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Il fuyait devant les Khmers rouges, quand soudain...
Publié le :

Christianisme

23.03.15

Il y a quarante ans, les Khmers rouges instauraient un régime de terreur au Cambodge et décimaient un cinquième de la population. Promis à une mort certaine, Koeun Path a survécu miraculeusement. Aujourd’hui pasteur à Mulhouse, il raconte son épopée dans un livre poignant, «Rescapé malgré lui», (BLFéditions) à paraître en avril.

Surnommé «l’Alain Delon cambodgien» par certains, Koeun mène une vie privilégiée de fonctionnaire à Phnom Penh au début des années 1970. Bien qu’une guerre civile fasse rage entre l’armée khmer et la rébellion communiste depuis plusieurs années, Koeun est loin de se douter que sa vie va basculer dans l’horreur.

Le 17 avril 1975, après un bombardement intense, la capitale tombe sous la férule des Khmers rouges. Les habitants sont contraints d’abandonner leurs maisons pour retourner dans leurs villages d’origine. «Jamais je n’aurais imaginé que je retrouverais cette ville quinze ans plus tard, détruite, misérable et que des millions de mes compatriotes allaient être massacrés». Après des jours de marche forcée, il doit se séparer de ses frères, sœurs et neveux.
Heureusement, son meilleur ami Tchéng est envoyé dans le même camp de travail que lui.

Astreints au travail des champs, les déportés sont aussi soumis à la propagande du régime: les intellectuels n’ont pas de place dans le «nouveau peuple». Le passé, la famille, Dieu, même le patronyme n’existent plus.

A manger des rats.

Bientôt, Koeun découvre que ceux que les Khmers rouges sélectionnent pour les «transferts», les nuits sombres, sont tout bonnement fusillés dans la forêt. En tant qu’ancien fonctionnaire, il est l’un des prochains sur la liste.

Lui, Tchéng et un autre compère préfèrent mourir en essayant de s’échapper plutôt que d’être abattus. Dès qu’une occasion se présente, ils prennent la fuite. Commencent alors pour eux des semaines de marche en direction de la Thaïlande. Souvent la nuit, pour éviter d’être remarqués. Toujours la peur et la faim au ventre. Ils se résoudront même à manger du rat et des mygales! Même s’il estime leurs chances de survie à une sur cent, Koeun a la rage de vivre et veut garder espoir. Et puis, la haine a gagné son cœur: «Durant toute ma fuite, j’ai nourri un sentiment de vengeance. M’imaginer en train de massacrer les bourreaux de mon peuple me permettait de ne pas baisser les bras.»

Une voix au cÂœur de la solitude

Au fil du temps, Koeun commence à mettre en doute l’enseignement bouddhiste de son enfance. La question du karma le préoccupe: qu’est-ce que son peuple a fait pour mériter un tel châtiment? «Le secours réside uniquement en l’homme»: cette phrase de Bouddha lui semble maintenant absurde. Comment pourrait-il se protéger des balles ennemies? A plusieurs reprises, Koeun échappe de justesse à la mort, comme s’il recevait une aide extérieure... Un jour, il entend une voix lui parler: «Dans trois jours, tu mangeras du maïs». Et cela se réalise. Une autre fois, la voix lui demande de ne pas oublier le Cambodge.

Comprenant qu’il réussira à atteindre la Thaïlande, Koeun est ragaillardi. A une troisième reprise, la voix le guide vers la bonne direction alors qu’il est perdu et seul, ses deux compagnons de fuite ayant été tués.

Ce n’est que plus tard, lorsqu’il reçoit les visites d’une missionnaire dans sa prison thaïlandaise, qu’il saisit que la voix qui lui a parlé était celle de Jésus. Alors, dans sa cellule, il lui confie sa vie: «J’étais un homme désespéré dans le bouddhisme, seul face au destin et au karma. Avant de rencontrer le Christ, le sens que je donnais à ma vie était de venger mon peuple. Après, mon but a été de partager à tous la bonne nouvelle qui m’a libéré, en particulier aux Cambodgiens.»

Koeun est immédiatement convaincu de devoir pardonner aux Khmers rouges: «Le pardon n’étant pas enseigné et valorisé dans le bouddhisme, c’était un non-sens! Mais en y réfléchissant, j’ai pris conscience que la haine dans mon cœur était comme des chaînes qui me gardaient prisonnier». Il demande à Dieu de l’aider dans cette démarche et reçoit la force de pardonner: «Je me suis dit, comme Jésus sur la croix, que les Khmers rouges ne savaient pas ce qu’ils faisaient.»

Réfugié en France, Koeun est devenu pasteur et a effectué une quinzaine de voyages pour témoigner de sa foi au Cambodge: plusieurs membres de sa famille se sont aussi tournés vers Jésus-Christ. Aujourd’hui, Koeun peut affirmer: «Avant la chute de Phnom Penh, j’étais un jeune égoïste et insouciant. Je suis convaincu que malgré l’horreur de mon parcours, Dieu a utilisé cette crise dans ma vie pour m’attirer à lui.»

Sandrine Roulet




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Source/Lien : Christianisme



   
 
   
 
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