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Négationnisme : La Turquie marque un point à Amsterdam
Publié le : 14-02-2007

mercredi 14 février 2007, Stéphane/armenews

A Amsterdam De Nieuwe Kerk ( la Nouvelle Eglise) présente depuis le 16 décembre 2006 et jusqu’au 15 avril 2007 une grande exposition consacrée à Istanbul et intitulé « Istanbul : La Ville et le Sultan ». Cette exposition a été organisée par la Fondation De Nieuwe Kerk en association avec le musée Palais Topkapı, le musée des arts Turcs et Musulmans, le musée Sadberk Hanim(Fondation Vehbi Koc), le musée Sakip Sabanci et beaucoup de bibliothèques et musées Néerlandais. L’exposition a été réalisée grâce au soutien financier des fondeurs de DNK : Fortis Bank et Buhrmann NV et de son principal sponsor : KPMG.

Comme lors de chaque grande exhibition un catalogue détaillé comprennant les photos de toutes les pièces est en vente.

Selon le magazine néerlandais ZemZem spécialisé dans les questions du du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et de l’islam le gouvernement turc est intervenu activement pour modifier le contenu du catalogue. Ainsi le ministère turc de la culture et du tourisme aurait désapprouvé les articles de plusieurs auteurs dont le spécialiste hollandais de la période Ottomane Jan Schmidt.

Étant donné que plusieurs auteurs et le gouvernement turc ne sont pas arrivé à un accord au sujet des textes, un certain nombre de contributions n’ont pas été publié. Cela a été confirmé lundi par un porte-parole de De Nieuwe Kerk.

Par exemple Jan Schmidt ne devait pas écrire au sujet de la fondation de la ville que celle-ci avait pour origine des colons grecs. Selon M.Schmidt il lui a même été demandé également d’écarter les passages au sujet de la présence de kurdes à Istanbul et au sujet de l’homosexualité sous l’empire. Un article au sujet du génocide des Arméniens a aussi été retiré parce que Jan Schmidt n’a pas souhaité accepter les modifications demandées par Ankara.

Selon le porte-parole de De Nieuwe Kerk les articles ont été supprimés, parce que « nous n’avons pas voulu arriver, par respect pour les auteurs et le gouvernement turc, à un compromis ». Le catalogue est paru selon lui « avec le respect pour les conceptions réciproques ». Même si ce dernier n’affirme pas ouvertement qu’en cas de désaccord le gournement turc se serait retiré du projet d’exposition il indique toutefois « le gouvernement turc a prêté beaucoup d’objets d’art pour l’exposition à Amsterdam. Il est normal que la Turquie a obtenu un droit de regard sur notre travail ». Il a toutefois conclut « cela arrive mais rarement lors de la composition d’un catalogue ».

Pour vous donner une idée de l’interventionnisme turc voici le texte de la présentation à la presse.

Histoire

o De Byzance par Constantinople à Istanbul

La ville à laquelle l’exposition dans le Nieuwe Kerk est consacrée n’est peut-être pas la plus ancienne du monde, mais certainement une des plus spectaculaires, avec sa riche histoire et son site magnifique sur les rives de la Corne d’Or, la Mer de Marmara et le Bosphore. Bien qu’aujourd’hui la ville compte le même nombre d’habitants que les Pays-Bas, elle a jadis commencé comme la petite ville de province Byzance, fondée en 650 avant Christ. Elle s’est transformée de ville en métropole quand, au début du 4eme siècle, l’empereur Constantin 1er en a fait la capitale de son royaume. Il lui a également donné son nom : Konstantinoupolis. On peut toujours y admirer quelques constructions monumentales de cette époque, comme l’Hagia Sophia, la plus grande cathédrale du Moyen Age, consacrée en 563 et plus tard changée en mosquée Aya Sofya.

A partir du 13e siècle, la ville et l’Empire byzantin sont tombés en décadence. Des croisades, des guerres, des pillages... la ville n’arrivait plus à surmonter ces catastrophes. Le commerce diminuait, les gens partaient et la ville s’est progressivement dégradée A cette même époque, une menace tout à fait différente apparut à l’est de l’horizon : celle des « Turcs ». Ils étaient un des peuples des steppes de l’Asie centrale qui agrandissaient peu à peu leur territoire d’influence. C’était notamment la dynastie d’Osman qui réussit à augmenter son pouvoir au détriment des Byzantins et des petits royaumes islamiques voisins. A la fin du 15e siècle, les Ottomans avaient occupé tout l’Empire byzantin, à l’exception de Constantinople. Le 28 mai 1453, le signal de l’attaque fut donné. Après quelques heures, Mehmed le Conquérant pénétra la ville. Constantinople était tombé et fut renommé Istanbul, nom dérivé du grec i poli : la ville.   Les Ottomans : un règne de 700 ans

