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Militante des droits de l'homme en danger de mort
Publié le :

Paris Match

Le 04 février 2015 | Mise à jour le 04 février 2015
MARIE DESNOS

La militante des droits de l'homme azerbaïdjanaise Leyla Yunus, en détention provisoire depuis le mois d’août pour des raisons obscures, et dans des conditions incertaines, serait dans un état critique selon son avocat.

Elle a perdu 16 kilos depuis son arrestation, et son état de santé est inquiétant. La militante des droits de l'homme azerbaïdjanaise Leyla Yunus, en détention provisoire depuis l'été dernier après avoir été inculpée pour trahison, est dans un «état grave», a déclaré mercredi son avocat. «Les médecins disent que Leyla Yunus souffre d'un nécrose du foie» et les symptômes confirment un «processus irréversible», a confié Me Elchin Gambarov à l’AFP. En outre, l’activiste souffrirait d'hypertension artérielle, d'hépatite C, et serait diabétique, selon sa fille Dinara, qui a accordé une interview au quotidien azerbaïdjanais «Azadliq», publiée mardi. «Et la prison continue à maltraiter ma mère, a-t-elle déploré. Ils lui ont enlevé la seule chose qu'elle était capable de manger: les flocons d'avoine». Leyla Yunus et son mari, Arif, également écroué, subiraient des «tortures psychologiques et humiliations». Leur enfant a passé les sept derniers mois à parcourir l’Europe dans l’espoir d’obtenir le plus de soutiens possible et de «sauver la vie de (ses) parents». Elle a notamment passé quelques jours à Strasbourg.

Si certains lui ont fait des promesses, elle regrette qu’aucune «mesure sérieuse» n’ait été prise contre les autorités de son pays. Que «les intérêts économiques en Europe soient plus importants que la situation des droits de l'Homme en Azerbaïdjan». Tant que ce sera le cas, souligne-t-elle, «mes parents et d'autres prisonniers politiques continueront à souffrir dans les horribles prisons azerbaïdjanaises». Malgré tout, Dinara Yunus «essaye de rester positive et espère que les choses vont bientôt changer et que (ses) parents seront libérés.» Pour l’heure, elle ignore même quand aura lieu la prochaine audition de ses parents.

DES VOIX «GÊNANTES» POUR LE RÉGIME

Après des mois de ce que Human Right Watch (HRW) a qualifié de «harcèlement», Leyla Yunus, fondatrice et directrice de l'Institut pour la paix et la démocratie, et son époux, un analyste politique réputé, ont été interpellés respectivement fin juillet à Bakou et début août sous les chefs d'accusation de «trahison» et de «évasion fiscale» et «fraude». Concrètement, la justice azerbaïdjanaise les soupçonne d'espionnage au profit de l'Arménie et de tentative de «propagande visant à faire reconnaître le régime du Nagorny Karabakh», une région séparatiste azerbaïdjanaise, que se disputent l'Arménie et l'Azerbaïdjan.

L'AFP rappelle que le statut du Nagorny-Karabakh a fait l’objet d’une guerre qui a tué 30.000 personnes entre 1988 et 1994. Les Yunus plaident pour la réconciliation entre les deux pays. Or, toute contestation publique du régime du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, dans cette ancienne république soviétique, donne lieu à des représailles. Pour Rachel Denber, directrice adjointe de la division Europe et Asie centrale à HRW, ces accusations ne sont ainsi qu’un moyen d’«étouffer les voix critiques», faire taire les personnes «gênantes».

SOUTENUE PAR LE PARLEMENT EUROPÉEN

Dès le 2 août, le ministère des Affaires étrangères français s’était dit «préoccupé» par ces arrestations. «Mme Yunus, que le président de la République (François Hollande) avait rencontrée lors de son déplacement en Azerbaïdjan en mai dernier, est une personnalité respectée pour son engagement en faveur des droits de l’Homme. A ce titre, elle a été décorée de la légion d’honneur en 2013», rappelait le communiqué du Quai d’Orsay, qui concluait par : «La France appelle les autorités azerbaïdjanaises à libérer Mme Yunus dont la santé est fragile. Elle appelle également au respect des droits de la défense, y compris l’accès sans entraves à un avocat.»

En septembre, la défense de l’Azerbaïdjanaise de 59 ans avait affirmé qu'elle «avait été battue dans son centre de détention». Des accusations démenties par le ministère de la Justice. Leyla Yunus a fait partie des finalistes pour le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. Lors de la remise du prix au Dr congolais Denis Mukwege, en novembre, le président du Parlement européen a appelé, au nom de l’Institution européenne, à sa «libération immédiate». Elle est «détenue dans des conditions qui mettent sa vie en danger», avait-il fustigé. Dans une résolution votée le 18 septembre 2014, le Parlement avait déjà condamné la détention de plusieurs activistes des droits de l'Homme dans ce pays, dont celle de Leyla Yunus.


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Source/Lien : Paris Match



   
 
   
 
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