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Des rescapés de la Shoah témoignent au service des enseignants
Publié le :

MARIO TOGNI

Paru le Lundi 29 Janvier 2007

JOURNÉE DE LA MÉMOIRE - Outil pédagogique bilingue, le coffret DVD «Survivre et témoigner» contient des interviews filmées de survivants de l'Holocauste vivant en Suisse et d'historiens, à utiliser en classe.

Jour de la libération d'Auschwitz, la date du 27 janvier est désormais symbolique. Chaque année depuis 2004, les établissements scolaires suisses la célèbrent officiellement comme «Journée de la mémoire de l'Holocauste et de prévention des crimes contre l'humanité». Mais si les initiatives se multiplient dans les écoles, aborder la Shoah en classe interpelle toujours les enseignants.
Pour combler ces lacunes pédagogiques, deux maisons d'édition publient conjointement le coffret «Survivre et témoigner, rescapés de la Shoah en Suisse»[1], sous la direction de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI). Ce document bilingue (français-allemand), à utiliser dès la 9e année scolaire, présente les interviews filmées de six survivants de la Shoah, qui ont tous traversé un jour la frontière helvétique.


Associer passé et présent

«L'Holocauste est un sujet universel, une cassure dans le monde occidental, et chaque pays doit l'étudier dans son propre contexte, explique Eva Pruschy, directrice du projet pour la FSCI. L'objectif est que les élèves soient touchés personnellement par ces histoires, qu'elles leur permettent d'associer le passé avec leur propre vie.»
Pour Monique Eckmann, sociologue et professeure à la Haute école de travail social de Genève, «cet ouvrage n'a donc aucun caractère commémoratif. Il propose plutôt une réflexion sur l'histoire, l'histoire suisse notamment, par le biais des témoignages.»
Henri Silberman, un des témoins, vit aujourd'hui à Genève. Né à Vienne en 1925, il fuit l'Autriche avec ses parents à la suite de l'annexion allemande de 1938. Après une période en Italie, chez un oncle, puis en France, le départ vers la Suisse s'impose en automne 1942. «On nous a averti que mon nom figurait sur une liste de déportation, raconte-t-il Nous sommes partis à l'instant même.»


Passage à haut risque

Un voyage en train plus tard, c'est à pied que la petite famille devra passer la frontière, par le col de Balme, en Valais. L'ascension est rude et la santé du père fragile. En descendant du sommet, dans la nuit, Henri et ses parents se perdent et sont arrêtés par un groupe de soldats. «Heureusement, c'étaient des Suisses, relève le vieil homme. Ils ont appelé Berne, pour savoir s'il fallait nous refouler ou non, et nous ont laissé entrer.» Ses souvenirs, intacts, abondent de détails: «On nous a offert du fromage, du fromage suisse, excellent, c'était de l'Emmentaler!»
Quelques temps plus tard, c'est d'un autre visage de la Suisse dont se rappelle Henri Silberman: «Quand je suis allé au gymnase de Trogen (Appenzell, ndlr), il y avait une grande proportion d'antisémites, élèves et professeurs, des gens qui comptaient réellement sur la victoire des Allemands.»


Une histoire complexe

L'histoire de la Suisse durant la Seconde Guerre mondiale est donc à considérer dans son entière complexité, rappellent les historiens qui ont participé au projet. Marc Perrenoud, collaborateur de la commission Bergier, explique que la question des refoulements, par exemple, qui a suscité nombre de débats, n'est pas toujours si simple qu'elle n'y paraît: «Il s'agit parfois de combinaisons de facteurs, entre des gens qui marchent dans la forêt et une décision intervenue à Berne quelques heures plus tôt. L'analyse historique est donc indispensable.»
Pour Charles Heimberg, auteur du cahier pédagogique qui accompagne le DVD, «la transmission de la mémoire passe aussi par la connaissance des faits, même si la Shoah comporte une part d'irrationnel.» Dès lors, conclut Eva Pruschy, «nous croyons réellement que la mémoire favorise la prise de conscience. Pour que la dimension particulière de l'extermination des juifs rallie les revendications du respect des droits humains.» I

Note : [1]«Survivre et témoigner, rescapés de la Shoah en Suisse», publié par les éditions IES (Genève) et Verlag Pestalozzianum (Zurich). Le coffret contient un DVD (155 min de film et matériel didactique) et un cahier pédagogique de 112 pages. Prix: 45 francs. Infos: 0223889409; editions.hetsesge.ch ou www.ies-geneve.ch.



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Source/Lien : Le Courrier



   
 
   
 
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