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Des jeunes contre-manifestants de Lyon envoient leurs témoignages au Collectif VAN
Publié le : 24-03-2006


Je suis resté Place Bellecour après la manif anti CPE pour acheter à manger à la camionnette de la CGT et en vue de l’AG qui était prévu. J’ai assisté, médusé, à la friction avec les fascistes turcs « loups gris » (qui sont venus « contester des crimes contre l’humanité en faisant le signe du loup, équivalent turc du bras tendu des nazis » Cercle Marc-Bloch).

Après la charge des fascistes turcs contre les Arméniens, anti CPE et antifascistes, je suis allé rue de la République pour échapper aux gazs lacrymogènes de la police. J’ai discuté avec des camarades pendant un moment puis j’ai décidé de me rendre Place Colbert où une animation culturelle sur la Commune de Paris était organisée.

Sur le chemin, je suis passé par la rue du Romarin pour m’acheter à manger (ben oui, Place Bellecour la camionnette de la CGT a déguerpi pour éviter des dommages étant donné l’hostilité manifeste des loups gris, et elle a eu raison de le faire). Dans la rue Romarin, des individus énervés de voir des fascistes tenir la Place des Terreaux faisaient le bordel : poubelles renversées etc…

Comme quelques uns d’entre eux lançaient des pierres en contre bas sur les fascistes et sur des gardes mobiles, je leur ai objecté que c’était une mauvaise idée particulièrement dangereuse. En effet, la plupart des pierres retombaient sur des spectateurs / manifestants non-violents (tel que moi) et dans les fenêtres des immeubles.

En plus, ils faisaient cela sous l’œil avisé des caméras de surveillance de la mairie. Les gardes mobiles en contre bas ont balancé des lacrymogènes, je suis remonté dans la rue pour les éviter (en remontant mon écharpe sur le nez pour respirer le moins de gaz possible) puis je suis redescendu voir s’il y avait des blessés.

Quelqu’un a crié pour dire que les gardes mobiles remontaient la rue au pas de course, qu’ils s’apprêtaient à charger. Tout le monde est parti en direction du haut des pentes de la Croix-Rousse avec précipitation et dans la panique pendant que quelques jeunes couchaient des barrières de chantier sur la chaussée, espérant ainsi freiner les gardes mobiles.

Personnellement je n’ai pas touché ces barrières ni lancé quoi que ce soit, je me suis contenté de remonter rapidement la rue en empruntant le trottoir situé à l’Ouest de la chaussée. A l’instant même où j’atteignais la fin de la rue, deux voitures de police ont surgit. Pris de panique j’ai eut le mauvais réflexe de partir en courant dans la rue des Capucins, je me suis stoppé quand un policier a crié « arrête de courir ».

A cet instant, j’ai vu qu’une personne que je ne connaissais pas était également partie en courant dans cette rue. Nous avons été tous les deux menottés sans violence puis entassés dans une voiture de police avant d’être transféré en fourgon à Marius Berliet.

Dans la voiture les policiers (après quelques blagues de mauvais goût) ont demandé notre identité que nous avons déclinée. Ils ont affirmé à leurs collègues par radio que nous avions été interpellés car l’on aurait cassé une vitrine, a priori un bar-tabac, avec une barrière de chantier.

Arrivé à Marius Berliet et une fois la vérification d’identité effectuée les policiers nous ont notifié notre placement en GAV. Ils nous ont demandés si l’on désirait qu’ils avertissent un membre de notre famille et un avocat et si l’on voulait une visite médicale lors de la première heure de la GAV.

Je leur ai demandé d’appeler un avocat dont j’avais le numéro et j’ai émis le souhait de voir un médecin. Plus tard, un policier m’a annoncé que l’avocat ne répondait pas et qu’ils avaient appelé un commis d’office à la place. Les policiers nous ont demandés de signer le PV de placement en GAV, nous avons refusé de le faire tellement le motif de la GAV était ahurissant : « violence volontaire en réunion avec arme par destination ».

Dans le sas entre les couloirs de la DDSP et les cellules, un policier (présent lors de l’interpellation) nous demande si cela nous amuse de casser des vitrines, mon co-gardé à vue répond qu’il n’a rien fait, le policier rétorque « c’est ça prend moi pour un con ».

En cellule j’ai été et j’ai pu aller aux sanitaires quand je le désirais, la cellule était propre à l’exception des murs. En revanche, je n’ai vu le médecin qu’à 0H35 alors que j’étais en GAV depuis au moins 19H00, il était plutôt sympathique, soucieux de ma santé, et il m’a donné un cachet pour ma tension qui était apparemment très très haute.

Il m’a expliqué qu’il était là pour voir si j’étais apte physiquement à être placé en GAV. Par contre je n’ai pas vu d’avocat de toute ma GAV et on ne m’a jamais informé sur la peine que j’encours. J’ai eu le droit à la photo de face et de profil avec le panneau, le numéro d’immatriculation et tout le tralala, comme si j’étais un terroriste ou tueur.

