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Article du journal franco-turc Zaman - 08/03/2013 - 2
Publié le :

Le Collectif VAN relaye ici les articles du journal franco-turc Zaman (équivalent du Today's Zaman en langue anglaise, diffusé en Turquie). Attention : ces articles ne sont pas commentés de notre part. Il s'agit pour l'essentiel de traductions des versions turque et anglaise du Zaman, journal proche du parti au pouvoir (AKP).



Zaman France

Ne pas confondre antisionisme et antisémitisme

Par Ömer Taşpınar | jeu, 07/03/2013 - 13:59

Ömer Taspinar revient sur les propos tenus par Recep Tayyip Erdogan, la semaine dernière, dans lesquels il assimile le sionisme à un crime contre l’humanité. Pour lui, le sionisme est associé à l’expulsion, à la répression et au massacre de Palestiniens par l’Etat juif.

J’étais sur le point de donner une conférence à Washington à un groupe de diplomates américains appelés à prendre leurs fonctions en Turquie dans les prochains mois quand on m’a informé des propos tenus par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan dans lesquels il assimile le sionisme à un crime contre l’humanité.

Le Premier ministre ayant tenu ces propos la veille de l’arrivée à Istanbul du nouveau secrétaire d’Etat américain John Kerry, nous avons plaisanté sur le sens du timing d’Erdogan. Pourtant, plaisanterie mise à part, je me suis dit que les médias occidentaux allaient une fois de plus évoquer l’image d’un leader islamiste enclin à l’antisémitisme. De fait, quelques heures plus tard, j’ai commencé à recevoir des appels d’émissions télé et radio qui me demandaient de commenter les propos d’Erdogan. J’ai lu le texte du discours du Premier ministre, et j’ai été plutôt soulagé de constater qu’à côté du sionisme, dans la même phrase, il dénonçait l’antisémitisme, le fascisme et l’islamophobie. Mais, comme il fallait s’y attendre, les médias ont focalisé sur le sensationnel.

Je pense qu’il faut dire d’emblée que ces propos du Premier ministre sur le sionisme fourniront des armes au sentiment antiturc de certains membres du Congrès américain. Le sens du timing d’Erdogan est d’autant plus remarquable que l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), l’influent lobby pro-israélien, tient sa réunion annuelle en ce moment-même, et je suis sûr que les mots du chef du gouvernement ne feront que confirmer aux yeux des participants qu’il n’est pas seulement antisioniste, mais encore foncièrement antisémite. L’ironie, c’est que personne ne relèvera le fait que, dans la même phrase, Erdogan a assimilé l’antisémitisme à un crime contre l’humanité.

Distinction entre sionisme et antisémitisme

Je pense qu’il est important de voir que dans le monde musulman la plupart des gens ont du sionisme une conception très différente de la définition du terme. Pour la plupart des Juifs, le sionisme réfère à l’idée de créer un Etat juif. Dans ce sens, il est employé comme quasi synonyme de «nationalisme juif», et désigne cette idéologie qui a conduit des intellectuels juifs européens tels que Theodor Herzl à entreprendre le projet de création d’un Etat juif. Wikipedia, par exemple, définit le sionisme comme étant à la fois «une forme du nationalisme juif et la culture juive qui constitue le support d’un Etat-nation établi sur le territoire défini comme étant la terre d’Israël». Le sionisme est ainsi une idéologie qui «aide les Juifs à préserver leur identité juive, s’oppose à l’assimilation des Juifs au sein des autres sociétés et œuvre pour le retour des Juifs en Israël en tant que moyen pour les Juifs d’être majoritaires dans leur propre pays, afin qu’ils n’aient plus à souffrir de l’antisémitisme, de l’exclusion et de la persécution qui étaient leur lot lorsqu’ils vivaient en diaspora.»

Erdogan a été celui qui a accueilli Shimon Peres

Pourtant, dans le monde musulman, comme, probablement, pour nombre d’autres Gentils [les autres peuples, chez les Juifs, ndlr], le sionisme n’est pas perçu comme étant l’idéologie qui a conduit à la création d’Israël. Je pense qu’aux yeux de M. Erdogan et de bon nombre d’autres musulmans, le sionisme est associé à l’expulsion, à la répression et au massacre de Palestiniens par l’Etat juif. En ce sens, être antisioniste équivaut non pas à la négation de l’Etat d’Israël, mais au refus du sort fait aux Palestiniens par ce même Etat. C’est pourquoi je pense qu’il est important de faire la distinction entre antisionisme et antisémitisme. Tous les antisionistes ne sont pas antisémites. Critiquer la politique de l’Etat d’Israël et haïr les Juifs sont deux choses différentes.
Je ne veux pas avoir l’air de faire l’apologie du Premier ministre, mais il me semble que quand quelqu’un dit «le sionisme, l’antisémitisme, l’islamophobie et le fascisme sont tous des crimes contre l’humanité», il est évident qu’il n’est pas antisémite. Erdogan a été le chef de parti qui a accueilli le président israélien Shimon Peres lorsqu’en 2006 il est venu prononcer un discours au Parlement turc ; il a fait office de médiateur entre Israël et la Syrie entre 2007 et 2008. On ne saurait le blâmer d’être opposé à la création de l’Etat d’Israël. Il est sans doute antisioniste, mais antisémite, certainement pas.




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Source/Lien : Zaman France



   
 
   
 
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