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Tawakkul Karman devient turque
Publié le : 22-10-2012

OVIPOT

18 octobre 2012
Par Jean Marcou

Le 11 octobre 2012, la célèbre activiste yéménite Tawakkul Karman a reçu, du ministre turc des affaires étrangères en personne, une carte d’identité qui lui confère la nationalité turque. Rappelant que la famille de Tawakkul Karman a des origines turques, qui se trouveraient dans la province de Karaman (sud-est de la Turquie), Ahmet Davutoğlu a déclaré notamment que son pays était «honoré qu’une femme issue d’une famille anatolienne ait mené une telle lutte pour la liberté et la démocratie au Moyen-Orient».

La révolutionnaire yéménite a milité effectivement pendant plusieurs années pour les droits des femmes et la liberté d’expression dans son pays, y fondant notamment, dès 2005, le groupe des «femmes journalistes sans chaînes». Membre de la principale formation d’opposition, le parti islamiste al-Islah, elle devient, en janvier 2011, le symbole du soulèvement qui se développe au Yémen après la révolution tunisienne, et qui s’inspire du mouvement qui, en Égypte, est en train de mettre un terme au régime d’Hosni Moubarak. Plusieurs fois menacée par les autorités yéménites ou par les organisations parallèles de celui-ci, arrêtée puis relâchée, elle a eu la satisfaction de voir le processus de changement, qu’elle avait fortement contribué à lancer, aboutir, en février dernier, au départ du président Ali Abdullah Saleh. Entretemps sa notoriété internationale s’est encore amplifiée puisqu’elle a obtenu le prix Nobel de la Paix, conjointement avec les Libériennes Leymah Gwobee et Ellen Johson Sirleaf.

Née en 1979, Tawakkul Karman est la première yéménite et la plus jeune femme à avoir reçu le prix Nobel de la Paix. Pourtant, lors de la cérémonie qui a présidé à la remise de sa carte d’identité turque, elle a dit sa fierté de devenir turque en n’hésitant pas à affirmer que cette sa nouvelle carte avait pour elle plus de valeur que son prix Nobel.

Le chef de la diplomatie turque a donc réussi un coup médiatique en adoubant l’une des figures de proue des récents «printemps arabes» que la Turquie (comme beaucoup d’autres États d’ailleurs) avaient accueilli au départ avec une certaine prudence. On se souvient en effet que Recep Tayyip Erdoğan, après un mutisme critiqué par la presse turque, a finalement apporté son soutien à la Révolution égyptienne au début du mois de février 2011 (cf. notre édition du 1er février 2011). Gêné à nouveau par l’intervention internationale en Libye, puis par le soulèvement contre son ancien allié syrien, le premier ministre turc a néanmoins fait l’an passé, en septembre, une tournée triomphale dans les pays arabes (Égypte, Tunisie, Libye) où la contestation a eu raison de régimes autocratiques qui paraissaient inamovibles.

Dans cette remise de carte à Tawakkul Karman, d’aucuns verront aussi s’exprimer, une fois de plus, l’inclination marquée du chef de la diplomatie turque pour les initiatives néo-ottomanistes. Sur quelle ex-marche de l’Empire ira-t-il cette année fêter la prochaine Aïd ? Peut-être au Yémen… Une chose est sûre, il lui sera difficile de faire mieux que l’année dernière, qui l’avait trouvé à Sarajevo pour l’Aïd el-Fitr, affirmant haut et fort qu’en une telle période de réjouissances, il se sentait vraiment comme chez lui dans la grande mosquée de la capitale bosniaque (cf. notre édition du 1er septembre 2011). N’oublions pas en outre que depuis, au mois d’août dernier, Ahmet Davutoğlu s’est offert une nouvelle escapade néo-ottomane, en se rendant, cette fois à Kirkouk, un événement qu’il a qualifié lui-même de «jour le plus important» de sa vie, et qui l’a vu rappeler qu’aucun ministre turc n’était venu là depuis 75 ans (cf. notre édition du 4 août 2012). Le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, que son homologue turc n’avait pas daigné informer, n’a pas goûté la démarche, pas plus que Bachar el-Assad d’ailleurs n’avait apprécié, en décembre 2010, une référence du chef de la diplomatie turque à un «espace ottoman», sensé être la trame de la stratégie du fameux «zéro problème avec nos voisins». Mis en demeure de s’expliquer sur ce propos par Damas, Ahmet Davutoğlu avait juré n’avoir jamais évoqué un tel espace, et les choses en étaient restées là. Il est vrai que les relations turco-syriennes étaient alors sans nuages ou presque. C’était une autre époque mais le temps passe si vite !

JM




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Source/Lien : OVIPOT



   
 
   
 
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