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Condamné, Perinçek nie encore le génocide
Publié le : 10-03-2007

Suisse. Verdict. Un petit tribunal de police vaudois accomplit une première en Suisse. En Turquie, les premières réactions contre ce jugement sont enflammées.

Lausanne / Philippe Maspoli
Publié le 10 mars 2007

Hier sur les marches du Palais de Montbenon, à Lausanne, Dogu Perinçek, leader du Parti des travailleurs turcs, réaffirme son négationnisme, quelques minutes après avoir entendu la lecture de sa condamnation. «Le juge a communiqué sa haine contre la Turquie, c'est une haine raciale impérialiste», lance-t-il. Le nationaliste, qui se réclame aussi du marxisme-léninisme, vient d'être condamné à 90 jours-amendes à 100 francs avec sursis pendant deux ans ainsi qu'à une amende de 3000 francs.

Selon le juge, Dogu Perinçek a bien enfreint la norme pénale antiraciste suisse en niant à plusieurs reprises, en 2005, le génocide commis par l'Empire ottoman contre les Arméniens en 1915 (500 000 à 1,5 million de morts). C'est un «mensonge international», affirme le politicien turc, qui préfère évoquer des «massacres commis de part et d'autre».

«Nous porterons plainte à nouveau»

Risque-t-il de nouvelles poursuites? «Pas sur sa réaction immédiate, sollicitée par la presse, à la sortie du procès», relève le procureur général du canton de Vaud, Eric Cottier, dont le réquisitoire a été totalement suivi par le juge. Mais ensuite, ce sera une autre affaire. «Si demain il nie à nouveau le génocide, nous porterons à nouveau plainte», affirme Me Philippe Nordmann, avocat de l'Association Suisse-Arménie (ASA).

Du côté des partisans turcs de Perinçek, la colère s'exprime: «Dégueulasse, mauvaise interprétation du droit par le juge.» Présent hier lors de la lecture du verdict, le consul de Turquie à Genève Cemien Karaman explique avoir suivi le procès comme observateur. «Je ne peux pas faire de commentaire vu mes fonctions. Mais je ne peux pas dire que ce jugement me réjouit», dit-il. L'Etat turc apporte-t-il un soutien matériel à Dogu Perinçek pour son combat? No comment.

Le négationniste doit verser une indemnité civile symbolique de 1000 francs à l'ASA, ainsi que 10 000 francs de dépens et 5000 francs pour les frais de la cause. Il annonce d'ores et déjà un recours. Son avocat, Me Laurent Moreillon, relevait mardi que l'affaire monterait jusqu'à la Cour européenne à Strasbourg.

Arméniens soulagés

L'Association Suisse-Arménie se déclare de son côté soulagée. «Ce jugement confirme que l'article 261 bis du Code pénal ne s'applique pas qu'à la Shoah», affirme-t-elle, en visant Christoph Blocher, qui veut réviser la norme antiraciste. Mais elle voit un gros bémol, le sursis: «A la place du juge, j'aurais hésité à l'accorder, car Dogu Perinçek a toujours dit qu'il persisterait», déclare Me Philippe Nordmann.

Le «petit juge» Pierre-Henri Winzap a fait son chemin, avec l'appui du procureur Eric Cottier, en évitant de peu l'écueil d'un impossible débat historique. «Un génocide n'a pas à être sanctionné par une Cour de justice internationale pour avoir valeur de génocide. Il faut et il suffit qu'il soit connu et reconnu comme tel», affirme-t-il, tout en marquant son indépendance face au pouvoir politique: «Si le Conseil fédéral n'a pas reconnu le génocide arménien, c'est pour un problème de relations internationales.»

Relations turco-suisses menacées

GABRIELLE DANZAS

«Avec ce jugement, la Suisse s'est jetée dans le feu, s'est enflammé Erkan Önsel, vice-président du Isçi partisi (Parti des travailleurs turcs) à Istanbul. Les juges n'ont même pas examiné les 90 kilos d'archives que nous avions apportés. En nous traitant de génocidaires, l'amitié turco-suisse a été détruite.» Assurément, le jugement va encore détériorer les relations entre
les deux pays. Mais hier après-midi, ni les autorités turques, ni les partis politiques ne s'étaient encore exprimés sur la condamnation de Perinçek. Et curieusement, son procès n'a pas donné lieu à une mobilisation massive alors que la reconnaissance du «soi-disant» génocide, selon la terminologie idéologique, mobilise habituellement les passions nationalistes.

«Perinçek ne m'aime pas et je lui rends la pareille», écrit en préambule dans son dernier éditorial Mehmet Ali Birand. Pourtant ce journaliste politique vedette, respecté pour son combat pour la démocratie, ajoute: «J'applaudis son
attitude sur la loi concernant le génocide arménien, qui l'a conduit à être traduit en justice par la Cour de Lausanne.»

Les médias ont également stigmatisé les incohérences, à leurs yeux, de l'Union européenne: d'un côté Bruxelles réclame la suppression de l'article 301 du Code pénal turc qui limite la liberté d'expression mais ne trouve rien à redire sur les poursuites judiciaires suisses contre les idées de Perinçek.




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Source/Lien : Tribune de Genève



   
 
   
 
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