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Retour sur l’affaire du faux rapport de la DCRI
Publié le : 03-05-2012

Le Monde - blogs

Le blog de Guillaume Perrier, correspondant du Monde

30 avril 2012

Revenons sur une affaire qui a vivement agité le petit milieu franco turc en avril. Il s'agit de la publication sur Internet, d'un rapport, présenté comme authentique, qui analysait "les milieux nationalistes turcs en France".

Une nébuleuse discrète et méconnue qui a montré toute sa capacité de mobilisation au moment des manifestations de décembre et janvier dernier, à Paris. Plusieurs milliers de citoyens turcs et d'origine turque, venus de différents pays européens, avaient défilé aux abords de l'Assemblée nationale et du Sénat à l'appel de plusieurs organisations communautaires pour protester contre la loi, votée par les deux chambres, qui punissait d'une peine de prison et d'une amende, la négation du génocide arménien de 1915. Le Conseil constitutionnel avait finalement censuré la loi Boyer.

Ce rapport tombait donc à pic pour décrypter la stratégie et les idées politiques de ces réseaux nationalistes, proches de l'Etat (profond) turc. "Une nébuleuse extrémiste investissant le territoire national", dit-il en préambule. Fin mars, le document est mis en ligne sur un site de partage de fichiers, Calaméo. Quelques jours plus tard, ce rapport parvient sur le bureau de Franz Olivier Giesbert, directeur du Point, proche de la cause arménienne. Le journal Nouvelles d'Arménie, en est également informé. Les deux publications consacrent immédiatement des articles à ce rapport. C'est le début de l'affaire.

Le rapport de la Direction centrale du Renseignement (DCRI) a d'abord l'apparence d'un document authentique. Sur 19 pages, il explore avec force détails les réseaux nationalistes en France et en Europe. Il donne des détails exacts sur la Fédération des Turcs de France, un paravent du parti d'extrême droite (MHP) turc et livre la biographie de quelques-uns de ces Loups Gris. Des photos tirées des manifestations de cet hiver accompagnent ces informations.

Le rapport dresse ainsi le portrait de Ziya Arpacik, homme de main de l'Etat profond et ex- combattant volontaire au Karabakh, en reconstituant son parcours militant. Ou encore du couple Tastan, militants nationalistes turcs. Mme Fadime Tastan est adjointe au maire de Hérouville Saint-Clair, en Normandie.

Le rapport traite aussi, sans vraiment apporter toutes les informations, de deux organisations nationalistes turques implantées depuis plusieurs années en France. L'Association pour la Pensée d'Atatürk (Atatürk Dusünce Dernegi), qui possède des succursales dans toutes les capitales européennes. Organisation militaro nationaliste, proche des réseaux putschistes, l'ADD était au centre, en 2007, de l'organisation des manifestations "républicaines" qui avaient fait obstacle à une candidature de Recep Tayyip Erdogan à la présidence de la République. Elle était dirigée à l'époque par le général Sener Eruygur, emprisonné depuis dans le cadre de l'affaire Ergenekon.

L'un des autres mouvements qui structuraient les manifestations négationnistes de Paris était le "Comité Talaat Pacha", du nom de l'ordonnateur du génocide de 1915, ministre de l'Intérieur du gouvernement "Jeune turc". Ce Comité, installé et financé par l'Etat turc, rassemblait à l'origine des personnalités comme Dogu Perinçek, ancien dirigeant du Parti des Travailleurs (Isçi Partisi), un groupuscule maoïste nationaliste, incarcéré lui aussi pour ses liens avec l'affaire Ergenekon. On y trouvait également l'ex dirigeant de la "République turque de Chypre Nord" Rauf Denktas et l'ancien président turc Suleyman Demirel. Ce Comité a été autorisé à défiler librement à Paris malgré les campagnes de haine qu'il a menées en Europe. A Berlin, ses dirigeants avaient célébré Talaat, assassiné par un Arménien en 1921 et dont la dépouille fut rendue à la Turquie par Hitler en 1943. En Suisse, le Comité s'était mobilisé pour défendre la liberté de nier le génocide arménien. Dogu Perinçek avait d'ailleurs été condamné par la justice suisse.

Le vrai faux rapport donne enfin quelques détails sur d'autres organisations et médias qui structurent la communauté franco turque. Il est ainsi question de la radio MIT, dont l'acronyme signifie Made in Turkey, mais renvoie surtout aux Milli Istihbarat Teskilati, les services secrets, héritiers de l'Organisation spéciale qui en 1915 joua un rôle central dans l'exécution du génocide arménien. Cette radio par Internet qui dispose visiblement de moyens non négligeables, se fait l'écho des thèses officielles et assure la communication de l'ambassade de Turquie à Paris, ainsi que de ses relais politiques. La sénatrice Nathalie Goulet, qui défend régulièrement les thèses historiques turques et entretient des relations de proximité avec le régime azéri, y est régulièrement invitée. C'est la radio MIT qui avait édité ce petit manuel du manifestant.

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