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Erdogan a choisi sa fiancée
Publié le :

i24news.tv

10 Avril 2015

ALON LIEL

Après 13 années au pouvoir, le président turc est à la recherche d'un partenaire de vie

Le voyage du président turc Recep Tayyip Erdogan à Téhéran cette semaine, peu de temps après qu’il a fortement critiqué le comportement de l'Iran dans la région, est une importante déclaration stratégique de la part de la Turquie.

La Turquie et l'Iran sont dans un état de "semi-guerre" depuis maintenant trois ans en raison de la question syrienne: les Iraniens soutiennent le président Bachar al-Assad tandis que la Turquie tente obstinément de le renverser. Plus récemment, leur différend s’est étendu au Yémen, où les Turcs ont exprimé leur soutien pour la coalition anti-iranienne. Malgré leur conflit sur ces deux fronts, il est impressionnant de constater que les relations politiques entre Erdogan et la haute direction de Téhéran sont normales, voire amicales.

Plusieurs commentateurs ont tenté d'expliquer la visite du président turc à Téhéran par les relations économiques importantes qui existent entre les deux pays (leurs échanges commerciaux annuels s’élèvent à 140 milliards de dollars). Mais les motivations économiques ne semblent cependant pas suffisantes, même lorsqu’on prend en compte la levée future des sanctions contre l'Iran. L’économie de la Turquie ne dépend pas du volume des échanges commerciaux avec la République islamique et les sanctions contre Téhéran n’ont jamais vraiment été respectées de toute manière.

L'argument économique est assez facile à balayer du revers de la main pour nous en Israël: le commerce bilatéral entre la Turquie et Israël dépasse 5 milliards de dollars par an (la Turquie est le septième partenaire commercial le plus important de l’État hébreu). Israël est actuellement indispensable à la Turquie pour son commerce avec la Jordanie et en partie aussi avec l'Arabie saoudite. Cependant, il ne viendrait pas à l’idée du président turc de venir en Israël en signe de gratitude ou pour tenter de doubler, voire de tripler, le montant de ses échanges avec lui. Il faudrait sans doute davantage que cela pour qu’Erdogan et six de ses principaux ministres se déplacent en Israël.

Des porte-paroles officiels à Ankara et à Téhéran ont également présenté la visite d’Erdogan comme une tentative des deux pays de faire stopper les massacres en Syrie et au Yémen. Encore là, il est peu probable que cela soit un motif suffisant. Pendant l’opération Bordure protectrice, beaucoup moins de personnes sont mortes qu’en Syrie et au Yémen et même un plus grand nombre de Gazaouis tués n’aurait pas convaincu Erdogan de se rendre à Jérusalem pour demander à Netanyahou d’arrêter le massacre. Les meurtres incessants dans le Sinaï n’ont pas non plus conduit Erdogan au Caire pour rencontrer le général al-Sissi, qu'il déteste.

Alors, qu’est-ce qui a motivé la visite d’Erdogan à Téhéran?

Après 13 ans au pouvoir, Erdogan se sent plus seul que jamais dans son spacieux palais. Le peuple turc l’a choisi encore et encore, mais ne l’aime pas vraiment. Les kémalistes laïcs le détestent depuis son arrivée au pouvoir. Il y a deux ans, même les Gülenists (partisans de l'Imam Fethullah Gulen, qui vit en exil aux Etats-Unis), qu’Erdogan a blâmé d’avoir créé un "Etat parallèle", lui ont tourné le dos. Les résidents kurdes de la Turquie (environ un cinquième de la population) n’ont quant à eux pas vraiment répondu à ses marques d’affection, malgré les gestes significatifs qu’il a fait envers eux.

Au-delà des frontières turques, l'Irak, la Syrie, le Yémen, la Libye et l'Afghanistan sont en train d’être détruits. Erdogan a toujours méprisé les généraux au pouvoir (comme en Egypte aujourd'hui). Il n'a jamais vraiment considéré la Jordanie et le Liban et il continue à se quereller avec la Grèce et Chypre au sujet du gaz en Méditerranée orientale. A tout cela il faut ajouter la haine d'Israël, qui est devenue sa marque de fabrique. D'autre part, son penchant pour son préféré, le Hamas, aujourd’hui vaincu et meurtri, souligne et renforce l'isolement de la République turque. Aussi sa sympathie particulière pour l’État islamique ajoute des points à la marginalisation régionale de la Turquie.

Dans cette triste réalité de sa 13e année au pouvoir, Erdogan est à la recherche d'un partenaire de vie. Après avoir passé tout près de faire une erreur dans le positionnement turc au Moyen-Orient, il ressent le besoin de prendre une décision qui permettra de stabiliser et de déterminer le statut de la Turquie dans la région.

Plus besoin d'une entremetteuse certifiée. L'Iran est la seule fiancée appropriée pour un leader ambitieux comme lui: ses dirigeants sont certainement de légitimes islamistes, elle n'a pas beaucoup d'autres prétendants actuellement et elle a de nombreux atouts. Les différends avec Téhéran existent encore mais il s’agit d’un arrangement distingué avec du potentiel. Erdogan a choisi de se rendre en Iran seulement après qu'un accord a été conclu entre la République islamique et l'Occident, ce qui permettra aux Turcs de ne pas pâtir de leurs relations avec la puissance chiite controversée.

Le fait qu’Ataturk se soit retourné dans sa tombe n’a rendu le sommeil du président Erdogan que plus doux et plus calme.

Alon Liel est ancien directeur-général du ministère israélien des Affaires étrangères et fut chargé d'Affaires à l'Ambassade d'Israël à Ankara




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Source/Lien : i24news.tv



   
 
   
 
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