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Nouvelles destructions du patrimoine arménien en Turquie
Publié le : 18-07-2013

Légende photo : Ci-contre, une maison arménienne à Mouch en 1979 (en-haut : photographie issue des archives de l’Organisation Terre et Culture) et en 2013 (en-bas : photographie parue dans la pétition en ligne contre la destruction de ces maisons à Mouch : http://imzakampanyam.com/MUS-ta-TARIHI-ERMENI-EVLERININ-KATLIAMINA-BIR-IMZA-ILE-DUR-DE-imza-kampanyasi).

Communiqué du "Collectif 2015 : réparation"

PÉTITION - ALERTE
NOUVELLES DESTRUCTIONS DU PATRIMOINE
ARMÉNIEN EN TURQUIE


Le 5 juillet 2013

Alors que de nouveaux actes de destruction du patrimoine arménien surviennent aujourd’hui en Turquie, dans la continuité de la politique d’effacement du passé arménien faisant suite au génocide des Arméniens au début du XXe siècle, le Collectif 2015 : réparation joint sa voix à celles qui osent en Turquie s’opposer à cette politique d’État.

Sous couvert d’aménagements urbains, la destruction du patrimoine arménien en territoire turc se poursuit en ce moment même, comme l’ont souligné récemment plusieurs journaux de Turquie, tels qu’Agos, Radikal ou encore Taraf.

Sur les hauteurs de la ville de Mouch en Turquie orientale, dans le quartier de la citadelle (ancienne citadelle de Mouchegh, d’où les attaques contre les habitants Arméniens avaient été lancées en juin 1915), la municipalité (parti AKP) a entrepris la destruction de centaines d’anciennes maisons arméniennes sous prétexte d’installations de nouvelles infrastructures. Ces maisons de près de cent cinquante ans appartenaient jadis aux Arméniens de la ville de Mouch, qui comptait environ 7 500 âmes avant le génocide (plus de 75 000 si l’on compte les villages alentour). Celles qui n’avaient alors pas été détruites alors ont été, pour la plupart, occupées jusqu’aujourd’hui. Parmi ces habitants, une vingtaine de propriétaires seulement ont protesté contre le projet de destruction. Ils ont subi par la suite des intimidations de la part de la police. Dans le quartier se trouve également une église arménienne en ruines, elle aussi menacée de destruction. Le projet prévoit d’y construire des logements sociaux qui abriteront entre autres les propriétaires actuels des anciennes habitations. Selon le journal Agos du 28 juin 2013, plus de la moitié des constructions du quartier de la citadelle ont déjà été démolies à ce jour. Creusant le sol et les murs des maisons, des locaux se sont livrés à des recherches de supposés trésors, qui auraient été cachés par les Arméniens au début du génocide. Les habitations encore debout tiennent grâce à la résistance des quelques propriétaires sceptiques quant à la nouvelle formule de dédommagement imposée par la municipalité. Quasiment aucune figure politique ne s’est opposée à ce projet, et le sujet n’a été que brièvement mentionné au Parlement turc par un député du Parti pour la Paix et la Démocratie (BDP).

À l’autre extrémité du pays, en Thrace, la petite ville de Malkara, proche de Tekirdag (ancienne Rodosto), a également été mentionnée dans la presse, lorsqu’un auteur turc originaire de cette ville a révélé l’existence d’un projet de construction d’un restaurant sur le cimetière arménien. La ville abritait jusqu’à 3 500 Arméniens avant le génocide. Le projet en question, dont l’appel d’offres a été emporté par un membre du parti AKP, s’inscrit lui aussi dans la continuité de la politique de destruction de l’héritage arménien. La municipalité est responsable du déplacement des pierres tombales du cimetière, scandaleusement utilisées comme bouches d’égout, et d’avoir jeté de côté les ossements que contenaient les tombes. Le site étant déjà défiguré, le responsable du projet de construction du futur restaurant se défend et proclame ne pas avoir été au courant de l’existence de ce cimetière. Pour autant, il n’est pas question de suspendre ou de modifier le projet. Quant à l’église de Malkara, bien que figurant dans la liste des monuments historiques de la municipalité, elle est en ruines et ne fait l’objet d’aucune protection. Ainsi, continue de disparaître le peu de ce qui restait de la présence des Arméniens d’Asie mineure. On peut énumérer un très grand nombre de biens de la Nation arménienne - reconnus et référencés comme tels jusqu’en 1915 - spoliés, vandalisés, occupés, abandonnés et tombés en ruines.

