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Un verdict qui décrédibilise le système judiciaire
Publié le :

Le Temps

jeudi 19 janvier 2012

Delphine Nerbollier

Les proches du journaliste Hrant Dink, assassiné en 2007, sont outrés par le rejet des charges de complot contre les auteurs

Il régnait une ambiance de plomb mardi soir dans les locaux du journal Agos. Dans ce qui avait été le bureau de son fondateur, Hrant Dink, assassiné le 19 janvier 2007 d’une balle dans la tête, se sont réunis les membres de la rédaction, amis proches et membres de la famille du journaliste dont son épouse, Rakel, le visage torturé. Tous sont «accablés» par le jugement rendu un peu plus tôt dans le cadre du procès des assassins de cet intellectuel arménien.

Certes, la réclusion criminelle à perpétuité a été prononcée pour Yasin Hayal, 31 ans, accusé d’«avoir incité avec préméditation» à l’assassinat de Hrant Dink, mais l’un des principaux suspects, Erhan Tuncel, a été relaxé. Pire, les charges de complot pesant sur les participants ont été rejetées. D’après les juges, Yasin Hayal et Ogun Samast (l’auteur du crime, condamné en juin dernier à plus de 22 ans de prison) ont donc agi seuls, sans complicité.

«Preuves détruites»

«Nous savions que le jugement n’allait pas nous satisfaire, mais à ce point-là, nous ne nous y attendions pas», avouait mardi soir sur une chaîne de télévision Fethiye Cetin, avocate de la famille. Dans le bureau de Hrant Dink, on approuve ces paroles d’un hochement de tête. «Sans parler des preuves détruites, nous disposions de suffisamment d’éléments prouvant que cet assassinat a été orchestré par un groupe très organisé, mais tout a été fait pour empêcher que cette organisation ne soit mise au jour.»

Après cinq années de procédure, le récent accès aux enregistrements de conversations téléphoniques d’Ogun Samast le jour du crime avait fait émerger de nouveaux espoirs pour mettre en évidence de possibles complicités, notamment au sein des services de sécurité. Or ces documents n’ont pas été exploités.

«Nous voyons que la tradition des assassinats politiques perdure», constate Fethiye Cetin, qui durant ce procès a tenté de révéler les liens entre le réseau ultranationaliste Ergenekon, l’assassinat de Hrant Dink, ceux du prêtre italien Andrea Santoro en 2006 et de chrétiens à Malatya en 2007. Sur l’écran de télévision, Fethiye Cetin promet de continuer le combat, mais tire un bilan sévère. «Nous savions que la direction que prendrait ce procès influerait sur l’avenir démocratique du pays. Cette occasion n’a pas été saisie.»

Ce jugement a fait l’effet d’une nouvelle douche froide dans un pays où par ailleurs la crédibilité du système judiciaire est de plus en plus fragilisée par les incessantes arrestations de sympathisants kurdes, journalistes, syndicalistes, avocats, simples étudiants brandissant des banderoles et militaires qui tombent dans les filets d’une très sévère législation antiterroriste.

«Génocide politique»

Cette semaine encore, une quarantaine de personnes ont été écrouées pour leurs liens supposés avec le KCK (Union des communautés du Kurdistan), une organisation soupçonnée de lien avec le groupe armé du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Au total depuis 2009, plus de 700 sympathisants kurdes ont été incarcérés dans le cadre de ce dossier. Mardi, devant les membres de sa formation, le député Selahattin Demirtas n’a pas hésité à dénoncer un «génocide politique» commis par le «Conseil des ministres et non par les tribunaux».

Ironie du sort, ces accusations envers le système judiciaire et sa mainmise par l’actuel gouvernement islamiste modéré sont aussi émises par l’armée, longtemps intouchable. Depuis 2007, plusieurs centaines d’officiers sont poursuivis pour leur participation présumée à des tentatives de coups d’Etat. Si la fin de l’impunité des militaires est saluée par les instances européennes, les critiques pleuvent tant sur le fond que sur la forme de ces procès. Durée des procédures, jugements en masse, usage excessif des détentions provisoires (qui peuvent durer dix ans), les critiques sont régulièrement soulevées par Bruxelles, avec qui Ankara négocie son adhésion. Ces dysfonctionnements chroniques lui valent d’ailleurs d’être le pays le plus souvent condamné par la Cour européenne des droits de l’homme.




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Source/Lien : Le Temps



   
 
   
 
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