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L’hommage du Mémorial de la Shoah aux Arméniens
Publié le :

NAM

En cette année 2015, 100 ans après le génocide qui a frappé le peuple arménien dans son coeur, sa chair et son âme en terre ottomane, le Mémorial de la Shoah, à Paris, a inauguré, le 2 avril, une exposition inédite intitulée « Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman : stigmatiser, détruire, exclure » (*). Elle retrace le calvaire de ceux qui ont été massacrés parce qu’ils étaient ARMÉNIENS.

En présence de plusieurs personnalités intellectuelles et politique de la communauté juive de France, dont Pierre Lellouch, et de la communauté arménienne, le président du Mémorial de la Shoah, Eric de Rothschild (photo), a inauguré l’exposition consacrée au génocide des Arméniens en prononçant un discours d’un emblématique retentissement, par ses mots : « Ils ont péri de la folie destructrice et paranoïaque d’un empire décadent se sentant impuissant face à son déclin. Proies faciles, ces personnes, obstacle ultime au grand projet de turquisation lancé par le mouvement des Jeunes Turcs au début du siècle et qui rencontra un échec cinglant au début de la Grande guerre, ces proies faciles firent figures de bouc émissaire en étant déclarés ennemis de l’intérieur. Ce peuple qualifié de bâtard, d’espion Russe désigné comme responsable de tous les maux, qui avait commis l’impardonnable en demandant à l’Occident de faire pression sur l’Empire ottoman pour qu’il applique son programme promis de réformes, devait être exterminé pour permettre une salvation turque inespérée, et disons-le, impossible.

L’entreprise exterminatrice culmine entre avril 1915 et décembre 1916 avec l’aboutissement méticuleux de l’organisation spéciale, alliant fusillades immédiates des hommes, des déportations des femmes et des enfants dans les camps de concentration causant plus d’un million deux cent mille morts en moins de deux ans. Comme toujours, la reconnaissance de genre de drame reste difficile. L’État turc refuse toujours et toujours, cent ans après de reconnaître la réalité du génocide. Il faudra partager pendant longtemps par les alliés et le reste du monde, par soucis de préservation de la paix et par volonté d’apaisement, le monde avait sombré dans la facilité ; et Churchill, avec sa pré-science et sa vision juste habituelle a écrit dans ses mémoires : « Dans le traité qui établi la paix entre la Turquie et les alliés, l’Histoire cherchera en vain le mot d’Arménie ».

Cette négation, voulue et entretenue par les autorités turques des souffrances subies par le peuple arménien, contribue, je crois, pour les Arméniens, à rendre ce traumatisme encore plus douloureux.

Je tiens à saluer et remercier chaleureusement, celles et ceux, descendants des victimes de cette tragédie, qui sont ici aujourd’hui avec nous pour cette inauguration. Nous serons à vos côtés dans cette quête de justice et de vérité. Nous avons ce devoir vis-à-vis des victimes innocentes. Et nous avons aussi ce devoir pour tenter d’empêcher et d’enrayer le retour de tels drames.

Cette exposition et les manifestations qui auront lieu au Mémorial tout au long du mois d’avril, notamment plusieurs projections de films et documentaires, retracent et décrivent pas à pas le processus d’extermination dans une perspective pédagogique et didactique, afin de permettre à chacun de comprendre comment l’impensable a pu et peut encore, malheureusement, arriver.

Depuis 2005, notre institution a ouvert ses portes aux deux autres génocides du XXème siècle. A celui des Tutsis et celui des Arméniens, dans une perspective coopérative. Parce qu’à la fois, l’idéologie, les circonstances et aussi le crime en lui-même et sa radicalité, ainsi que la négation qui l’entourent, ont véritablement les caractéristiques communes du génocide. »

Eric de Rothschild a ensuite rendu hommage à Yves Ternon, « l’âme de l’institution », le remerciant pour ses travaux réalisés « avec dévouement ». Il a également remercié Claire Mouradian qui collabore avec le Mémorial depuis de nombreuses années.

Il a par ailleurs indiqué que l’action du Mémorial « ne s’arrête pas à la Shoah », visant à l’ensemble des crimes de masse. Ainsi l’institution accompagne les processus mémoriels jusqu’en Turquie « qui ne pourra penser ses plaies qu’à travers la reconnaissance de ses fautes passées, mêmes les plus inacceptables. » dira-t-il. Ajoutant, que « c’est dans cette logique que nous avons lancé un partenariat avec l’association Anadolu Kültür qui travaille en Turquie sur cette question de la reconnaissance du génocide arménien, et sur le dépassement des clivages et des préjudices, grâce à la culture, les arts et à travers des concepts tels que la citoyenneté, l’identité et l’appartenance. ». Il s’est dit en outre horrifié par le silence qui entoure les massacres des chrétiens au Moyen-Orient, souhaitant que cette exposition voyage autour du monde pour que plus jamais ne se reproduisent de tels drames et massacres.

L’ambassadeur d’Arménie en France, Viguen Tchitetchian, à son tour, a remercié et fait part de sa « reconnaissance » au Mémorial de la Shoah d’accueillir l’exposition consacrée au génocide des Arméniens ; ne manquant pas de rendre hommage à la mémoire des victimes innocentes de l’Holocauste. Dans son évocation du génocide et ses conséquences, l’ambassadeur cite les propos prophétiques d’Anatole France lorsqu’il écrit : « L’Arménie expire, mais elle renaîtra. Le peu de sang qui lui reste est un sang précieux d’où en sortira une postérité héroïque. Un peuple qui ne veut pas mourir ne meurt pas. ». Il a exprimé aussi sa solidarité avec tous les peuples qui ont subi des atrocités, faisant part d’un combat « civilisationnel, pour la protection de la nature et de la dignité humaine et contre les discriminations ».

Jean Eckian

(*) Commissaires de lÂ’exposition :

- Claire Mouradian, directrice de recherche au CNRS
- Raymond Kévorkian, directeur émérite de recherche à l’Institut français de géopolitique, Université Paris 8
- Yves Ternon, docteur en Histoire, Université Paris 4

Exposition jusquÂ’au 27 septembre 2015

Des vistes guidées pour groupes sont possible sur réservation au 01 53 01 17 38

Projections de films

Dimanche 12 Avril à 11h : Les incendiaires de la mémoire. Négationnisme, la face cachée, de Chantal Picault, en présence de la réalisatrice et d’Yves Ternon

A 14h30 : La vengeance des Arméniens. Le procès Tehlirian, de Bernard George (co-écrit avec Laurence Chassin), en leur présence et celle de Claire Mouradian

A 16h30 : Génocide Arménien, le spectre de 1915, de Nicolas Jallot (co-écrit avec Régis Genté, en leur présence et celle de Raymond Kévorkian

Entrée libre sur réservation

Mémorial de la Shoah 17 rue Geoffroy Lasnier, 75004 Paris. Métro : Saint-Paul / Pont-Marie

mardi 7 avril 2015,
Jean Eckian ©armenews.com




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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