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La politique étrangère ne fait pas campagne
Publié le :

Libération

Aujourd'hui à 7h35

Comparatif de programmes Afghanistan, Défense, adhésion de la Turquie à l'Union européenne... Qui dit quoi.

Par CORDÉLIA BONAL

La campagne présidentielle ne franchit pas les frontières. La politique internationale n'est abordée qu'à la marge par les candidats, au fil des remous de l'actualité : le fonctionnement de l'ONU à l'occasion de la crise en Syrie, la présence en Afrique à l'occasion du coup d'Etat au Mali...

La «Lettre au peuple français» de Nicolas Sarkozy fait l'impasse sur ces questions (autrement que par le prisme de l'immigration), et il faut s'en remettre au programme de l'UMP pour connaître les orientations du Sarkozy candidat. François Hollande, attaqué par le camp sarkozyste aux débuts de la campagne sur son manque de stature internationale, y consacre quatre de ses 60 engagements. Si l'on s'en tient aux programmes, des dix candidats, ce sont finalement Marine Le Pen et Jacques Cheminade qui se montrent les plus diserts sur le sujet, la première dans une optique de résistance à «la logique euro-atlantique», le second détaillant longuement les tenants et aboutissants d'un «pont terrestre eurasiatique».

L'Afghanistan

Sur le principe du retrait des troupes, tous les candidats sont d'accord : la France doit quitter ce bourbier. Mais selon quel calendrier ? L'Otan a programmé le retrait total des troupes de combat à la fin 2014. En France, la mort de quatre militaires tués par un soldat afghan en janvier a précipité les positions des uns et des autres. Nicolas Sarkozy a ainsi décidé d'avancer à la fin 2013 le retrait de la totalité des troupes combattantes françaises. C'est encore trop loin pour François Hollande qui, tout comme Eva Joly (Europe Ecologie - Les Verts), vise un retrait d'ici la fin de l'année : «Il n’y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l’année 2012», a répété à plusieurs reprises le candidat socialiste.

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) est plus que d'accord : «La France n'a rien à faire dans cette guerre américaine. Nos soldats doivent quitter immédiatement l'Afghanistan.» Idem pour Marine Le Pen (Front national) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) qui prônent une sortie «tout de suite», «en ne gardant comme facteur de choix essentiel que celui de la sécurité de nos soldats qui ont déjà assez payé de leur sang notre présence en Afghanistan», précise la candidate FN. Jacques Cheminade s'engage lui à un retrait «dans les quatre mois» avec le réemploi des troupes ainsi dégagées pour «la participation à nos grands travaux à réaliser en Afrique».

Pour Nicolas Sarkozy, le retrait immédiat est inenvisageable. «Je trouve totalement irresponsable, et même dangereuse, l'idée d'un retrait précipité de toutes nos forces d'ici fin 2012. Il n'y a pas un expert militaire pour valider cette stratégie qui ferait courir un risque à nos soldats, et qui nous couperait de nos alliés; qui peut souhaiter pareil déshonneur à notre armée», a-t-il rétorqué à ses concurrents à la présidence le 11 avril, dans un entretien à la revue L'Essentiel des relations internationales. Pas de précipitation, juge aussi François Bayrou, qui avait voté pour le maintien des troupes française en 2008 à l'Assemblée nationale: «Oui il faut partir, le plus vite possible, mais en ordre, en ayant transmis à la sécurité afghane la sécurité du pays», jugeait-il en mai 2011.

A la gauche de la gauche, Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), qui est au demeurant «pour la sup­pres­sion de l’armée per­ma­nente», «condamne» l'intervention en Afghanistan, tandis que Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) exige «le retrait des troupes françaises de tous les pays étrangers (en particulier la Françafrique et l’Afghanistan)».

Le conflit israélo-palestinien

C'est entendu, les candidats sont pour la reconnaissance de l’État de Palestine. Mais comment, et à quelles conditions ?

Nicolas Sarkozy a promis, le 6 mars sur France 2, que s’il était réélu, il mettrait en place une initiative de la France et de «toute l’Europe» pour la paix. En septembre 2011, le Président avait défendu à l'ONU «la reconnaissance mutuelle de deux Etats nations pour deux peuples, établis sur la base des lignes de 1967 avec des échanges de territoires agréés et équivalents». Pour y arriver, il plaide aujourd'hui un «changement de méthode, (…) une relance rapide, crédible de la négociation, avec un calendrier précis, un mécanisme de suivi». Généralement perçu comme un ami d'Israël, le président avait malgré tout surpris en octobre en soutenant l'adhésion de la Palestine à l'Unesco.

François Hollande, qui a rencontré en décembre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas de passage à Paris, s'engage «à prendre des ini­tia­tives pour favo­riser, par de nou­velles négo­cia­tions, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine». «Je sou­tiendrai la recon­nais­sance inter­na­tionale de l’Etat pales­tinien», promet-il. En juin, le Bureau national du PS avait d'ailleurs réaffirmé sa position en faveur de la reconnaissance mutuelle de deux Etats.

Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly et Philippe Poutou défendent aussi la «reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France et par l’UE».

Quant à Marine Le Pen, elle déclare que «si nous soutenons la formation d’un Etat palestinien, il n’en demeure pas moins qu'Israël doit être assuré d’une existence indiscutable et d’une sécurité garantie». Même ligne pour Nicolas Dupont-Aignan : «Une fois de plus, la France devrait rappeler la base des résolutions de l’ONU, le droit d’Israël à vivre en sécurité et en paix, le droit des Palestiniens d’avoir un Etat qui corresponde à leur peuple et à leur nation, un compromis enfin, sur Jérusalem qui appartient à l’humanité tout entière.»

