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Génocide arménien : le grand silence
Publié le :

La Provence

Vendredi 24/04/2015 à 06H10

Légende photo : À la tombée de la nuit, des centaines d'Arméniens de Marseille ont marqué dans l'émotion le début des commémorations. Photo Cyril Sollier

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées, hier soir sous l'Ombrière à Marseille, pour une veillée du centenaire

1915 secondes de silence, pas une de moins. Les lèvres bâillonnées par un bout de tissu. Les visages graves se reflétant par centaines sur le miroir de l'Ombrière du Vieux-Port. 1915, comme l'année du génocide perpétré par l'Empire ottoman au détriment des Arméniens. Le premier du siècle, annonciateurs de tant d'autres tragédies. Celle-là, allait coûter la vie à 1,5 million de personnes, pour la plupart des civils désarmés, morts de privations ou liquidés en plein désert. Il est 20 h 15, en cette soirée de veillée. Une nuit pour en rappeler une autre. Celle où les lumières se sont éteintes. Celle où près de 650 intellectuels arméniens, avocats, journalistes, poètes, ceux qui auraient pu organiser la résistance, furent capturés. Le premier acte planifié du génocide. Il est 20 h 15 tapante, sous l'Ombrière. Et la foule vient de se taire, agenouillée et figée dans le temps. "C'est un double silence symbolique, glisse Azad Balalas, responsable d'une organisation arménienne, pour rappeler le silence du passé. Quand tous les pays se sont tus pendant qu'on génocidait notre peuple. Pour évoquer le présent, alors que des nations comme les USA, le Royaume-Uni ou Israël restenttoujours dans ce même silence pour ne pas froisser la sensibilité de l'allié turc."

"Le devoir de rester solidaires"

Au coeur de la foule, beaucoup de jeunes. Sero, 24 ans, étudiant en médecine. "On est là pour la mémoire et les valeurs sentimentales qui nous lient à nos ancêtres, dit-il. Pour eux, on a le devoir de rester solidaires tout en restant ouverts aux autres communautés. Ce qui n'est pas incompatible." Pas incompatible, non plus, d'afficher son soutien quand on vient d'autres horizons. Douloureux, eux aussi. "Sans la reconnaissance et les réparations, on a les rancoeurs et la haine", place Zïane, un ingénieur algérien. Qui clame, les yeux levés au ciel : "Les Arméniens sont un peuple formidable ! Pendant la guerre civile en Algérie, c'est un Arménien qui m'a logé et donné du travail alors qu'il ne me connaissait pas... Monsieur Muravian, merci !" Au premier rang, Seta, 70 ans, raconte son père, confié enfant à une famille kurde pour le sauver du massacre. "Il ne les a plus revus mais il est retourné en Arménie plus bien tard, souffle-t-elle. Et moi, j'ai passé ma vie à enseigner la langue et la culture pour transmettre son héritage".

1915, 1914, 1913... Les secondes s'égrènent lentement sous l'Ombrière. Accompagnée de son petit-fils, la femme âgée ferme ses grands yeux marron et joint ses mains pour prier. Une même prière, vieille de cent ans.

Une journée chargée en commémorations

"J'appelle tous les Marseillais, et pas seulement ceux d'origine arménienne, à marcher à nos côtés... Cette barbarie et sa non-reconnaissance concernent chacun d'entre nous." Prononcés avec ce qu'il faut de gravité, les mots sont d'Azad Balalas, le responsable local du Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France. C'est que, en ce 24 avril chargé en émotion pour la communauté arménienne de Marseille (estimée à 80 000 membres) la cité phocéenne va voir se multiplier les moments de recueillement et les actions revendicatrices. Dès 9 heures, avec deux messes de Requiem en l'église apostolique de Beaumont et au temple évangélique arménien de Beaumont (12e). Une cérémonie suivie, à 11h30, d'un rassemblement devant le Mémorial de Beaumont. Autre temps fort, certainement le plus attendu (15h30), une grande marche pour la reconnaissance du génocide au départ de la place Castellane (6e). Des commémorations qui se termineront, à 18h30, par une nouvelle messe de Requiem en la Cathédrale apostolique arménienne, avenue du Prado (8e).

Laurent D'Ancona




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Source/Lien : La Provence



   
 
   
 
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