de départ d’une prise de conscience turque qu’il attribue à... Nicolas Sarkozy. « Je remercie M. Sarkozy. Il a réussi à faire ce que d’autres n’ont pas fait : nous unir » ironise-t-il. Le responsable associatif turc y voit même la meilleure action du quinquennat du président français.




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Source/Lien : Zaman France



   
 
   
 
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