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GENOCIDE ARMENIEN : Dogu Perinçek condamné pour discrimination raciale
Publié le : 10-03-2007

Le verdict, une première mondiale, fera jurisprudence. Le nationaliste turc Dogu Perinçek a été condamné hier à Lausanne pour discrimination raciale. Il nie le génocide arménien de 1915 et a qualifié la sentence de «raciste et impérialiste».
Le verdict est tombé hier en fin de matinée dans une ambiance tendue. Le juge Pierre-Henri Winzap n'a reconnu «aucune circonstance atténuante» au président du Parti des travailleurs turcs.
Le Tribunal de police de Lausanne l'a condamné à 90 jours-amendes (100 francs par jour) avec sursis pendant deux ans et à une amende de 3000 francs. Il lui a en outre demandé de verser 1000 francs «symboliques» à l'Association Suisse-Arménie (Asa), qui s'était constitué partie civile, et de s'acquitter de 10 000 francs de dépens comme de 5800 francs de frais de justice.
Le leader turc est «un provocateur arrogant» qui connaissait la loi helvétique sanctionnant les propos négationnistes. Sa venue en Suisse, en 2005, pour déclarer que le génocide arménien est «un mensonge international» est un acte intentionnel, a argumenté Pierre-Henri Winzap.
Dogu Perinçek est «un raciste». Sa démarche «s'apparente à l'évidence à des motifs racistes et nationalistes», a poursuivi le juge, en soulignant que le génocide arménien était «un fait historique avéré selon l'opinion publique suisse». Ce verdict est une première non seulement suisse mais mondiale, a indiqué l'Asa. Il fera jurisprudence et donnera un signal fort à tous ceux qui voudraient continuer de nier la réalité historique.
C'est «un grand soulagement», a déclaré le coprésident de l'Asa, Sarkis Shahinian. «Il n'y a pas de place pour la joie, parce que personne ne peut se réjouir de ce qui s'est passé en 1915», a-t-il ajouté en saluant «l'indépendance de la justice» face aux pressions politiques suisses et internationales.
Pour sa part, Dogu Perinçek a nié une nouvelle fois le génocide arménien et s'est promis de «faire changer cette décision». Son avocat a laissé entendre qu'il était prêt à aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg, s'il devait échouer devant le Tribunal cantonal vaudois, puis le Tribunal fédéral.
Sarkis Shahinian a appelé la Turquie à cesser de dépenser des «milliards» pour soutenir la négation du génocide et essayer d'influencer des «ministres suisses».
Le Conseil fédéral doit reconnaître le génocide et ne pas modifier la norme antiraciste, a de son côté demandé le coprésident du groupe parlementaire Arménie-Suisse et vice-président des Verts suisses, Ueli Leuenberger. /ats

Ankara regrette le verdict
Le Ministère turc des affaires étrangères a dit hier «regretter» le verdict prononcé par la justice helvétique contre le nationaliste turc Dogu Perinçek. Ankara espère que la procédure en appel permettra de réparer une «injustice».
Avant même le procès devant le Tribunal de police de Lausanne, Dogu Perinçek avait été traité de «négationniste» en Suisse et avait ainsi déjà été condamné, a indiqué le Ministère des affaires étrangères, selon la chaîne de télévision CNN-Türk.

Aux yeux des autorités turques, les médias suisses ont rendu compte de manière partiale de cette affaire et ont pris parti contre le nationaliste Dogu Perinçek. Selon Ankara, la partie turque a fait preuve de retenue lors du procès, afin de ne pas influencer la procédure en cours. Le verdict d'hier a occupé une place importante dans les médias de Turquie. Les chaînes d'information ont fait défiler durant leurs programmes une bande annonce faisant état de la sentence lausannoise.

Le groupe de soutien fondé par Dogu Perinçek, Talat Pascha, a annoncé pour sa part qu'il accueillerait le condamné aujourd'hui à Istanbul. Dogu Perinçek a «défendu la Turquie durant trois jours», a estimé cette association. /ats



Bruxelles étudie une loi
La condamnation de Dogu Perinçek pour négation du génocide arménien est une première mondiale, mais elle n'aura pas d'impact juridique à l'étranger, selon Marcel Niggli. Ce professeur de droit pénal rappelle que l'Union européenne (UE) entend faire condamner pénalement la négation de tous les génocides.
«Sur les dix-hui pays européens qui punissent le négationnisme, une dizaine d'entre eux appliquent cette condamnation à tous les génocides», a expliqué hier le professeur de l'Université de Fribourg, qui a cité les cas de la France, de l'Espagne, du Portugal et de la Slovénie. Les autres nations européennes ne sanctionnent que la négation de l'Holocauste. Certains pays de l'Est condamnent également la négation des crimes des régimes communistes (Pologne, République tchèque).

Mais Bruxelles n'a pas attendu le procès Perinçek pour tenter d'unifier la pratique en la matière. «L'UE est en train de préparer une disposition qui obligera ses pays membres à condamner pénalement la négation de tous les types de génocides», indique Marcel Niggli.

L'Assemblée nationale française avait adopté en octobre 2006 une loi sanctionnant pénalement la négation du génocide arménien. «Avant l'entrée en vigueur du texte, un historien avait été condamné au niveau civil à une amende d'un franc symbolique», a précisé Marcel Niggli. Et de conclure: «A ma connaissance, le cas Perinçek est une première mondiale au niveau pénal». /ats




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Source/Lien : Journal du Jura



   
 
   
 
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