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Questions-Réponses : le Génocide Arménien
Publié le :

NAM

BBC

29 décembre 2011

Les massacres de masse d’Arméniens par les Turcs ottomans pendant la Première Guerre Mondiale restent une question très sensible.La Turquie a résisté aux appels venus de tous horizons pour qu’elle reconnaisse les massacres de 1915-1916 comme un génocide, tandis que les historiens continuent de discuter des événements. A cette époque, de nombreux rapports étaient écrits sur les atrocités turques commises contre les Arméniens.

Que s’est-il passé ?

Il y a un accord général sur le point que des centaines de milliers d’Arméniens moururent lorsque les Turcs ottomans les déportèrent en masse depuis l’Anatolie orientale jusqu’au désert de Syrie et ailleurs en 1915-1916. Ils ont été tués ou sont morts de faim ou de maladie. Le nombre total de morts arméniens est contesté. Les Arméniens disent que le nombre de morts s’élève à 1,5 million. La République de Turquie en estime le total à 300 000.Selon l’Association Internationale des Chercheurs sur le Génocide (IAGS), le nombre de morts est de “plus d’un million“. Dans une lettre au premier ministre turc Erdogan, en 2005, l’IAGS a dit “nous voulons souligner que ce ne sont pas les seuls Arméniens qui affirment le Génocide Arménien, mais c’est l’opinion écrasante des universitaires qui étudient le génocide.“

C’est quoi, un génocide ?

L’article 2 de la Convention de l’ONU sur le Génocide de Décembre 1948 décrit un génocide comme un acte avec l’intention “de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux“.

Les tueries étaient-elles systématiques ?

Le désaccord sur la question du génocide est centré sur le caractère de préméditation - à quel point les tueries ont-elles été orchestrées ? Beaucoup d’historiens, de gouvernements et les Arméniens croient qu’elles l’ont été ; mais un certain nombre de chercheurs en doutent. Raphaël Lemkin, l’avocat juif-polonais qui a créé le terme “génocide“ en 1943, en référait aussi bien aux atrocités contre les Arméniens qu’aux massacres des Juifs par les Nazis lorsqu’il parlait de ses recherches. Les hommes politiques turcs ne nient pas que des atrocités ont été commises mais objectent qu’il n’y avait pas de tentative systématique de détruire les Arméniens chrétiens. La Turquie dit que de nombreux musulmans turcs sont morts dans le sillage de la guerre.

Quel était le contexte politique ?

Les Jeunes Turcs, un mouvement d’officiers qui avait pris le pouvoir en 1908, avaient lancé une série de mesures contre les Arméniens tandis que l’Empire ottoman s’effondrait à cause des défaites militaires de la guerre. Les Jeunes Turcs, se disant eux-mêmes Comité Union et Progrès (CUP), avait pris part à la guerre aux côtés de l’Allemagne en 1914.La propagande turque du moment présentait les Arméniens comme des saboteurs et “cinquième colonne“ pro-russe.Les Arméniens marquent la date du 24 avril 1915 comme le début de ce qu’ils considèrent être un génocide. C’est à cette date que le gouvernement ottoman a arrêté environ 50 intellectuels arméniens et dirigeants de la communauté. Ils furent exécutés plus tard.Les Arméniens de l’armée ottomane ont été désarmés et tués. Les biens arméniens ont été confisqués.

A-t-on poursuivi des responsables ?

Plusieurs officiels de haut niveau turcs ont été poursuivis en Turquie en 1919-1920 en liaison avec ces atrocités. Un gouverneur local, Mehmet Kemal, a été convaincu de culpabilité et pendu pour le massacre d’Arméniens dans le district de Yozgat en Anatolie centrale. Le triumvirat à la tête des Jeunes Turcs - les “trois pachas’ - s’étaient déjà enfuis à l’étranger. Ils ont été condamnés à mort par contumace.Les historiens ont mis en question les procédures judiciaires de ces procès, la qualité des preuves présentées et le degré auquel les autorités turques avaient pu souhaiter apaiser les Alliés victorieux.

Qui reconnaît le Génocide et qui ne le reconnaît pas ?

L’Argentine, la Belgique, le Canada, la France, l’Italie, la Russie, et l’Uruguay sont parmi plus de 20 pays qui ont formellement reconnu le génocide des Arméniens.Le Parlement Européen et la Sous- Commission des Nations-Unies sur la Prévention de la Discrimination et la Protection des Minorités l’ont fait aussi.Le Royaume-Uni, les USA et Israël sont parmi ceux qui usent d’une terminologie différente pour décrire les événements.En 2006, la Turquie avait condamné le vote parlementaire qui aurait fait un crime de la négation que les Arméniens aient subi un génocide. La proposition n’a pas été transformée en une loi, mais la Turquie avait suspendu ses liens militaires.En décembre 2011, quelques membres du Parlement du parti de centre-droit, l’UMP, ont réactivé le projet de loi, et il a été adopté une nouvelle fois, en dépit de l’indignation du gouvernement turc. Il faut à nouveau un vote au sein de la chambre haute, le Sénat, pour que le projet devienne une loi.Selon cette proposition, ceux qui nieront publiquement le génocide encourent jusqu’à un an de prison et 45 000 euros d’amende (29 000 £ ; 58 000$). La Turquie a gelé les réunions politiques et les projets militaires communs en représailles.En mars 2010, la Turquie avait retiré son ambassadeur à Washington après qu’une commission de la chambre des USA ait approuvé de peu une résolution donnant aux massacres le nom de “génocide“. La Commission des Affaires Étrangères l’avait endossé, en dépit des objections de la Maison Blanche. L’administration de Barack Obama avait appelé le congrès dans son ensemble à ne pas acter la résolution.

Quel est lÂ’impact politique de la querelle ?

Les massacres sont vus comme au centre de l’histoire moderne de l’Arménie, liant les diaspora du monde entre elles.Les Arméniens constituent l’une des diaspora les plus dispersées du monde.En Turquie, le débat public sur cette question a été muselé.L’article 301 du code pénal, sur l’“insulte à la qualité de Turc“, a été utilisé pour poursuivre des écrivains célèbres qui avaient mis en lumière les massacres de masse des Arméniens. Parmi eux, il y a le prix Nobel Orhan Pamuk et Hrant Dink, qui a été plus tard abattu en janvier 2007. Un adolescent ultranationaliste, Ogun Samast, a été condamné à 23 ans de prison en juillet 2011 pour avoir tué Dink. L’Union Européenne a dit que l’admission par la Turquie du Génocide Arménien n’est pas une condition pour son entrée.

Les relations Arménie-Turquie sont-elles encore gelées ?

Après des décennies d’hostilité, il y a eu une légère détente. La Turquie et l’Arménie ont signé un accord en octobre 2009 pour établir des relations diplomatiques et ouvrir leur frontière.Mais l’accord n’est toujours pas ratifié par aucun des parlements, et certains à Ankara accusent l’Arménie d’essayer de changer les termes de l’accord. Un facteur complique encore plus la mutuelle suspicion, c’est le conflit du Haut-Karabagh. La Turquie soutient l’Azerbaïdjan dans le conflit sur le Haut-Karabagh, un territoire à l’intérieur de l’Azerbaïdjan tenu par les Arméniens depuis une guerre dans les années 1990.

Traduction Gilbert Béguian

dimanche 18 mars 2012,
Stéphane ©armenews.com


Pour lire l'article original en anglais cliquez Ici





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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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