Ils m’ont pris les empreintes digitales à l’aide d’une machine sophistiquée (biométrie ?) estampillée « Sagem », encore une boîte à boycotter. Lors de la GAV, les policiers m’ont semblé débordés et désorganisés, il y avait une quarantaine de personnes en GAV et peut être 5 ou 6 policiers pour garder tout ce peuple. Du coup, ils m’ont fichu la paix.

Mon compagnon de cellule était là pour une histoire de stupéfiant, il en était à son troisième jour de GAV et n’avait toujours pas vu d’avocat.

Le dimanche vers midi j’ai été auditionné (c’est le terme politiquement correct pour dire interrogé) par un OPJ courtois et compréhensif qui a tapé sur le PV ce que je lui ai répondu, à savoir : je ne connaissais rien sur Monsieur Durand et je n’étais pas avec lui pendant la manif, je ne voulais pas en découdre avec les fascistes, je savais pourquoi les fascistes manifestaient, j’étais en désaccord avec eux d’un point de vue idéologique, je n’ai lancé aucun projectile ni quoi que ce soit, j’ai couru parce que j’étais paniqué.

Il m’a au préalable averti que de toute façon j’avais intérêt à dire la vérité parce que la justice va demander à visionner les vidéos municipales. Je lui ai expliqué en détail mon emploi du temps, il l’a tapé en le résumant un peu trop à mon goût. J’ai signé le PV puisqu’il était écrit noir sur blanc que je ne reconnaissais pas les faits qui m’étaient reprochés. J’ai demandé une copie du P.V., ce qui m’a été refusé.

A 16H45, je découvre à ma « libération » que je suis convoqué pour une composition pénale au motif de « violence volontaire sur 4 agents de police avec arme », la « réunion » étant abandonné. En conclusion, la police et la justice ont trouvé la solution qui arrangeait tout le monde : j’évite la comparution immédiate devant le tribunal correctionnel et la tôle, le rassemblement de soutien sur le parvis de Marius Berliet cesse, la Préfecture évite des hostilités entre fascistes et antifascistes devant le tribunal, les policiers vont pouvoir négocier de grosses indemnités lors de la composition.

Néanmoins quelques interrogations subsistent. Les policiers nous ont arrêtés parce qu’ils nous auraient vu en train d’essayer de briser une vitrine avec une barrière de chantier puis finalement on nous reproche d’avoir utilisé la dite barrière pour blesser les policiers (ce qui n’est pas très étonnant puisque je n’ai pas vu de vitrine brisée Place Croix-Paquet, par contre j’ai lu le lendemain matin dans le journal que la vitrine d’un bar tabac a été détériorée rue Pizay).

Nous serions deux à avoir balancé une barrière en même temps et au même endroit sur les mêmes personnes sans s’être concerté ni vu, ce qui n’est théoriquement pas infaisable mais tout de même peu probable.

En résumé, je n’ai pas été victime de violences policières. J’ai vraiment cru que j’allais passer en comparution immédiate – ce qui aurait été le cas si la « réunion avait été retenu » - et finir en tôle. La prochaine fois je serai moins curieux et je ne courrai comme un abruti à la vue des policiers (facile à dire quand on a pas la menace d’une charge de gardes mobiles dans le dos).

Mais dans si dans la panique certains restent pétrifiés, d’autres s’agenouillent et prient, d’autres hurlent et d’autre cours, moi j’ai tendance à avoir cette dernière réaction aussi irrationnelle soit-elle (CF le livre « la panique » de J.P. Dupuy, très intéressant à ce sujet).


Commentaire final :

La contre manif était spontanée et unie. Il n'y avait pas de méchants casseurs d'un côté ni de gentils manifestants de l'autre, pas d'Arméniens d'un côté et des anti-CPE de l'autre. En fait la contre manif était sans étiquettes, il n'y avait pas de drapeaux ou de banderoles. En bref, tout le monde (plusieurs centaines de personnnes quand même) était mélangé et réuni dans un même but : exprimer notre dégout face à un rassemblement visiblement haineux, hostile et ouvertement négationiste.
C'est abusif de ma part de parler de contre manif car suite à l'intervention policière c'était plutôt un rassemblement désordonné et paniqué, imaginez : une manif hostile d'un côté, les CRS de l'autre, des lacrimos de partout et quelques néo-nazis en prime.
Quand je parle de charge, c'est parce que de jeunes fascistes Turcs ont tenté à plusieurs reprises de forcer leur propre service d'ordre et y sont plus ou moins parvenus.


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Crédit-photo : MJ

Commentaire VAN : Cette photo, qui nous est parvenue indépendamment du témoignage, est également en ligne sur un site d'extrême-droite dont nous désapprouvons totalement l'esprit.
Pour autant, la photo, elle, se passe de tout commentaire...







   
 
   
 
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