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Trois militantes kurdes abattues à Paris
Publié le :

Le Figaro

Par Jean-Marc Leclerc, lefigaro.fr, Marie-Amélie Lombard

Mis à jour le 10/01/2013 à 11:38 | publié le 10/01/2013 à 09:31

Légende photo : Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Soylemez. Capture d'écran Firatnews.

Leurs corps ont été découverts dans la nuit au Centre d'information du Kurdistan, dans le Xe arrondissement. Les meurtres qui suggèrent des exécutions seraient intervenus mercredi après-midi.

La scène du crime suggère une exécution. Trois militantes kurdes d'origine turque ont été abattues dans la nuit de mercredi à jeudi au Centre d'information du Kurdistan, situé dans le dixième arrondissement de la capitale. Les corps ont été découverts peu avant 2 heures du matin au premier étage d'un immeuble du 147, rue La Fayette. Deux des femmes auraient été tuées d'une balle dans la nuque, la troisième aurait été touchée au ventre et au front.

Aucune plaque ne signale la présence de ce centre, dont l'accès est protégé par un digicode. Les enquêteurs pensent que les militantes, qui étaient seules dans les locaux, ont ouvert elles-mêmes à leur(s) assaillant(s). L'alerte a été donnée par les proches des victimes qui n'arrivaient pas à les joindre depuis mercredi après-midi. Le petit ami de l'une d'elles a tenté de se rendre sur place mais n'avait pas les clés et n'a pu rentrer immédiatement.

Une détonation entendue à 18 heures

Les policiers ont été appelés à 1h45 pour intervenir. Ils ont dû forcer la porte, révèle Europe 1, et ont alors découvert une scène de crime ensanglantée. On ignore encore l'heure à laquelle ont été tuées ces femmes mais un voisin a confié à la radio avoir entendu une détonation vers 18 heures.

L'identité des victimes a été confirmée par le responsable du centre Leon Edart, responsable de la fédération des associations kurdes. Il s'agit de Sakine Cansiz, l'une des fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Fidan Dogan, 32 ans, représentante du Congrès national du Kurdistan (KNK), basé à Bruxelles, et Leyla Soylemez, une jeune activiste, responsable des associations de jeunesse kurdes.

Selon plusieurs manifestants rencontrés sur place, la cible principale de l'attentat était Sakine Cansiz, une figure du mouvement kurde, qui a été emprisonnée en Turquie. Ces membres de la communauté kurde à Paris voient la main des services secrets turcs derrière l'attentat.

Sakine Cansiz, une femme d'une cinquantaine d'années, avait, selon ces témoignages, le statut de réfugié politique en France et voyageait beaucoup en Europe, notamment en Allemagne et en Belgique. «Responsable de l'organisation des femmes kurdes, elle participait à de nombreuses réunions. Il y a plus de deux cents associations kurdes en Europe, dont une vingtaine en France», raconte une journaliste kurde au milieu de la foule des manifestants. Selon cette journaliste qui a rencontré Sakine Cansiz au début de la semaine au Centre culturel kurde, celle-ci venait d'arriver à Paris, où elle était aussi suivie pour «des problèmes santé». La militante ne lui avait alors pas paru «particulièrement inquiète ou menacée».

Toujours selon cette journaliste kurde, les bureaux du Centre d'information du Kurdistan se composent de deux pièces auxquelles s'ajoutent une cuisine et une salle de bains, au 1er étage du 147, rue La Fayette et ne sont pas spécialement sécurisés.

Dénonçant des meurtres «insupportables», le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est déplacé sur place en début de matinée. «Soyez assurés de la détermination des autorités françaises» pour résoudre cette affaire, affirme-t-il. À la vue du ministre, les manifestants ont scandé des slogans tels que «Solution politique pour le Kurdistan» ou «Nous sommes tous du PKK».

Peu de détails ont filtré sur les circonstances du drame. Mais les enquêteurs ont précisé au Figaro que les Kurdes de cet institut auraient eu des différends avec la communauté turque de la Seine-Saint-Denis, notamment les responsables d'un journal turc.
Vidéo BFM. Désolé, cette vidéo n'est pas disponible sur votre appareil.

Dès l'annonce de ces assassinats, des centaines de Kurdes se sont rassemblés devant l'immeuble, scandant «Elles ne sont pas mortes», «Nous sommes tous PKK!», «Turquie assassin, Hollande complice!». La Fédération des associations kurdes de France appelle les Kurdes d'Europe «à se rassembler à Paris pour dénoncer cette attaque».

La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie. Elle a confié l'enquête à la sous-direction antiterroriste (Sdat) et à la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle de la police judiciaire.




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Source/Lien : Le Figaro



   
 
   
 
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