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Article du journal franco-turc Zaman - 15/04/2015 - 1
Publié le :

Le Collectif VAN relaye ici les articles du journal franco-turc Zaman (équivalent du Today's Zaman en langue anglaise, diffusé en Turquie). Attention : ces articles ne sont pas commentés de notre part. Il s'agit pour l'essentiel de traductions des versions turque et anglaise du Zaman, journal anciennement proche du parti au pouvoir (AKP) mais dont le propriétaire, le prédicateur musulman Fetullah Gülen, est désormais en guerre ouverte avec Erdogan.


Zaman France

Ankara change son fusil d'épaule au Moyen-Orient

Mardi, Avril 14, 2015 - 14:48

Sami Kiliç
Paris

La visite du président turc Tayyip Erdogan en Iran la semaine dernière a suscité des interrogations sur l'orientation de la politique étrangère d'Ankara. Le «champion» de la cause sunnite semble s'orienter vers une ligne moins sectaire, retrouvant ainsi sa posture d'avant 2011, celle d'un pays qui ne prend pas fait et cause pour l'une des parties aux conflits mais qui se propose de jouer les intermédiaires.

Ironie de la situation, alors que la France assume de plus en plus son soutien aux puissances arabes sunnites contre les visées hégémoniques de l'Iran chiite au Moyen-Orient, la Turquie, qui passe pour la gardienne sourcilleuse de l'équilibre sunnite/chiite dans la région, envoie des signaux contradictoires. Avec un Premier ministre professeur de relations internationales, la situation ne peut que s'analyser soit en revirement stratégique soit en double-jeu.

Sunnites et chiites croisent le fer au Yémen

La crise au Yémen a mis aux prises les Etats sunnites, emmenés par l'Arabie saoudite, et Téhéran, considéré comme le plus grand soutien des miliciens houthistes d'obédience zaydite (une branche du chiisme) qui ravagent à petit feu «l'Arabie heureuse».

Connu pour ses diatribes qu'il distribue volontiers lorsqu'on le titille, le chef de l'Etat turc, Tayyip Erdogan, a immédiatement fustigé un pays qui «cherche à dominer la région».

«Nous commençons à être agacés, nous, l'Arabie saoudite et les pays du Golfe», avait-il ajouté avant de poursuivre : «L'Iran doit changer de mentalité. Il doit retirer toutes ses forces du Yémen, tout comme de la Syrie et de l'Irak». On ne pouvait être plus clair pour dénoncer en filigrane l'attitude de «grand frère» des chiites qu'a adoptée l'Iran dans ces trois pays.

«Ma religion n'est pas le sunnisme mais l'islam»

Sauf qu'une semaine plus tard, Erdogan se rendait en Iran, accueilli chaleureusement par son homologue Hasan Rohani et de retour au pays, il confiait aux journalistes qui l'accompagnaient que la Turquie était prête à jouer les intermédiaires au Yémen.

«Nous rejetons vigoureusement les analyses du genre 'la Turquie adopte une attitude sectaire'. Ce qui est décisif pour nous, ce n'est pas la secte mais l'islam», a-t-il ajouté, annonçant qu'il s'apprêtait à faire une tournée en Malaisie, en Indonésie et en Arabie saoudite.

Autant dire, Erdogan s'investit d'une mission de bons offices, une politique qu'il a délaissée depuis les «printemps arabes» et, en particulier, l'éclatement de la guerre civile en Syrie. Dans ce dernier conflit, elle avait même fait l'objet de critiques pour son soutien présumé aux djihadistes qui sévissent dans le nord de la zone. «Ma plus grande peur est le sectarisme (...). Ma religion n'est pas le sunnisme et celle des chiites ne doit pas être le chiisme. Notre religion, c'est l'islam», a renchéri Erdogan.

Ankara veut jouer les intermédiaires

Les contrats signés en Iran ont-il radouci Tayyip Erdogan qui tirait, une semaine avant sa visite en Iran, à boulets rouges contre l'hégémonie iranienne dans la région ?

Non, selon Verda Özer, chroniqueuse au journal Hürriyet. «Les propos d'Erdogan montrent que son soutien à l'opération au Yémen ne se fait pas contre l'Iran. La Turquie souligne ainsi qu'elle ne fait partie d'aucun des deux camps", analyse-t-elle.

Un voeu pieux pour Kadri Gürsel de Milliyet, qui pense que la diplomatie turque a besoin de faire un «reset». «La Turquie a besoin d'une politique étrangère laïque», avance-t-il, dénonçant les risques de la «réhabilitation d'une politique étrangère islamiste». Il n'en reste pas moins que les Turcs n'ont pas dénoncé le protocole de Lausanne comme les Saoudiens ou les Israéliens, un texte qui permet à l'Iran de sortir de l'isolement international, pourtant.

Un embryon de revirement ? Peut-être selon le professeur de relations internationales Soli Özel. Mais pour ce faire, «il faut une sérieuse auto-critique et une période de révision».

Un autre spécialiste des relations extérieures qui tient une chronique dans le journal pro-gouvernemental Star, Mensur Akgün, applaudit et encourage la réorientation diplomatique. «N'oublions pas que notre véritable force vient de notre capacité à convaincre (...). Nous arrivons à avoir de l'influence non pas en raison de nos représailles mais des valeurs que nous incarnons et de l'exemple que nous avons créé», écrit-il.

«Moins de critiques, plus de diplomatie» devrait faire l'affaire selon Akgün. «Nous sommes bien obligés de constater que notre puissance n'est pas sans limite et que nous ne pouvons pas façonner notre entourage conformément à nos attentes». La «profondeur stratégique» chère au professeur Davutoglu serait-elle redevenue le principe cardinal de la diplomatie turque ? Tous les observateurs l'appellent de leurs voeux.




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Source/Lien : Zaman France



   
 
   
 
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