La Défense

> L'Otan


Faut-il sortir du commandement intégré ? Trois fois oui pour Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon, Jacques Cheminade, Philippe Poutou, Eva Joly. Mais pas pour François Hollande qui préfère s'attacher «à ce que l’Otan retrouve sa vocation initiale : la préparation de la sécurité collective». Ni pour Nicolas Sarkozy, qui a précisément ramené la France dans l'Otan.

> Le budget

Les militaires redoutent de faire des arbitrages budgétaires si la gauche, et en particulier le candidat socialiste, passe. Car François Hollande compte recruter 60 000 postes dans l’éducation, qu'il faudra bien financer en coupant ailleurs. «Normalement, la Défense ne doit pas remplacer 14 000 fonctionnaires partant à la retraite. Il y aurait une diminution des effectifs. Je mènerai également un nouvel acte de décentralisation, donc transfert d’un certain nombre de compétences aux collectivités locales. Nous aurons donc aussi cette clarification des compétences et des responsabilités à l’échelle territoriale», a précisé le candidat dans un entretien à Libération le 12 avril. Pas question en revanche pour Hollande de toucher à la dissuasion nucléaire, l’«assurance-vie» du pays.

François Bayrou refuse tout net que «la Défense soit considérée comme la «variable d’ajustement» budgétaire : «L’effort qui lui sera demandé sera le même que celui qui sera imposé aux autres administrations publiques du pays.» Et s'engage à «maintenir la gestion des ressources humaines de la Gendarmerie dans le périmètre du ministère de la Défense».

Jean-Luc Mélenchon, qui défend l'arrêt de la Révision générale des politiques publiques (RGPP, non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite), compte maintenir à ce titre les effectifs dans l'armée. Il défend aussi le droit pour les militaires de se syndiquer.

Nicolas Dupont-Aignan est pour le maintien du budget de la défense à 2% du PIB (soit 200 millions d’euros en 2012) et pour la construction d'un second porte-avion, tout comme Marine Le Pen, qui propose aussi la création d'une garde nationale de 50 000 réservistes sur le territoire.

A l'autre bout, Eva Joly, qui s'est collée une étiquette antimilitariste pour avoir remis en cause le défilé militaire du 14 Juillet, plaide pour «une Europe de la défense assumée». Elle est pour le «report ou l'annulation des investissements militaires» et le désarmement nucléaire, ainsi que pour le démantèlement des bases militaires françaises à l'étranger, comme Nathalie Arthaud.

Philippe Poutou, enfin, est aussi pour une réduction drastique du budget de la Défense.

La Turquie

A-t-elle oui ou non vocation à entrer dans l'Europe ? Les deux favoris sont contre l'adhésion. Nicolas Sarkozy s'y est toujours opposé, considérant avec l'UMP que «ce pays qui ne fait pas partie de l’Europe». Et François Hollande, qui avait paru laisser la porte ouverte lors de la primaire socialiste, est aujourd'hui catégorique : il n'y aura «pas d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne» lors de son quinquennat, s'il est élu, puisque «aucune condition majeure n'est réunie», a-t-il déclaré lors de l'émission «Des paroles et des actes» sur France 2 le 12 avril. Quelles conditions ? En 2004, alors Premier secrétaire du PS, il avait insisté sur les droits de l'homme et la reconnaissance du génocide arménien.

François Bayrou y est aussi hostile, de même que Jean-Luc Mélenchon «tant que l'Europe n'a pas une réelle politique sociale». Marine Le Pen est radicalement contre.

Eva Joly garde l'adhésion comme «perspective» et son parti, EE-LV est pour la «relance des discussions». C'est finalement Philippe Poutou qui se montre le plus ouvert : «Je suis évidemment favorable à ce que la Turquie puisse rentrer dans l’Europe», «au nom de l’Europe des peuples», a-t-il répondu au Nouvel Observateur.

La francophonie

Tous les candidats promettent de la relancer, mais sans vraiment préciser les choses: «grande concertation», «politique déterminée»…
Nicolas Sarkozy, qui soigne son électorat à l'étranger et avait fait prendre en charge par l'Etat les frais de scolarité des lycéens inscrits dans des établissements français à l’étranger, entend s'il est réélu «développer les implantations de lycées français à l’étranger, particulièrement dans les pays émergents, en s’appuyant sur des partenariats public-privé». Sur ce sujet, Hollande prendra «les mesures nécessaires pour accompagner nos compatriotes établis hors de France, notamment en matière d’enseignement, en fonction de leurs revenus».

Et aussiÂ…

Ecologie. Plusieurs candidats se disent favorables à de nouvelles institutions telles qu'une «Organisation mondiale de l’environnement» (François Hollande, Eva Joly), un «Tribunal international de justice climatique» (Jean-Luc Mélenchon), un «Conseil stratégique permanent de la mer» (Marine Le Pen).

Asie. Le FN, qui trouve que «notre absence en Asie est criante», fixe comme «priorité» la «formation de diplomates spécialistes de l’Asie et le renforcement de notre projection dans ces pays seront parmi nos priorités de politique étrangère». Et conditionne l'aide aux pays pauvres à un accord sur les flux migratoires.

Afrique. Eva Joly prône «la dissolution de la cellule Afrique de l’Elysée», et la fin du droit de veto à l'ONU.

Espace. Enfin, fidèle à son intérêt désormais bien connu pour l'espace, Jacques Cheminade appelle de ses vœux un «système de veille spatiale plus efficace contre l’intrusion d’astéroïdes ou de comètes dans l’atmosphère terrestre».




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Source/Lien : Libération



   
 
   
 
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