Le berceau de la dynastie ottomane était Bursa (aujourd’hui en Turquie de l’ouest), la ville centrale du petit empire fondé par Osman 1er ( ?-1324), premier souverain de la dynastie ottomane. En un siècle et demi, cette dynastie s’est épanouie pour devenir la plus puissante de la région. Vers la fin du 14e siècle, l’Empire ottoman s’étendait déjà du Danube jusqu’au Tigre. Après la conquête de Constantinople, l’Empire ottoman se développait davantage et est devenu le plus grand de l’histoire, et cela pendant sept siècles. L’immensité de l’empire est légendaire, mais le goût de la conquête des Ottomans et le fait que chaque région acquise ait obtenu une administration islamique, procurait une mauvaise réputation à l’Empire ottoman chez les états chrétiens de l’ouest menacés. Néanmoins, l’empire se caractérisait par une grande diversité de peuples et par une attitude tolérante de l’administration ottomane vis-à-vis des Juifs et des chrétiens. Ces minorités religieuses bénéficiaient d’une protection légale et connaissaient une forme d’autonomie restreinte. Comparé au régime féodal byzantin, celui des Ottomans était plutôt indulgent, ce qui était de notoriété publique auprès de la population. On préférait vivre sous la juste gestion islamique que de se faire sucer le sang par des dominateurs chrétiens véreux. Ce manque de fidélité vis-à-vis des souverains chrétiens était crucial pour l’expansion fructueuse du jeune Empire ottoman. Au début du 16e siècle, l’empire a connu une expansion énorme quand l’Empire mamelouk fut foulé aux pieds par le sultan Selim 1er (règne de 1512-1520). Cette conquête fit en sorte que les trois villes les plus saintes de l’islam, La Mecque, Médine et Jérusalem, étaient désormais sous contrôle ottoman. Après, le fameux sultan ottoman Soliman le Magnifique pénétra jusqu’en Hongrie et assiégea même Vienne en 1529. On considère le règne de Soliman, de 1520 à 1566, comme l’apogée du pouvoir ottoman, avec un essor important de l’architecture, l’art, la musique, l’économie et la législation. Les Turcs ne renonçaient pas à la lutte pour les Balkans et l’Europe centrale : en 1683, l’armée ottomane était à nouveau devant les portes de Vienne. Comme en 1529, le siège échoua, mais cette fois-ci, la défaite a sonné le glas de l’Empire ottoman. L’inflation, la dégradation des normes, des sultans incompétents et la corruption étaient à la base d’une détérioration. Les troupes d’élite des janissaires, qui étaient à la tête de la force armée ottomane, commencèrent à détrôner les sultans importuns. Au lieu d’être la terreur des champs de bataille, ils devinrent une plaie pour le gouvernement du pays. L’impuissance de la cour avait ses répercussions sur la loyauté des innombrables administrateurs locaux de l’immense empire, ce qui causait une perte de terrain incessante. En revanche, pendant que l’état ottoman se décentralisait pour ainsi dire dans les siècles suivants, un développement inverse se produisait dans les pays européens. Des pays comme l’Autriche et la Russie repoussaient les ottomans de plus en plus. Chaque crise était suivie d’une promesse des Ottomans de procéder à des réformes. Par saccades, l’état se mit à se moderniser, souvent en se basant sur les résultats de l’esprit occidental. Les sultans ottomans y participèrent également : la cour aussi fut modernisée. En 1852, la dynastie quitta le palais Topkapi après 400 ans et emménagea le Dolmabahçe, le palais moderne et flambant neuf, sur les rives du Bosphore. Entre-temps, l’ambitieuse politique de modernisation, avec de nouveaux investissements comme des voies ferrées, des ports et des routes, coûtait une fortune au gouvernement. Cela s’est même terminé par une banqueroute de l’état en 1875. La continuité de l’empire était affaiblie non seulement par la situation financière désastreuse, mais aussi par la révolte d’un certain nombre de peuples : les Grecs, les Bulgares, les Serbes et beaucoup d’autres abandonnèrent l’état fédéral. Le gouvernement réagit par la stimulation de son propre nationalisme auprès de la population, appelé l’ottomanisme. Cependant, parmi les Turcs et d’autres groupes démographiques, comme les Arabes, les Albanais et les Kurdes, le nationalisme de leur propre groupe les inspirait davantage. Après le coup d’état en 1908 contre le sultan Abdulhamid, le pays semblait se ranimer, mais très rapidement, les idéalistes de la première heure se sont révélés des dictateurs. Quand en 1914, cette junte décida de participer à la Première Guerre Mondiale, aux côtés de l’Autriche et l’Allemagne, le sort en fut jeté. En 1918, toutes les régions arabes étaient déjà perdues ; la division ultérieure de toute l’Anatolie suivrait. La révolte contre le cours de ces événements, sous le commandement du général Mustafa Kemal Pacha, mieux connu comme Atatürk, aboutit à la fondation de la Turquie en 1923. Un an auparavant, le dernier des sultans ottomans, Mehmed VI, fut détrôné et exilé à l’étranger. Ceci marqua la fin d’une des plus longues souverainetés d’une dynastie, les Ottomans.   Istanbul : centre du pouvoir et pont entre l’orient et l’occident.

