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Le verdict sévère du procès "Ergenekon" marque un raidissement du pouvoir turc
Publié le : 06-08-2013

LE MONDE | 06.08.2013 à 12h49 • Mis à jour le 06.08.2013 à 13h00 | Par Hélène Sallon

Dans l'enceinte hautement sécurisée du tribunal de Silivri, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest d'Istanbul, s'est joué, lundi 5 août, l'épilogue de l'une des plus grandes affaires d'Etat en Turquie, symbole de la lutte engagée par le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, depuis son arrivée au pouvoir en 2002, contre l'institution militaire et les élites laïques. Des peines d'une grande sévérité ont été prononcées à l'encontre de la plupart des 275 anciens responsables militaires, politiques et intellectuels jugés depuis octobre 2008 pour leur appartenance présumée au réseau "Ergenekon" – un groupe ultranationaliste soupçonné de vouloir renverser le gouvernement islamo-conservateur du Parti de la justice et du développement (AKP), en semant le chaos dans le pays par des attentats et des opérations de propagande.

Au premier rang des accusés, le général à la retraite Ilker Basbug, ancien chef d'état-major des armées (2008 à 2010), a été condamné à la prison à perpétuité pour "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel par la force". Celui qui fut la bête noire de l'AKP à la tête de l'armée a prédit que "le peuple aura le dernier mot".

Un ancien commandant de la prestigieuse première armée, un ancien chef de la gendarmerie, le chef du Parti des travailleurs, Dogu Perinçek, et le journaliste Tuncay Ozkan ont été condamnés à la même peine. Les six juges du tribunal de Silivri ont aussi condamné trois élus de l'opposition, issus du Parti républicain du peuple (CHP), à des peines allant de 12 à 35 ans de prison. Des dizaines d'autres condamnations à la prison ont été prononcées, ainsi que 21 acquittements.

"MAUDITE SOIT LA DICTATURE DE L'AKP"

La lecture du verdict a provoqué un tollé parmi les prévenus, leurs avocats, les responsables d'opposition et les journalistes présents à l'audience. "Maudite soit la dictature de l'AKP", "Nous sommes les soldats de Mustapha Kamal", a scandé l'assistance, dénonçant une justice sous la coupe du gouvernement et un "procès politique". Des slogans repris à l'extérieur du tribunal par les quelques milliers de manifestants qui avaient bravé l'important dispositif de sécurité mis en place.

L'affaire, première d'une longue série de procès controversés visant à déjouer des complots supposés contre le gouvernement islamo-conservateur, est vue par l'opposition comme une chasse aux sorcières destinée à faire taire les critiques contre le gouvernement. "Au cours des cinq années de procédure, les accusations se sont progressivement étendues à des intellectuels et des journalistes qu'on imagine difficilement impliqués dans ce complot. C'est un procès bâclé, avec des éléments de procédure contestables, et à forte dimension politique, où le nombre d'accusés et la nature des accusations sont délirants", estime Hamit Bozarslan, historien spécialiste de la Turquie.

Pourtant, quand l'affaire éclate, en juin 2007, après une opération antiterroriste dans un bidonville d'Istanbul où ont été découverts des armes et des explosifs, "certains se réjouissaient que la justice turque s'attaque à l'Etat profond", souligne Jean Marcou, spécialiste de la Turquie. Nombreux fustigent alors cette armée putschiste qui, à quatre reprises depuis 1960, a interrompu le processus démocratique au nom de la préservation des valeurs laïques de la République. Fort des succès électoraux engrangés depuis 2002, Recep Tayyip Erdogan s'emploie à soustraire le pouvoir civil issu des urnes à l'influence des généraux.

75E ANNIVERSAIRE DE LA MORT D'ATATURK, LE 10 NOVEMBRE

Mais la mainmise croissante de l'AKP, débarrassée du contre-pouvoir militaire et peu menacée par une opposition faible et divisée, éveille finalement les craintes au-delà des cercles ultranationalistes de gauche.

C'est contre cette hégémonie grandissante du parti de M. Erdogan sur la société et les institutions, accompagnée d'une radicalisation du discours du premier ministre, que naît le mouvement de contestation du mois de juin, parti de la place Taksim, à Istanbul, et qui a réuni de larges pans de la société turque.

Dans ce contexte de forte polarisation, qui a vu les manifestants de Taksim qualifiés par les autorités de "putschistes", la sévérité du verdict fait craindre un raidissement du pouvoir. "On aurait pu s'attendre à ce que le gouvernement envoie un signal d'apaisement. Les signes d'inquiétude sont multiples, alors que la mobilisation de Taksim n'est pas totalement éteinte et que l'automne s'annonce chaud", note Hamit Bozarslan. Le 90e anniversaire de la fondation de l'Etat turc, le 29 octobre, et le 75e anniversaire de la mort d'Ataturk, le 10 novembre, devraient être propices à un regain contestataire, dont les ultranationalistes de gauche, minoritaires au sein du mouvement de contestation, entendent tirer profit.




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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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