Aujourd'hui : Mercredi, 1 octobre 2014
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
PHDN
Adhérez au Collectif VAN
Le génocide arménien expliqué aux turcophones
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
Comité international de soutien aux intellectuels de Turquie
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
Le préfet du Rhône laisse défiler les négationnistes
Publié le : 24-03-2006

étudiant, Lyon (Rhône).



La manifestation anti-CPE lyonnaise du 18 mars, qui avait commencé à 11 heures pour des raisons que l’on ignorait alors, se déroulait à merveille. Une bonne mobilisation, moins de policiers en civil, une ambiance plus détendue que jeudi dernier. Après une courte marche, les manifestants se retrouvent place Bellecour, principale place lyonnaise. On entend les premiers sons de djembé, de trompette : bref, une ambiance bon enfant.

Vers 13 h 30, les manifestants se dispersent, satisfaits. Je reste encore sur la place Bellecour, avec une centaine de personnes, pour parler, chercher à manger et rester dehors : il fait beau. Arrive alors, au loin, une centaine d’autres manifestants, sous le drapeau turc. Je m’approche et lis sur leurs banderoles les revendications. Mon sang se glace. « Le génocide arménien n’a jamais existé », « Nous sommes fiers de notre passé »... Un peu paniqué, je retourne près des manifestants anti-CPE, qui observent, médusés, ces nouveaux arrivants.

Nous reprenons nos esprits et fusent les premiers slogans antifascistes. De « No pasaran » à « Nous sommes tous des enfants d’immigrés » en passant par « Le fascisme ne passera pas ». Les nationalistes turcs, qui sont maintenant plus d’un millier, se réunissent autour de la statue principale et chantent des hymnes, des slogans. Les derniers militants anti-CPE appellent ceux qui sont déjà partis, nos rangs grossissent. Arrivent bien entendu les CRS. Calmement, ils se mettent entre les deux groupes, afin d’empêcher tout affrontement direct. Mais on remarque un détail inquiétant : certains d’entre eux ont sur leur dos des fusils mitrailleurs. Je questionne un policier en civil, qui me dit que « les Turcs ont peut-être des armes ». Ça change la donne.

Les nationalistes turcs commencent à être agressifs et hurlent dans notre direction, nous crions de plus belle : « Nous sommes tous arméniens ! » Mais, peu à peu, nous comprenons pourquoi notre rassemblement était à 11 heures... La manifestation que nous avons en face de nous est autorisée par la préfecture ! Ces négationnistes ont l’accord de la police, et c’est nous qui sommes en faute ! Les CRS s’en rendent compte d’ailleurs et tirent les premières lacrymos. Puis s’en donnent à coeur joie : Flash-Ball, matraque... Une guérilla urbaine, alors que les quelque deux milles manifestants d’extrême droite turque continuent leur marche, encadrés par un mur de CRS, qui les protègent des méchants « antifafs ».

Le cortège se dirige vers l’hôtel de ville de Lyon, suivi dans les rues parallèles par les militants anti-négationnistes. Les affrontements recommencent sur la deuxième place la plus importante de Lyon, les Terreaux. Les CRS tirent lacrymogènes et Flash-Ball contre une population de jeunes des banlieues, d’anarchistes descendus de la Croix-Rousse et de militants d’extrême gauche de toutes sortes. On voit alors les premières barricades, faites avec des poubelles et des barrières de chantier. Puis, aussi vite qu’ils ont commencé, les incidents cessent. Les Turcs sont évacués dans des bus sous la protection de CRS qui bloquent les ponts et les boulevards de la presqu’île...

Reste une question : comment le préfet a-t-il pu autoriser une manifestation d’extrême droite, niant l’existence d’un génocide que la France a officiellement reconnu en 2001, et ce une demi-heure après une manifestation majoritairement de gauche ? On aurait voulu provoquer des affrontements que l’on ne s’y serait pas pris autrement...

Gaspard Flamant




Crédit-Photo : M.J


Retour aux News




Source/Lien : L'humanité



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org