Après la conquête par les Ottomans en 1453, Istanbul devint le centre du puissant Empire ottoman. A nouveau, la ville grandissait rapidement, on reconstruit les murs de la ville ; des nouvelles maisons, des mosquées, écoles et hôpitaux apparurent. Sur la langue de terre qui sépare la Mer de Marmara de le Corne d’Or, on entama la construction du nouveau (« Topkapi ») palais, sur les restes de l’ancien acropole byzantin. Jusqu’au 19e siècle, ce palais resterait la résidence des sultans ottomans et leur cour. Par ailleurs, les sultans ont assuré la construction d’importants établissements publics indispensables à la ville : le Grand Bazar (qui existe toujours), des bains publics et des magasins. Des musulmans, Grecs, Juifs, Arméniens et gitans peuplaient la ville. De l’autre côté, dans l’ancien établissement génois Galata, il y avait les Européens. Vers 1600, les observateurs occidentaux estimaient que la ville comptait déjà plus d’un million d’habitants. Une grande partie des habitants étaient des janissaires et des employés de la cour. Leur part avait augmenté de 13.000 en 1474 jusqu’à 100.000 ( !) en 1669. Istanbul était conçu comme ville islamique. Ceci se caractérisait par la répartition de la ville en de nombreux quartiers (mahalles) construits autour d’une mosquée locale. Les trois grandes mosquées centrales, l’Aya Sofya, la Mosquée de Soliman et la Mosquée Bleue, représentaient plus que des foyers socioculturels. Elles avaient d’importantes fonctions cérémonielles et dominaient - tout comme aujourd’hui - la silhouette du vieux Istanbul. Autres endroits importants de la ville étaient les bains publics, les mausolées, les écoles et les couvents des derviches.En 1871, Istanbul comptait 284 quartiers islamiques, 24 grecs, 14 arméniens et 19 quartiers juifs.

L’exposition

Dans le Nieuwe Kerk se dresse une ville avec douze bâtiments dans lesquels un grand nombre de thèmes de la riche histoire d’Istanbul entrent en ligne de compte.

 Le bazar

Le marché le plus important de la vieille ville est le Grand Bazar. Déjà en 1456, on avait décidé de construire un bedestan, le complexe en pierre qui constitue le centre du marché. Au cours du 15e et 16e siècle, plus de mille magasins et ateliers se sont établis autour. Ces rues ont été couvertes, ce qui a donné le complexe avec ses trente portes d’entrée que l’on connaît aujourd’hui. Le bazar de livres, avec une soixantaine de librairies et de petites bibliothèques, faisait partie du Grand Bazar. Tout près, au 17e siècle, on a fondé un second bazar important, le marché égyptien, où l’on négociait (et négocie toujours) principalement des épices et des herbes. Outre ces grands bazars, on avait une multitude de petits marchés et de bedestans à Istanbul. Le trafic des esclaves y avait également lieu. Istanbul représentait un centre important de ce trafic ; ceci n’a cessé que bien loin dans le19e siècle.

Le café

« Je ne connais rien de plus agréable que de boire une tasse de moka dans un café turc. » Marius Bauer, peintre, 1896

Provenant du Yémen, le café a atteint Istanbul au milieu du 16e siècle. C’était un grand succès et les cafés ne tardaient pas à devenir les centres les plus importants de la vie publique dans la ville. Il y en avait de toutes gradations : luxueux et confortables pour les riches, nus et miteux pour les pauvres. Et on avait des cafés pour les musulmans et les non-musulmans, pour les Grecs, les Persans, ou pour certaines catégories professionnelles comme les janissaires. Comme pour le tabac, les opinions sur les cafés étaient partagées. Les ecclésiastiques conservateurs critiquaient violemment le modernisme, d’autres craignaient des attroupements et des conspirations. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, les cafés sont restés invariablement populaires.