Si les récents projets des municipalités de Mouch et de Malkara ne font que s’inscrire dans la continuité de cette politique d’État anti-arménienne, on peut toutefois observer que leur mention dans la presse et, dans une moindre mesure, dans la sphère politique, est un élément nouveau. De même, malgré tous les efforts de l’État turc et de ses gouvernements successifs pour effacer les traces des Arméniens, les citoyens d’Istanbul redécouvrent aujourd’hui l’existence, sous leurs pieds, tout près du fameux parc Gezi, de l’ancien cimetière arménien Sourp Hagop. Un cimetière qui a été, comme tant d’autres, victime d’aménagements urbains, et qui a disparu du paysage d’une ville qui se vante d’être multiculturelle. Aujourd’hui, la place Taksim connaît de nouveaux projets d’aménagement, et durant de récents travaux, près d’une vingtaine de tombes arméniennes ont été mises au jour. Ceci a été officiellement révélé par le ministre turc de la Culture et du Tourisme au Parlement. L’existence du cimetière, méconnue de beaucoup de Stambouliotes, revient à la surface. Elle a d’ailleurs été mentionnée dans la presse internationale, telle que le New Yorker (28 juin 2013).

Quel avenir pour le patrimoine arménien en Turquie ?

À l’approche du centenaire du génocide arménien, une prise de conscience, bien qu’encore minoritaire, semble se confirmer en Turquie, remettant en cause la politique de l’État. Le Collectif 2015 : réparation soutient les initiatives prises en Turquie pour redonner aux Arméniens leur place dans ce pays, et il appelle les citoyens de Turquie comme les Arméniens de Diaspora et d’Arménie à s’unir aux prises de position courageuses de certains journalistes, intellectuels et organisations en Turquie, qui œuvrent dans le sens de la préservation du patrimoine de ce pays.

Parmi ces prises de position, nous communiquons la récente pétition contre la destruction des maisons de Mouch, lancée par l’organisation turque Dur De (“Dis Stop“), et que nous invitons à signer (voir en bas de page la traduction du texte de pétition et le mode d’emploi pour la signature) :

http://imzakampanyam.com/MUS-ta-TARIHI-ERMENI-EVLERININ-KATLIAMINA-BIR-IMZA-ILE-DUR-DE-imza-kampanyasi


En mettant en œuvre tous les moyens de pression possibles pour arrêter ce processus de destruction et de déni, nous parviendrons peut-être à préserver l’existant, et à mettre un terme à l’appauvrissement culturel auquel la Turquie se livre depuis plus d’un siècle. Un avenir positif pour la Turquie ne peut se profiler sans prendre en compte l’ensemble de ses composantes, et sans rendre justice et réparation à ceux qui ont été érigés en “ennemis intérieurs“ et voués à une extermination générale. La restitution de la place des Arméniens parmi les peuples de Turquie est indissociable de la nécessité de justice pour un crime imprescriptible, et d’une relation harmonieuse entre les peuples arménien et turc.

********

Traduction en français du texte de la pétition en ligne de DurDe :

“Campagne de collecte de signatures.

Comme dans ce pays, nous n’avons pas demandé de comptes au sujet de ce qui s’est passé en 1915, les peuples anciens qui l’habitaient (Arméniens, Assyriens, Grecs, Kurdes), sont soumis à un massacre systématique. Le génocide arménien de 1915 se poursuit de nos jours sous forme de génocide culturel et économique. À Muş, la municipalité AKP brade les habitations historiques des arméniens à la société TOKI. Nous sommes tous conscients du fait que le capitalisme vise à faire toujours plus de profit ; un autre de ses objectifs est de détruire les mémoires collectives. Le kémalisme veut, dans cette région qui est un foyer historique du peuple arménien, effacer toute trace de sa présence. Aujourd’hui, le kémalisme de l’AKP poursuit cet effort. Dans la région de Muş, particulièrement le BDP (Parti pour la Paix et de la Démocratie), l’IHD (l’Union des Droits de l’Homme), le HDK (le Congrès Démocratique des Peuples), et les organisations environnementales, qui sont les défenseurs de la fraternité entre les peuples, ont une tâche ardue. Si aujourd’hui on détruit les maisons des Arméniens, un jour viendra où la République kémaliste détruira aussi les maisons kurdes. Anéantir une culture, c’est anéantir l’Humanité... Ceci est une destruction de l’Histoire. Signez la pétition pour arrêter la destruction des habitations arméniennes de Muş. Au nom de la fraternité et de l’égalité des peuples, avec votre signature, mettez un coup d’arrêt à la destruction. “


Lire aussi :

Turquie : nouvel acte de vandalisme contre le patrimoine arménien

Turquie : une église arménienne vendue à Gülen




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 Article de Taraf




   
 
   
 
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