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Article du journal franco-turc Zaman - 11/03/2015 - 1
Publié le :

Le Collectif VAN relaye ici les articles du journal franco-turc Zaman (équivalent du Today's Zaman en langue anglaise, diffusé en Turquie). Attention : ces articles ne sont pas commentés de notre part. Il s'agit pour l'essentiel de traductions des versions turque et anglaise du Zaman, journal anciennement proche du parti au pouvoir (AKP) mais dont le propriétaire, le prédicateur musulman Fetullah Gülen, est désormais en guerre ouverte avec Erdogan.

Zaman France

SAMI KILIÇ

Mardi, Mars 10, 2015

Erdogan, objet d'une idolâtrie en Turquie

Tayyip Erdogan, l'homme fort de la Turquie, ne laisse pas indifférent. Adulé par ses partisans, honni par ses adversaires, le chef de l'Etat est un vieux routier de la vie politique habitué aux flatteries et aux critiques. Mais ces dernières années, c'est à un véritable concours de louanges qu'il doit faire face. Retour sur ces envolées pas très conventionnelles dans un parti et dans un pays conservateurs.

Le dauphin, le premier d'entre les égaux, le leader incontesté. Voilà la gradation qui résume la carrière politique de Tayyip Erdogan. Né en 1954, ce diplômé d'économie, footballeur à ses heures, s'est engagé très tôt en politique à la droite de l'échiquier.

Consacré dauphin du père de l'islamisme turc, Necmettin Erbakan (1926-2011), il s'en démarque en 2002 pour se lancer dans la fondation d'un parti de centre-droit avec deux autres caciques du mouvement, Abdullah Gül et Bülent Arinç. Charismatique, tribun qui sait manier la «langue du peuple», Erdogan devient rapidement LE leader qui exige conformisme idéologique et fidélité personnelle.

Atatürk, la figure tutélaire de la République

Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), le sauveur de la nation, le fondateur de la Turquie moderne, faisait déjà l'objet d'une dévotion toute particulière. «T'aimer est un culte national», avait lâché Celal Bayar (1883-1986), son ancien Premier ministre, qui avait pourtant fait carrière au sein du parti démocrate, une formation de centre-droit.

Depuis, son mausolée fait figure de véritable «Monothéon» qui draine des dizaines de milliers de fidèles à chaque fois que l'occasion se présente et ses «icônes» sont omniprésentes dans les rues et les administrations publiques.

Un autre chef du gouvernement, Adnan Menderes (1899-1961), avait été glorifié par une foule nombreuse après un accident d'avion dont il était miraculeusement sorti indemne. Même son vieil adversaire Ismet Inönü (1884-1973) était venu l'accueillir à son retour à la capitale.

L'AKP, le Parti de la justice et du développement, incarne une certaine idée de la Turquie, l'«Anatolie éternelle» pétrie de valeurs traditionalistes. En août 2014, lors de son intronisation à la tête de la formation qui gouverne le pays depuis 2002, Ahmet Davutoglu avait évoqué une «restauration culturelle et civilisationnelle». Abdulkadir Selvi, chroniqueur proche du pouvoir et intime d'Erdogan, avait parlé d'une «mission sacrée». Mais au-delà de l'idéologie du parti, c'est la personne même de son leader incontestable qui fait déplacer les foules.

Un florilège de déclarations «blasphématoires»

En 2010, Ismail Hakki Eser, président de la fédération de l'AKP dans la province Aydin, avait déclaré : «Nous sommes tellement attachés, amoureux à notre leader, notre Premier ministre Tayyip Erdogan qu'il est pour nous comme un deuxième prophète». Une sortie qui avait provoqué un pugilat généralisé à l'Assemblée nationale entre les députés de l'AKP et ceux du MHP (Parti du mouvement nationaliste).

Erdogan avait fini par demandé la démission d'Eser.

En 2011, Hüseyin Sahin, élu député de la province de Bursa un mois plus tôt, avait décrété : «Toucher à Erdogan est un culte». Critiqué, Sahin avait précisé qu'il avait simplement voulu dire que l'affection d'un musulman à un autre musulman était un culte. Une mise au point qui avait suffi au parti.

En 2014, on a atteint le summum avec une déification pure et simple par le député de Düzce, Fevai Arslan. «Erdogan est un leader qui condense tous les attributs de Dieu», a-t-il dit lors de la campagne électorale pour les municipales. Une semaine plus tard, il faisait amende honorable assurant que «ce propos ne saurait être accepté par aucun musulman»...

«Bienvenue, envoyé de Dieu»

Dernièrement, c'est Mustafa Göktas, candidat à la députation à Sanliurfa, qui a lié l'abondance de la pluie dans la région à Erdogan. «Dieu en a décidé ainsi, ni toi ni moi ne pouvons l'arrêter», a-t-il révélé.

«Voter AKP, c'est une exigence de la foi» (Kadir Misiroglu, écrivain réactionnaire partisan du retour au système impérial), «A son retour à la Mecque, le Prophète avait fait preuve d'arrogance, nous, nous n'allons pas le faire» (Efkan Ala, ancien ministre de l'Intérieur), «On ne dépose pas par terre un téléviseur dans lequel apparaît Erdogan» (Riza Cakir, maire de la ville de Cayeli dans la province de Rize) ou encore «Le printemps est arrivé à Sanliurfa, l'histoire et la géographie se lèvent pour accueillir notre Premier ministre» (Mehmet Simsek, ministre des Finances).

Toutes ces déclarations, qui auraient été autant de «bombes politiques» si elles avaient été débitées par des gens de gauche, ont suscité seulement quelques murmures sourds au sein de la population.

Dernière anecdote en date qui a fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux : la récente visite d'Erdogan a son ancien club de football Tophane Tayfun Spor. Un des supporters présents lui a lancé, «bienvenue, envoyé de Dieu», reprenant une formule strictement utilisée pour le Prophète Muhammed ! Un «crime de lèse-majesté divine» qui a été soigneusement ignoré par la presse gouvernementale.




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Source/Lien : Zaman France



   
 
   
 
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