Le bain public

Le hammam, le bain public, était un autre établissement de détente et de plaisir. C’était un héritage des Romains et Byzantins que les musulmans ont adopté de bon coeur. Bien vite après la conquête de Constantinople, les Ottomans ont bâti les premiers bains publics, quelquefois sur les ruines de leurs prédécesseurs byzantins. Les sultans également faisaient construire ces bains, souvent par leurs propres architectes. Au 16e siècle, Istanbul comptait déjà 150 bains publics. Tout comme les cafés, les bains jouaient un rôle important dans la vie sociale.

 Villas en bois

A l’extérieur des murs de la ville en expansion et de plus en plus bondée, au bord de l’eau du Bosphore et de la Corne d’Or, se dressaient des villas magnifiques avec des remises à bateaux et des pontons, les yalis. Bien qu’à l’extérieur, elles semblaient souvent insignifiantes, l’intérieur était d’une extravagance somptueuse avec des tapis précieux, des boiseries ouvragées et des divans confortables. Les habitants des villas, l’élite administrative, les employaient en tant que résidence secondaire, pour des fêtes, des mariages et des parties de chasse. Pendant le 19e siècle, sous l’influence de la mode occidentale, l’apparence des villas a aussi changé ; ici et là, des bâtiments élégants, ornés de sculptures et de fanfreluches, apparurent. Aujourd’hui, on peut toujours admirer beaucoup de ces yalis sur les rives du Bosphore.

 Le cimetière

« Istanbul est enseveli sous les tombes. On les aime. Il y en a jusque dans les cours des maisons... » Le Corbusier, 1911

Les cimetières situés à l’extérieur de la ville, dans les vallées et contre les collines, étaient une destination favorite des excursionnistes. Le sentiment de mélancolie, de décadence et de délaissement était souligné par le fait que les tombes étaient disposées en désordre, de façon chaotique, apparemment sans organisation. Par tradition, les pierres funèbres des hommes sont couronnées par un turban sculpté ; des fleurs ou un châle marquent celles des femmes.

 La mosquée

Bien que les Turcs ne soient pas musulmans d’origine, les ancêtres du premier sultan Osman avaient embrassé l’islam sunnite. Avec son expansion, l’empire s’est développé pour devenir l’état islamique le plus puissant et le plus important de l’histoire. Les trois grandes mosquées, l’Aya Sofya, la Mosquée Bleue et la Mosquée de Soliman, symboles de ce pouvoir, dominent toujours le panorama de la ville. Ces grandes mosquées faisaient partie d’un conglomérat de bâtiments, cours, jardins et promenades. Dans les annexes, il y avait des écoles religieuses, des hôpitaux, des cuisines, des laveries et quelquefois des bains séparés.

 Le tekke

Dans l’islam ottoman, non seulement on mettait l’accent sur les règles et actions formelles, mais on prêtait aussi beaucoup d’attention à l’énigmatique et le mystique. C’est pourquoi le paysage urbain était déterminé par des centaines de tekkes, des établissements où les mystiques pratiquants (soufis ou derviches) se réunissaient pour étudier et contempler, et ensuite se perdre et se noyer dans le divin. Le plus souvent, ils faisaient cela en pratiquant le zikir : la répétition perpétuelle du nom d’Allah, les fameux tournoiements et la mortification. Afin d’atteindre un état d’euphorie, on faisait usage de la musique, l’encens, l’alcool et des autres drogues. Jusqu’au début du 20e siècle, presque tous les hommes étaient membre d’une société sunnite ; les sultans ne formaient pas d’exception.

 La bibliothèque

Dans l’Empire ottoman, le turc dominait en langue parlée ainsi qu’en langue écrite pour la bureaucratie et le monde littéraire et scientifique. L’arabe était toujours la langue employée pour les textes religieux et légaux, tandis que le persan jouait un rôle important dans la poésie mystique. Cependant, le papier était coûteux et seule une minorité des gens pouvaient se le permettre. Au 17e et 18e siècle, grâce à une baisse du prix du papier, des bibliothèques apparurent à Istanbul. Les livres d’avant 1800 contiennent des textes manuscrits et des miniatures ; généralement, on les confectionnait sur l’ordre de la bibliothèque de Topkapi ou des bibliothèques privées de ministres ou négociants richissimes.

La vie dans le palais de Topkapi

Un sultan ottoman avait le pouvoir politique, était commandant en chef et, en même temps, chef religieux. Un chef d’état autocratique, certes, mais pas le despote oriental pour lequel il était pris par de nombreux chefs d’Etat occidentaux. En effet, le pouvoir des sultans était restreint par la charia, la loi sacrée de l’islam. L’islam les considérait comme les successeurs du prophète Mohammed. Après la conquête d’Istanbul en 1453, le sultan Mehmed II a construit un palais sur la langue de terre où se rejoignent le Bosphore et la Corne d’Or. A cet effet, 60 hectares de terre ont été dégagés. Le seul édifice qui restait était la vieille église byzantine de la sainte Irène, qui servirait désormais d’arsenal du palais. Le complexe du palais ne se constitue pas d’un seul édifice monumental, mais d’une série de bâtiments grands et petits, de jardins, cours et portes. Par la Porte impériale, on entre dans la cour extérieure, ou bien la première cour. Dans cette cour, on trouve des établissements comme l’infirmerie, les dépôts, les écuries et les dortoirs. Ensuite, il y a la seconde cour, accessible par la Porte centrale pour un certain nombre de personnes choisies. Cette large place est fermée par les cuisines du sérail. En face, on trouve la salle d’audience du Divan (le Conseil d’Etat). Ici, de nombreux événements cérémoniels avaient lieu : le paiement de la solde au corps d’élite des janissaires et les audiences des ambassadeurs étrangers. A ces occasions, le monarque s’asseyait sur son trône dans la salle du trône directement derrière les Portes du bonheur, donnant accès à ses pièces privées. Le sultan accueillait donc les étrangers sur la limite de son existence publique et particulière.   Les Néerlandais à la cour

Les rapports les plus anciens entre les Pays-Bas et la Turquie datent de l’époque de la guerre de quatre-vingts ans. Le commerce sur le « Levant », les pays méditerranéens de l’est, s’est déplacé d’Anvers aux ports dans le Nord. C’est pourquoi, à partir du 17e siècle, on trouvait aussi les Turcs à la bourse de commerce d’Amsterdam. Les relations commerciales se sont développées et en 1611, le premier ambassadeur, Cornelis Haga, est parti pour Istanbul. Il s’est installé dans un palais du quartier européen ; aujourd’hui, le palais d’ambassade se situe toujours au même endroit. Depuis, les Pays-Bas ont toujours eu de bons rapports avec la Turquie grâce à une longue succession d’ambassadeurs et de consuls à Istanbul, Ankara et beaucoup d’autres centres d’affaires. En 1924, un nouveau traité d’amitié fut signé entre la nouvelle capitale Ankara et La Haye. Les drogmans jouaient un rôle important aux ambassades et consulats. Ils étaient experts dans les domaines du droit et des coutumes ottomans et des personnages-clé cruciaux dans les relations diplomatiques avec la cour ottomane.

 Au coeur du palais

Très exceptionnellement, le grand vizir, chef du gouvernement, et le grand mufti, chef de la hiérarchie islamique, avaient le droit d’accéder à la seconde cour par la Porte du bonheur. La cour qui se trouvait là-derrière constituait la partie privée du palais avec la résidence privée du sultan, sa famille et leurs 400 courtisans. Cette partie de la construction était également constituée d’une multitude de chambres, pavillons, jardins et cours. Au cours des siècles, plusieurs sultans ont ajouté des pavillons et autres bâtiments. Maintes fois, on a reconstruit ce qui a été dévasté par le feu. L’élément le plus important du palais privé était la résidence des femmes, le harem.

 Le harem

Cette partie du palais n’était pas le lieu de délices comme on l’a si souvent décrite et représentée dans les sources occidentales. Les occidentaux n’y avaient accès que très exceptionnellement ; la plupart des mentions occidentales ne sont donc qu’une fiction. Cette partie du palais, strictement organisée et très ordonnée, était le domaine exclusif des femmes et leurs gardes, les eunuques noirs. A la tête du harem, on avait la sultane valide, la mère du sultan régnant. Une femme dans le harem commençait sa carrière comme servante ; ensuite, elle était promue aux grades d’apprentie, compagne et maîtresse. Parmi ces dernières, le sultan choisissait ses compagnes de lit. On désignait les favorites du sultan comme has odalik (confer L’Odalisque d’Ingres). On leur donnait leur propre ménage dans le harem. Vu que le droit islamique interdisait de réduire des musulmans ingénus en esclavage, les femmes étaient d’origine étrangère. Parmi elles, il y avait des femmes capturées provenant de la noblesse vénitienne ou génoise ou d’autres bonnes familles. La plupart des femmes quittaient le harem après un certain temps. A la mort du sultan, on libérait toutes les concubines sans enfants. Les femmes survivantes et les favorites ayant des enfants étaient emmenées à ce que l’on appelait le vieux palais, où elles étaient souvent mariées à des hommes haut placés du pays.



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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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